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Longtemps, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié se sont affrontés. Le 29 juillet, ils ont mis en scène leur réconciliation. Cette alliance de circonstance peut-elle durer ?
Exceptionnellement, Laurent Gbagbo s’est levé de bonne heure. L’ancien président a mis une chemise blanche, simple mais chic. Cet oiseau de nuit était prêt bien avant le milieu de la journée : il y a des jours où l’heure du réveille-matin trahit l’empressement de son propriétaire.
Il s’est rendu dans un hôtel de la banlieue sud-est de Bruxelles. Cela ne vaut pas le palais présidentiel d’Abidjan, pas même une résidence officielle. Mais faute de mieux, ce coquet établissement servira de décor. Les gestes, Laurent Gbagbo les a répétés mille fois lorsqu’il était au pouvoir. Pour le texte, il improvisera, c’est la force de cet homme habile et débonnaire. Et puis il connaît si bien son partenaire : cela fait quatre décennies qu’ils se partagent la scène politique.
Il y avait beaucoup d’émotion. Ils étaient très heureux de se retrouver
Sitôt prévenu de l’arrivée imminente de son invité, Laurent Gbagbo s’avance vers la porte. Voilà la voiture qui arrive. Les deux hommes tombent dans les bras l’un de l’autre. Une accolade, une blague, des sourires. Ce 29 juillet, il est à peine plus de 11 heures en Belgique et, à quatorze mois de la prochaine élection présidentielle, le nouvel acte de la tragi-comédie à l’ivoirienne vient de débuter.
Cela faisait presque neuf ans que les deux hommes ne s’étaient pas revus, mais pour cette scène de retrouvailles les anciens présidents n’avaient convié que quelques spectateurs. Du côté du leader du Front populaire ivoirien (FPI), il y avait le fidèle Assoa Adou, son secrétaire général ; Franck Anderson Kouassi, l’adjoint de ce dernier ; le vieux camarade Laurent Akoun ; Narcisse Kuyo Téa, son assistant ; l’avocate Habiba Touré et même Stéphane Kipré, le gendre de l’ancien président.
Pendant huit ans, Gbagbo l’a voué aux gémonies. Maintenant, on vient jusqu’à lui. C’est une réhabilitation
Le patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), lui, avait emmené Narcisse N’Dri, son directeur de cabinet ; Noël Akossi-Bendjo, l’ex-maire du plateau en exil à Paris ; Djenebou Zongo, la directrice de sa communication ; et Jean-Claude N’Dri, le neveu de son épouse, chargé du protocole.
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