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En Colombie, les manifestations ont repris, mardi 21 janvier, deux mois jour pour jour après avoir commencé. Les fêtes et les longues vacances de fin d’année ont obligé les manifestants à marquer une pause. De la défense de l’accord de paix à la lutte contre la politique sociale du président Ivan Duque, leurs revendications restent multiples.
« Chacun vient avec sa rage », résume Diego Mendez, étudiant, en rappelant que la Colombie est « un des pays les plus inégalitaires et les plus corrompus du continent ». Accrochée à sa ceinture, une poêle cabossée pend le long de sa jambe. Jusqu’alors inconnus en Colombie, les cacerolazos, ou concerts de casseroles, sont devenus le symbole du mouvement de protestation. Le quotidien El Espectador a choisi une casserole comme « personnage de l’année 2019 ».
« Le mouvement est parti des étudiants qui protestaient contre le coût des études en Colombie. Les syndicats se sont eux mobilisés contre le projet de réforme des retraites et du droit du travail. Et puis le mouvement a grandi pour exprimer un malaise social généralisé », raconte Johanna Suarez, une assistante sociale, qui est venue, elle aussi, avec sa casserole, « pour faire souffrir les oreilles de Duque ».
Diego Mendez poursuit : « Ce qui me fait enrager, moi, c’est de voir qu’Ivan Duque ne fait rien pour la paix de mon pays. Des dizaines de leaders et de guérilleros qui ont rendu les armes se font assassiner, sans que le gouvernement ne réagisse. » Selon l’organisation de défense de droits humains Indepaz, 23 « leaders sociaux » et trois anciens guérilleros ont été tués depuis le début de l’année. « Plus d’un par jour », soupire Diego.
Le terme « leaders sociaux » désigne les personnalités de la vie locale : élus des conseils communaux, paysans qui se battent pour récupérer leurs terres, militants écologistes, défenseurs des droits humains. Le 15 janvier, le Conseil de sécurité de l’ONU s’inquiétait de la « situation grave » que connaît le pays et demandait au gouvernement d’y faire face.
« Coup d’envoi »
A Bogota, Medellin, Cali, les manifestations étaient mardi moins nourries qu’avant les vacances. « C’est normal, explique Guillermo Paez, syndicaliste. Les universités n’ont pas encore fait leur rentrée. On a choisi la date du 21 janvier pour faire savoir au gouvernement que le mouvement entamé le 21 novembre [2019] continue, mais ce n’est jamais qu’un coup d’envoi. » A Bogota, les manifestants étaient disséminés en plusieurs cortèges. La journée a été émaillée d’affrontements entre la police et les manifestants. Huit personnes ont été blessées, dont six policiers, et plus de 80 ont été arrêtées.
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