Agalega : Arrivée de 80 travailleurs indiens à bord du MV Trochetia

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Débarquement des passagers et des marchandises repoussé en raison d’une mer démontée. Le MV Trochetia, en route vers Agalega depuis samedi, et transportant le nouveau contingent de 80 travailleurs indiens de la compagnie Afcons International, est arrivé dans l’archipel dans l’après-midi. Toutefois, les passagers devront rester à bord pour quelques heures encore à cause d’une…

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Un corps repéré dans l’épave de l’avion transportant le footballeur Sala

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Flowers and candles are left with the front page of French sports daily newspaper ‘L’Equipe’ reading “The disappearance of a warrior” next to a portrait of Emiliano Sala in front of the entrance of the FC Nantes football club training center La Joneliere in La Chapelle-sur-Erdre on January 23, 2019, two days after the plane of Argentinian forward vanished during a flight from Nantes in western France to Cardiff in Wales. – The 28-year-old Argentine striker is one of two people still missing after contact was lost with the light aircraft he was travelling in on January 21, 2019 night. Sala was on his way to the Welsh capital to train with his new teammates for the first time after completing a £15 million ($19 million) move to Cardiff City from French side Nantes on January 19. (Photo by LOIC VENANCE / AFP)

Des images vidéo ont permis de repérer le corps d’un « occupant » dans l’épave de l’avion transportant le footballeur italo-argentin Emiliano Sala et le pilote David Ibbotson, a annoncé lundi le Bureau d’enquête britannique sur les accidents aériens (AAIB).

« Tragiquement, dans les images vidéo du ROV (Remotely Operated Vehicle, véhicule télécommandé à distance, ndlr), un occupant est visible dans l’épave », a indiqué l’AAIB dans un communiqué. L’avion transportant les deux hommes avait disparu le soir du 21 janvier au-dessus de la Manche, à une vingtaine de kilomètres au nord de Guernesey.

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GM Business : Carton rouge de la FSC au CEB sur les Pensions Funds

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source photo : FSC

Le régulateur des Services financiers se montre des plus critique quant aux prêts supérieurs à Rs 1 milliard avancés sous les CEBSPF et CEBMWPF. Un rapport d’audit: « The funds have exceeded the prescribed investment c oncentration limits as set out in the Private Pensions Schemes… ». Le match entre le ministère des Finances et…

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Congomah: du cannabis découvert dans un «caro zanana»

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Plusieurs plants de cannabis ont été saisis. 

Plusieurs plants de cannabis ont été saisis. 

Était-il adepte de la culture associée ? La question se pose après que des policiers ont découvert des plantes de cannabis dans la plantation d’ananas de cet habitant de Congomah. Agé de 28 ans, l’homme a avoué être un cultivateur de cannabis. Les plants ont été saisis et l’homme a été arrêté. Il sera présenté devant la cour. 

L’opération était menée par le sergent Kookoor et l’Anti Robbery Squad Northen sous la supervision de l’ASP Juman et de l’ACP Dawoonarain.


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Eric Ng Ping Cheun : « Il est temps pour Maurice de se réveiller économiquement ! »

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Notre invité de ce dimanche est l’économiste Eric Ng Ping Cheun, directeur de la firme Pluri Conseil, qui vient de publier son huitième ouvrage, « La Cigale ». Dans son interview, réalisée hier matin, il présente le contenu de son livre et partage son analyse de la situation économique mauricienne, qu’il décrit comme étant très grave.

l Vous venez de publier votre huitième livre sur l’économie intitulé « La Cigale », s’inspirant des fables de Jean de La Fontaine. Est-ce que les lecteurs préfèrent la fable à la réalité, à la vérité économique ?

— On dit que l’économie est une discipline austère et très difficile à comprendre pour le non-initié. A Maurice, il faut intéresser les gens à lire sur des sujets économiques qui les concernent tous, pour qu’ils puissent mieux réagir, mieux se préparer à l’avenir. En m’inspirant de Jean de La Fontaine, j’espère pouvoir intéresser les gens à ces questions économiques que sont la nécessité de l’épargne et l’impact et les conséquences de la surconsommation, entre autres.

l De manière générale, le Mauricien, que vous appelez le consommateur dans le livre, s’intéresse-t-il à ces questions ou se contente-t-il de beaucoup consommer, pour ne pas dire à outrance ?

