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Selon l’ancien archevêque de Kinshasa et voix de l’opposition, « effectivement, c’est lui qui a gagné les élections ». Selon Mgr Laurent Monsengwo Pasinya « c’est là le problème ».
Lors d’une visite au sénat belge, Mgr Laurent Monsengwo Pasinya s’est exprimé ce lundi 25 janvier devant les Grandes conférences catholiques sur le thème « Quel avenir pour le Congo ? ». L’ancien vétéran de la scène religieuse congolaise, homme d’église influent déjà sous le régime de Mobutu Sese Seko (1965-1997) qui a quitté l’archidiocèse de Kinshasa en 2018, est revenu sur les résultats du récent scrutin congolais : « effectivement, c’est lui qui a gagné les élections », a-t-il déclaré à plusieurs reprises. « Et c’est là le problème. »
Lui, c’est bien l’opposant Martin Fayulu Madidi, qui aurait gagné l’élection présidentielle du 30 décembre dernier en RDC selon la Cenco. Mais la Commission électorale nationale indépendante a proclamé vainqueur M. Tshisekedi. Un résultat confirmé ensuite par la Cour constitutionnelle. Pourtant, « les évêques ont clairement dit que, d’après leurs observateurs, c’est Fayulu qui a gagné les élections », a poursuivi Mgr Monsengwo lors de sa visite.
Fayulu continue à revendiquer sa victoire à 61% des voix
La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) avait déployé une mission d’environ 40 000 observateurs électoraux lors du dernier scrutin. Elle affirmait début janvier que « les données à sa disposition issues des procès-verbaux des bureaux de vote consacre le choix d’un candidat comme président de la République », sans révéler le nom du vainqueur. Selon Mgr Monsengwo, les données dans les mains de la Cenco auraient été comparées avec celles du parti d’opposition de l’Union pour la démocratie et le progrès social. Depuis, M. Fayulu revendique la victoire à 61% des voix en dénonçant un accord secret à son détriment entre ancien et nouveau présidents.
Ce n’est pas la première fois que Mgr Monsengwo – engagé dans les questions politiques et sociétales depuis les années de l’indépendance – conteste les résultats de l’élection. Selon lui, déjà la réélection de l’ancien président Joseph Kabila n’était pas « conforme ni à la vérité ni à la justice ». Après la répression d’une marche catholique de 2018 contestant le pouvoir, Mgr Monsengwo avait lancé : « que les médiocres dégagent ! », en prenant position contre Kabila.
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