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Jacob Rees-Mogg, partisan d’un « hard Brexit », a fait mine de dormir sur la banquette du premier rang, en plein débat parlementaire pour empêcher un « no deal ».
C’est peu dire que la séquence a choqué, au beau milieu d’un débat crucial dans l’histoire du Parlement britannique sur l’avenir du Brexit. Une perspective qui n’a pas semblé troubler la quiétude de Jacob Rees-Mogg, le « leader » de la Chambre des communes – le ministre chargé des relations du gouvernement avec les députés – et partisan « ultra » du Brexit, qui a passé une partie significative des débats allongé nonchalamment sur la banquette verte du premier rang, comme le rapporte le Guardian.
Cette posture négligente a outré plusieurs députés, qui y ont vu une marque de mépris pour l’institution. « On a beaucoup parlé de démocratie ce soir et le chef de la chambre, avec son langage corporel tout au long de la soirée, a été véritablement méprisant à l’égard de cette maison et du peuple », a tancé la députée verte Caroline Lucas, tandis que les autres députés criaient à M. Rees-Mogg, conservateur et irréductible opposant à l’accord négocié avec l’UE, de se lever. Et la députée verte de préciser que ce dernier s’était « étalé sur trois sièges, comme si les débats étaient très ennuyeux à écouter ce soir ».
“His body language this evening has been so contemptuous… we will not have it”
Tory MP Jacob Rees-Mogg is critic… https://t.co/f3A6UTJ1v1
Caroline Lucas (Green) goes for Mogg. “The leader of the House, who with his body language this evening has been so… https://t.co/doZSAKWrFj
La députée travailliste Anna Turley a qualifié M. Rees-Mogg « d’incarnation physique de l’arrogance, du manque de respect et du mépris pour notre Parlement ».
Ces propos n’ont pas perturbé plus que ça l’intéressé, qui restait allongé, souriant et secouant la tête en ajustant ses lunettes. Il a toutefois daigné se lever lorsque l’annonce des résultats des débats a été livrée : un cinglant revers pour le gouvernement conservateur de Boris Johnson, désavoué par une majorité de députés, qui ont approuvé une motion leur permettant de prendre le contrôle de l’agenda parlementaire, normalement détenu par le gouvernement.
« Monsieur le président, le vote de ce soir a même fait asseoir le leader de la Chambre des Communes », a ironisé l’ancienne députée conservatrice Anna Soubry. Si la scène a suscité les foudres des parlementaires, elle n’a pas manqué d’inspirer une foule de parodies sur Twitter :
https://t.co/uRoLwalAho
I know I’m late with this. https://t.co/S3rsnddfee
Alas, poor Ophelia https://t.co/mO3jqh39sm
Reste à voir si le leader de la Chambre des communes osera réitérer sa sieste mercredi 4 septembre, alors qu’un nouveau bras de fer attend Boris Johnson, après une défaite humiliante la veille. Les députés doivent en effet se prononcer sur une loi visant à empêcher une sortie sans accord de l’Union européenne, envisagée par le gouvernement.
Si les députés votent en faveur de ce texte de loi, et donc contre le gouvernement, « BoJo » soumettra au vote de la Chambre des communes une motion pour convoquer des élections législatives anticipées. Ce texte devra toutefois recueillir deux tiers des voix pour être adopté. Boris Johnson a promis de faire sortir le Royaume-Uni de l’UE le 31 octobre, à la date prévue du Brexit, qu’un accord de retrait soit conclu ou pas avec Bruxelles.
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