— J’ai bien peur qu’il ne s’intéresse pas à la question et se contente d’acheter — à crédit — d’où le titre du livre “La Cigale” qui, depuis La Fontaine, est synonyme de dépenses exagérées. Je crains fort que le Mauricien ne soit devenu insouciant sur cette question. A Maurice, on est en train de consommer avec insouciance, sans aucune prévoyance de ce que pourrait être demain, alors que, justement, pour affronter sereinement l’avenir il y a plein de défis économiques à relever.

l De votre point de vue, quelle est la situation économique actuelle du pays ? Pour rester dans la fable, peut-on dire que nous sommes entrés dans le temps de la « bise », qui fera la cigale arrêter de chanter ?

— Je crois que ce temps va bientôt arriver, dans deux ou trois ans. Surtout s’il y a une nouvelle crise économique mondiale, comme en 2008. La situation pourrait être pire, parce que je pense que l’économie mauricienne n’est pas aussi résiliente qu’elle l’était en 2008, en raison des réformes de 2007 dans la bureaucratie publique et l’ouverture aux étrangers, par exemple. On n’a pas fait de réforme économique majeure, structurelle et courageuse depuis 2010, alors qu’il aurait fallu continuer sur la lancée de 2007 et surtout en tenant compte de ce qui s’était passé en 2008. Il aurait fallu faire des réformes dans le secteur public et les corps paraétatiques.

l Mais le gouvernement qui est arrivé au pouvoir aux élections de 2014 bénéficiait d’une très confortable majorité parlementaire.

— C’est vrai. Nous avons eu un gouvernement avec, au départ, pratiquement une majorité de trois quarts, mais il n’a pas voulu faire les réformes économiques nécessaires, indispensables. En plus, quand le PMSD a quitté le gouvernement, on ne pouvait faire voter les réformes. Pour faire des réformes dans ce pays, il faut un gouvernement fort et surtout une politique économique qui transcende les partis et les alliances politiques: ce n’est malheureusement pas le cas. Pour revenir à la question de base, nous allons vers la bise puisque nous consommons au-dessus de nos moyens, que la majeure partie de ce que nous consommons est importée, même si nous avons encore suffisamment de devises étrangères pour le payer. Malgré tout, le déficit du compte courant — qui comprend les biens et les services — est en train de se détériorer et atteindra 7 % du PIB. Par ailleurs, avec la mise en vigueur, le 1er avril prochain, du nouvel accord fiscal entre l’Inde et Maurice, le flux d’investissements qui passe chez nous pour aller en Inde va continuer à diminuer.

Vous venez de dire que Maurice se retrouve dans la situation économique actuelle par manque de réformes. Dans votre livre vous avez établi une liste des maux qui empêchent l’économie mauricienne de fonctionner normalement : bureaucratie, corruption, trafic d’influence, clientélisme, favoritisme, népotisme. La cigale qu’est Maurice peut-elle survivre à autant de cancers ?

— Très bonne question. Ces maux sont devenus institutionnels et malheureusement nous ne pouvons survivre que par nos institutions fonctionnant selon une politique de bonne gouvernance politique et économique. Mais tous les maux que vous venez de reprendre de mon livre, font partie de l’anti-gouvernance politique et économique, parce que nous ne sommes plus dans les années 1980 où nous pouvions être compétitifs à cause du prix de la main-d’œuvre, et nous étions protégés par des accords préférentiels comme la Convention de Lomé et le Protocole sucre. Ce qu’il nous faut, c’est de la bonne gouvernance et nos institutions doivent devenir phares, indépendantes. Il faut combattre la corruption et prôner la méritocratie aux dépens du copinage et du népotisme, surtout dans les marchés publics.

l Vous avez l’impression que nous allons dans cette direction quand la une des journaux nous apprend que l’ICAC continue à mener l’enquête, commencée il y a plus d’une année, sur un cas d’auto-augmentation de salaire d’un responsable d’un corps paraétatique !

— L’ICAC a beaucoup perdu de sa crédibilité ces derniers temps. Si l’institution supposée s’attaquer à la corruption prête le flanc à des soupçons de partialité vis-à-vis du pouvoir politique, on ne pourra jamais gagner le combat contre ce cancer-là. Et cela se voit aux baromètres internationaux de lutte contre la corruption où Maurice dégringole depuis des années. Nous ne pourrons remporter la bataille d’un taux de croissance dépassant les 5 % qu’à travers nos institutions fonctionnant selon les règles de la bonne gouvernance.

l Il va falloir remettre de l’ordre et revoir les nominations à la tête dans presque toutes les institutions du pays pour atteindre cet objectif.

