Au Parlement européen, la lutte contre les conflits d’intérêts reste balbutiante

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Un tiers des 751 députés élus en mai ont des activités rémunérées en dehors de leur mandat. Ils obéissent à un « code de conduite » très peu dissuasif.

Par Publié le 26 septembre 2019 à 00h08

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Le Parlement Européent à Strasbourg, France, le 17 septembre.
Le Parlement Européent à Strasbourg, France, le 17 septembre. FREDERICK FLORIN / AFP

Il ne fait aucun doute que ses anciens collègues lui demanderont des explications. La Française Sylvie Goulard, nommée commissaire au marché intérieur, devra leur expliquer, lors de son audition au Parlement européen le 2 octobre, quelle était la nature de son travail pour l’institut Berggruen entre 2013 et 2015. A ce titre, le think tank la payait plus de 10 000 euros par mois, alors même qu’elle siégeait à Strasbourg.

Au-delà du cas de l’éphémère ministre des armées d’Emmanuel Macron, certains eurodéputés veulent se saisir du sujet pour évoquer ce qu’ils considèrent être une faiblesse du Parlement européen : une réglementation minimaliste, et en aucun cas dissuasive, en matière de conflits d’intérêts. Les derniers chiffres de Transparency International Europe, publiés jeudi 26 septembre, ne pourront que leur apporter des arguments.

Selon l’ONG, un tiers des 751 députés élus en mai ont des activités rémunérées en dehors de leur mandat. Autant que sous la précédente législature, malgré le renouvellement important du Parlement. Au total, pointe Transparency International, 48 eurodéputés gagnent plus de 10 000 euros bruts par mois au titre de leurs activités extraparlementaires, c’est-à-dire plus que leurs émoluments d’élu (8 757 euros par mois avant impôts).

Tous les partis politiques sont concernés. Mais c’est au sein du Brexit Party que la pratique est la plus répandue et la plus rémunératrice : sur ses 29 élus à Strasbourg, 22 ont des revenus complémentaires, en moyenne de 7 820 euros par mois. Et sur les dix eurodéputés qui gagnent le plus en dehors de l’hémicycle, cinq appartiennent à cette formation.

Interdit d’être payés par des lobbies

Dont Ben Habib, qui, à la tête du gestionnaire de fonds First 40 000 Property Group Plc, remporte la palme du classement avec 80 000 euros par mois. Mais aussi Nigel Farage, le père du Brexit Party, qui arrive en septième position et auquel ses conférences et interventions dans les médias rapportent 30 000 euros par mois. Au cinquième rang, on trouve le Belge (libéral) Guy Verhofstadt, qui, entre autres, perçoit 10 000 euros par mois comme administrateur de la société de gestion Sofina. Le premier Français de la liste est Jérôme Rivière (Rassemblement national), qui pointe à la quatorzième position.

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Ces activités parallèles permettent aux élus « de mieux pouvoir retrouver un travail en fin de mandat », a-t-on coutume d’expliquer au Parlement. Certes, mais, au-delà du fait qu’elles empiètent sur le temps qu’ils consacrent à des textes législatifs souvent complexes, elles peuvent aussi constituer des cas de conflits d’intérêts. Et c’est indéniable, la réglementation européenne n’a pas été pensée pour combattre ce type de dérives.

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