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Après quatre cent cinq jours passés derrière les barreaux dont plusieurs mois dans une prison de haute sécurité australienne, le cardinal George Pell, plus haut représentant de la curie romaine à avoir été jugé pour des faits de pédophilie, a été libéré, mardi 7 avril. La Haute Cour d’Australie, dernière instance judiciaire du pays, l’a acquitté, dans la matinée, des cinq chefs d’accusation de viol et d’abus sexuels sur deux enfants de chœur de 13 ans dans les années 1990. L’homme de 78 ans, ancien trésorier du pape François, qui a toujours clamé son innocence, a remporté l’ultime étape de cette longue bataille judiciaire.
En mars 2019, le prélat avait été condamné à six ans d’incarcération après avoir été reconnu coupable par un tribunal de première instance de Melbourne. Le jury, malgré les doutes qui avaient marqué la procédure, avait été convaincu par le témoignage du plaignant.
Selon le récit de cet homme resté anonyme, livré plus de vingt ans après les faits, George Pell aurait abusé de lui après une messe dominicale, en décembre 1996. L’adolescent se trouvait dans une sacristie où il s’était faufilé avec l’un de ses copains pour boire du vin de messe quand celui qui était alors archevêque de Melbourne les aurait surpris. Après s’être exhibé devant son ami, il lui aurait imposé une fellation et se serait masturbé. Deux mois plus tard, dans un couloir, il l’aurait de nouveau agressé : le poussant contre un mur, il lui aurait compressé les parties génitales.
Brèche du doute
La seconde victime présumée n’a pas témoigné, elle est décédée d’une overdose en 2014 sans avoir jamais parlé malgré les questions de ses proches. C’est après son enterrement que le plaignant avait finalement décidé de contacter la police.
Lors de la procédure en appel, qui s’est tenue devant la Cour suprême de l’Etat de Victoria en août 2019, deux des trois magistrats avaient à leur tour été convaincus par le plaignant, qu’ils ont décrit comme quelqu’un qui « n’est clairement pas un menteur, pas un fantaisiste et qui a été témoin de la vérité ». Le troisième juge avait quant à lui estimé que le témoignage de la victime comportait des « incohérences » et qu’il existait une « possibilité importante » pour que M. Pell n’ait pas commis de crime.
C’est dans la brèche du doute que s’est engouffrée la défense de l’ancien numéro trois du Vatican. « La véritable question n’est pas : “Est-ce que je crois le plaignant ?”, mais est-ce qu’“ayant cru le plaignant”, il existe un doute raisonnable quant à la culpabilité [de Pell] », a notamment plaidé son avocat, Bret Walker, devant les sept juges de la Haute Cour.
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