— L’indépendance de nos institutions a été piétinée par le gouvernement. Cette indépendance est fondamentale pour la bonne marche du pays et de l’économie. Pour le moment beaucoup de nos institutions économiques, comme la Banque de Maurice et la Financial Services Commission fonctionnent à partir des directives du Bâtiment du Trésor.

l Dimanche dernier, dans Week-End, Ram Seegobin, de Lalit, disait que le gouvernement n’a aucun projet/programme de développement de l’économie, qu’il se contente de gérer la situation au jour le jour. Vous partagez cet avis ?

— Je ne suis même pas sûr que le gouvernement gère la situation économique du pays au jour le jour ! J’ai le sentiment que nous sommes en pilotage automatique, dans la mesure où nous n’avons pas un ministre des Finances à plein temps, puisqu’il est aussi le Premier ministre.

l Les mauvaises langues économiques affirment que le véritable ministre des Finances est le Secrétaire financier !

— Même si c’est le cas, sa performance est loin d’être une réussite quand on regarde la situation des finances et de la dette publique, pour ne citer que deux exemples. Je répète que le poste de ministre des Finances est un travail à plein temps, un 24/7, pas un poste à temps partiel. Il faut suivre l’actualité internationale, rencontrer les investisseurs sur place et les potentiels, faire avancer les dossiers, s’assurer que les choses se mettent en place. Il faut renforcer notre économie et la rendre résiliente et l’on ne le fait pas de manière systématique depuis deux ans. Un ministre des Finances ne fait pas que lire le discours du budget une fois par an et prononcer quelques discours devant le secteur privé lors d’inaugurations de bâtiments ou de services. Le discours c’est pour la galerie, mais l’économie se construit au jour le jour dans le cadre d’un plan. Or, il n’y a pas un véritable plan de développement économique au gouvernement, on fait les choses au petit bonheur. Le seul développement auquel on a assisté au cours des deux dernières années est celui de l’immobilier.

l Parlons-en de ce développement de l’immobilier. C’est le nouveau pilier économique qui va permettre à Maurice de régler ses problèmes ?

— Au contraire, puisque ce n’est pas un développement durable, alors que nous avons besoin d’une production continue pour créer des emplois. Une petite île comme Maurice ne peut être tributaire d’un développement immobilier et de la construction. Il faut prévoir comment développer le pays de manière durable, en respectant l’environnement, comment apporter un développement inclusif en ce qui concerne le tourisme.

La frénésie de consommation que vous soulignez dans votre livre n’est-elle pas due au fait que le gouvernement n’a pas pris de mesures pour l’encadrer, la freiner, et ne tient-elle pas aussi au silence des économistes qui n’ont pas tiré la sonnette d’alarme ? On ne les a pas beaucoup entendus les économistes, ces temps derniers, tout comme le secteur privé, d’ailleurs.

— Je le dis dans le livre : le silence assourdissant des élites n’arrange guère les choses et favorise un climat économique malsain. Vous savez, le secteur privé est d’abord là pour vendre ses produits et on le voit mal venir dire : Ne consommez pas. Je le dis dans le livre que ces dernières années on a appliqué des politiques qui favorisent la consommation au détriment de l’épargne. Je dirais même qu’on a encouragé les gens à consommer et, pire, à s’endetter pour consommer. Tant qu’on a les moyens de consommer, cela ne pose pas de problème, mais quand on s’endette pour le faire, ça devient dangereux. Dans la réalité, les taux d’intérêt ont beaucoup baissé — le taux directeur est passé de 9,27 % en 2009 à 3,65 % aujourd’hui. C’est une incitation à ne pas épargner. D’une part, nous avons eu une politique monétaire qui encourage la consommation et, d’autre part, le gouvernement ne donne pas le bon exemple en dépensant et en s’endettant, ce qui fait que la dette publique est arrivée à 63 % du PIB, et les Mauriciens sont encouragés à consommer avec insouciance.

l   La consommation et l’endettement sont les principaux maux de notre économie, de cette « bise » que vous dites voir venir ?

— Je pense que oui, surtout dans un contexte où il n’y a pas d’investissement privé. Nous sommes en train de créer une bulle financière et le jour où l’on sera obligé d’augmenter les taux d’intérêt en raison de l’inflation, elle va éclater. L’endettement va devenir insoutenable, parce que les gens ne pourront plus rembourser leurs emprunts, ce qui fait que les banques auront beaucoup de créances douteuses. Nous n’en sommes pas là, pas encore, mais il faut être prévoyants après l’entrée en vigueur du nouveau traité fiscal avec l’Inde et la réduction des capitaux. La question à poser est la suivante : dans ce contexte, le déficit commercial sera-t-il soutenable ?

l Quelle est votre réponse à cette question ?

— Je crains fort que, d’ici deux ans, il y ait beaucoup de pressions sur la roupie. Les conséquences du Brexit et de l’économie mondiale commencent à se faire sentir. Je peur que nous n’arrivions pas à soutenir le déficit commercial et que la Banque de Maurice ne doive puiser dans ses réserves pour injecter des devises étrangères sur le marché, pour protéger la roupie. Tous ces facteurs peuvent produire un mélange détonant pour l’économie mauricienne, c’est pourquoi je dis : il est tempe de se réveiller économiquement !

l Vous dites également qu’une des raisons de la situation économique actuelle réside dans le fait qu’en cette année préélectorale le gouvernement a choisi d’échapper à l’économie en faisant preuve d’irresponsabilité fiscale. Expliquez-vous!

— Il a annoncé son intention de mettre la pension de vieillesse au même niveau que le salaire minimum, un certain degré de gratuité dans l’éducation tertiaire publique, la publication du prochain rapport du PRB, sans compter les autres nombreuses dépenses publiques. Pour moi, c’est de l’irresponsabilité fiscale, parce qu’on ne sait pas où tout ça va mener. C’est une politique de la terre brûlée.

l Vous êtes en train de décrire une situation économique apocalyptique, mais on dirait que ces prévisions, qu’ils doivent nécessairement connaître, ne semblent inquiéter ni le gouvernement ni le secteur privé. Ils sont tous aveugles et vous êtes le seul clairvoyant du pays ?

— Je suis une des rares personnes qui disent haut ce que beaucoup pensent tout bas. Je crois que tout le monde est en train de jouer avec le système. Comme disent les Anglais : « They are milking the system ». Le tout c’est de profiter du système, de se maintenir au pouvoir et après, quand ça va exploser, ce sera: « Après moi le déluge ! »

l Un changement politique aux prochaines élections pourrait-il changer la donne économique ?

— Je l’espère. C’est tout ce qu’on peut faire : espérer que ça change. Ce sont nos enfants et petits-enfants qui paieront la surconsommation et les emprunts faits.

l Qu’est-ce qu’on doit faire pour échapper à la « bise » qui vient ?

— L’exemple doit venir d’en haut. Nos dirigeants politiques doivent commencer à avoir de la rigueur en matière de dépense des fonds publics, ne pas dépenser plus que le taux d’inflation comme ils le disent chaque année dans le budget, sans le faire. Il faut arrêter avec la politique de crédit facile et faire des réformes économiques drastiques. Il y a des choix budgétaires à faire pour pérenniser l’avenir en ne se fondant pas sur des promesses électorales pour satisfaire tel ou tel électorat, mais sur la réalité des chiffres.

Imaginons un instant que vous êtes le ministre des Finances. Quelles sont les mesures phares que vous prendriez dans le prochain budget national pour redresser l’économie ?

— Il faudrait mettre le paquet sur l’investissement privé en rétablissant la confiance qui fait actuellement défaut, en raison des signaux contradictoires envoyés par le gouvernement. Il faut repenser l’économie au-delà de l’immobilier, voir comment apporter un développement inclusif en intégrant et en diversifiant les services, faire en sorte que les bienfaits du tourisme profitent plus aux petites entreprises que les grands groupes. Le problème des PME, c’est l’accès au marché local et elles ne pourront se développer que dans le cadre d’une déconcentration de l’économie.

l  Que voulez-vous dire par déconcentration de l’économie ?

— Je refuse d’utiliser le terme démocratisation de l’économie qui a une mauvaise connotation, comme vous le savez. Comment peut-on développer les PME quand les grands groupes locaux ont leurs propres PME — dans tous les domaines possibles et imaginables : de la formation à la communication en passant par l’impression et même la restauration — et sont des entreprises dans l’entreprise auxquelles tous les contrats sont attribués ! En plus, en utilisant tous les encouragements et les facilités accordés aux PME ! C’est un cercle infernal dont il faut absolument sortir.

l Vous voyez un gouvernement accepter de remettre en question la politique économique en place, en collaboration avec le secteur privé depuis des années ?

— Parfois, je me dis que la solution ne peut venir que d’une crise mondiale qui obligerait Maurice à se ressaisir et à réveiller les Mauriciens !

l Malgré tout ce que vous venez de dire, vous êtes optimiste pour l’avenir économique du pays ?

— Comme le disait l’économiste français Alain Minc : « Je suis un pessimiste actif ». Oui, la situation est grave, mais si nous nous ressaisissons, si nous prenons les bonnes décisions, si nous raisonnons, nous pouvons quand même rebondir. Je crois dans le Mauricien, dans sa capacité de rebondir, de tirer parti des opportunités comme il le fait quand il est à l’étranger. Je crois que Maurice a beaucoup de potentiels qui ne sont pas exploités.

l Vous terminez votre livre par un post-scriptum consacré au chien de garde : la presse. Vous considérez qu’elle n’aboie pas, qu’elle ne mord pas assez au niveau économique…

— Je trouve que parfois la presse s’intéresse plus aux faits divers, aux faits politiques plutôt qu’aux grands enjeux économiques. Il y a un effort de pédagogie que la presse doit faire pour amener les gens à s’intéresser à l’économie, à s’intéresser à ce sujet qui nous concerne tous. J’en profite pour déplorer le fait qu’on lise de moins en moins chez nous. A Maurice, on semble croire que les livres — ceux traitant d’économie – sont destinés uniquement aux étudiants, alors qu’il faut se former en permanence, s’ouvrir aux nouvelles idées économiques.

l Excusez-moi : Maurice doit être un des pays où les conférences sur l’économie données par des gurus — parfois autoproclamés — de l’étranger qui viennent partager leur dernière trouvaille ou technique sont fréquentes.

— Il y a tellement de séminaires ici qu’on pourrait nous surnommer Maurice, l’île de Séminaristes ! A Maurice on aime faire venir des étrangers, chèrement payés, pour qu’ils viennent nous dire ce que nous savons déjà ! Non seulement ils ne connaissant pas le contexte et les spécificités locales, mais il y a des Mauriciens qui sont capables de faire la même chose…

l Je suppose que vous parlez de vous-même ?

— Moi, parmi d’autres. Non seulement on pense que nul n’est prophète dans son pays, mais on a développé un complexe envers les étrangers. Beaucoup de ceux qui viennent arrivent avec la même powerpoint présentation !

l Dernière question : est-ce que les décideurs économiques, à qui votre livre est destiné, vont vous écouter, ou est-ce que, comme dans la fable Le Loup et l’Agneau, la raison du plus fort sera toujours la meilleure et va l’emporter sur vos mises en garde ?

— En tout cas, moi j’aurais fait ma part et publié le résultat de mes recherches et analyses. Il fallait que quelqu’un dise ce que les gens ne veulent pas entendre, je l’ai fait. Si on veut changer le donne économique — et il faut absolument la changer —, il faut aller de l’avant au lieu de continuer à s’asseoir dans son salon et à réagir seulement en postant un petit commentaire sur Facebook ! Pour résumer, j’estime avoir fait ce que je devais faire en tant que citoyen mauricien responsable.

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En rire ou en pleurer

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Vraiment, on ne sait plus s’il faut en rire ou en pleurer. Surtout depuis que le feuilleton sur les recrutements effectués sous l’ancien ministre dit de la Bonne Gouvernance a démarré. L’opération de déshabillage entre complices d’hier et adversaires d’aujourd’hui ne fait que commencer et les épisodes à venir s’annoncent épiques, voire sanglants. 

Alors que ce dont il faut réellement s’inquiéter, ce n’est pas seulement du profil des protagonistes impliqués, mais du système pourri, parce que c’en est un, savamment mis en place, aux antipodes de ce qu’est la notion la plus élémentaire de la bonne gouvernance,  pour caser copains, affairistes et coquins coûteux pour les contribuables. 

Dans l’affaire des recrutements, comme ils étaient tous logés à la même enseigne, il n’y a rien d’étonnant qu’ils se rejettent la responsabilité des entorses relevées. Et qu’ils s’accusent mutuellement. Qui, dans le gouvernement issu des élections de décembre 2014, n’a pas procédé à l’embauche d’un membre de sa famille, d’un agent de sa circonscription ou qui n’a pas facilité l’obtention de contrats et de permis pour leurs proches et activistes ? 

Lekip Lepep n’a, certes, rien inventé, puisque sous le gouvernement qui l’avait précédé, on avait assisté à un festival de la terre, à la cession d’îlots aux copains, à des bourses détournées, à la délivrance de permis et de contrats aux proches parents des ministres. Mais il apparaît assez nettement aujourd’hui que Lekip Lepep a, depuis le dernier scrutin, affiné le système, toujours plus gourmand et plus scandaleux. 

Roshi Bhadain n’a donc pas fait mieux ou moins que Pravind Jugnauth et Akilesh Deerpalsing n’est pas plus vertueux que le fils d’Ashit Gungah, nominé politique, comme lui, recruté aux Services financiers. Tous logés à la même enseigne. Que l’ICAC, elle-même dirigée par un nominé politique, ait mis du temps à découvrir que les recrutements connaissaient un rythme accéléré est certes surprenant, puisque c’est depuis 2017, après le changement de direction de la FSPA, que certains recrutements avaient été dénoncés et une enquête réclamée. Toutefois, l’ICAC étant d’une efficacité à toute épreuve, elle a eu besoin de deux ans pour procéder aux premiers interrogatoires ! Cela n’empêche pas le phénomène du placement des proches de se poursuivre toujours à une belle cadence, comme si, à l’approche des élections, il fallait faire quelque chose pour ceux qui ont trop longtemps attendu leur “boutte”.

Le ton de la culture du “boutte” avait d’ailleurs été donné très tôt après les élections. En janvier 2015, Pravind Jugnauth, alors ministre des TIC’s, assurait, de manière très solennelle, que ceux qui n’avaient pas été “casés” devraient faire preuve d’un peu de patience et que ceux qui sont restés fidèles au MSM ne seraient pas “oubliés”. C’était lors d’une réunion au Sun Trust. 

Tous avaient alors applaudi, à commencer par les ministres MSM, Roshi Bhadain en tête, et les autres partis de Lalians Lepep, eux aussi pressés de nommer leurs protégés à des sinécures juteuses. Le ministre des Services financiers et de la Bonne Gouvernance, qui était alors le blue-eyed boy de la galaxie Jugnauth, avait eu carte blanche pour former son bataillon de fidèles, totalement acquis à sa cause et à ses méthodes. 

Son chef agent de campagne à Sodnac, Akilesh Deerpalsingh, fut une des premières recrues dont le salaire et les voyages furent longtemps cachés aux parlementaires qui ont dû attendre que le ministre de tutelle ne fut pas au pays pour obtenir des réponses. La bonne gouvernance, tu parles ! Puis, une succession de nominations les unes plus scandaleuses que les autres. 

Pendant que le Sun Trust pistonnait le fils du ministre Gungah, la nièce de Vishnu Lutchmeenaraidoo, l’ancien bras droit du gouverneur Manou Bheenick et la fille du cousin de Lady Jugnauth, Nayen Kumar Ballah, à la “Bonne gouvernance”, la machine à recruter fonctionnait à plein régime. Et il n’y avait pas n’importe qui sur la liste. Sameerah Shaikmamode, qui était aux Bhadain Chambers, fut nommée PRO du ministère ; Benito Elisa, celui qui s’occupait des comptes du MSM à la Bramer Bank, vidés quelques jours avant la résiliation de sa licence bancaire et qui provoqua le départ d’Antoine Domingue de la SICOM après qu’il eut demandé des renseignements sur les honoraires de l’avocat, Guillaume Ollivry, lui aussi des Chambers et voisin, et Fabiano Balisson, un habitant d’Albion qui avait milité contre City Power.   

Il y a aussi eu Cora Ng, une ancienne de Marcom (BAI) nommée pour faire démarrer sur les chapeaux de roue la Financial Services Promotion Agency, que pilotait Harvesh Seegoolam. Elle fut détachée pour mieux caser les siens. Comme Joy Neeraye, connu pour être un travailliste pur jus, mais qui avait été jugé tellement “performant” à la MBC qu’il fut nommé Senior Communication Officer à la FSPA. Et c’est aussi sans compter tous les autres postes moins visibles qui ont été créés et attribués aux agents de la circonscription. 

Ce n’est pas donc pas ici que nous allons faire un tri entre les plus innocents et les moins coupables en matière de recrutement. Tous coupables d’avoir fait fi des règles équitables et transparentes en terme de recrutement. Nous avons depuis longtemps décidé de prendre avec beaucoup de pincettes les gesticulations récurrentes de girouettes et les spécialistes de l’enfumage.

Qui, aujourd’hui, refusent de dire s’ils ont rencontré Navin Ramgoolam, peut-être pour discuter du Integrating Reporting and Good Governance Bill ou du meeting du 13 décembre 2017 où, dans les derniers jours de la campagne électorale, c’est en projection powerpoint et documents à l’appui que le candidat Bhadain avait dénoncé les”commissions”, le campement de Roches-Noires acheté avec “les contributions de la BAI” ? Et dire qu’on a parlé de ceux-là comme la nouvelle génération de politiciens. Ils sont, en fait, pires que les “dinosaures” qu’ils dénoncent. 

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L’esclavage existe encore ! – Le Mauricien

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Comme de coutume, des cérémonies ont été organisées pour commémorer l’abolition de l’esclavage à l’île Maurice, le 1er février. Quand ils sont en alliance, tous les politiciens se retrouvent au Morne, où la cérémonie protocolaire est organisée. Comme d’habitude, un dignitaire étranger est invité, de préférence un dirigeant d’un pays d’Afrique, continent victime de la traite négrière. Comme d’habitude, les partis dans l’opposition ne sont pas allés au Morne et ont organisé leur propre cérémonie autour du monument érigé à Pointe-Canon, à Mahébourg. Le MMM y est allé le matin, le PTr dans l’après-midi et le PMSD entre les deux. Les représentants de ces partis ont tout fait pour ne pas se retrouver ensemble à Mahébourg. Non seulement ils ne se supportent pas, officiellement, mais il ne serait pas bon qu’on les retrouve ensemble sur une photo en ce début d’année préélectorale où aucun parti ne veut officiellement aborder la question d’une alliance électorale, mais dont tous parlent en privé. Chacun y est allé, dans son discours officiel, de sa tentative de récupérer la célébration à des fins politiques. De ce point de vue, le leader du PTr est hors concours avec sa mise en garde contre « l’esclavage mental », tout en pointant du doigt les électeurs qui acceptent des bribes électoraux. Après ce qui s’est passé pendant les derniers mois de 2014, avec un PTr essayant d’acheter tous les votes qu’il pouvait, il faut admettre que, soit Navin Ramgoolam a un sacré toupet, soit il a oublié certains épisodes de son récent passé ! Au Morne comme à Mahebourg, les discours ont suivi les dépôts de gerbes et, tout en faisant attention au contenu de leurs discours, les leaders ont abordé le même sujet : la construction du futur musée de l’esclavage dont les travaux ne démarrent toujours pas. Les leaders des partis de l’opposition ont condamné le gouvernement pour ce retard, tandis que le Premier ministre a promis que le projet serait bientôt réalisé. Renchérissant sur ce propos, un des comiques qui répètent les déclarations du Premier ministre, lors de la conférence hebdomadaire du samedi, a affirmé que le « musée de l’esclavage sera construit par le MSM ». Encore un qui confond l’Etat et le parti du gouvernement actuellement en place.

Tous ceux qui ont pris la parole lors de la commémoration ont condamné l’esclavage, ce système inique mis au point par des hommes pour transformer d’autres hommes en machines à travailler au profit de leurs propriétaires, les esclavagistes. A écouter ces discours, on aurait pu penser que l’esclavage est un système du passé révolu. Malheureusement, des formes d’esclavage existent encore en ce début du 21e siècle et, qui plus est, dans cette île qui célébrait en grande pompe, vendredi dernier, le 184e anniversaire de son abolition. Pas plus tard que la semaine dernière, la presse se faisait l’écho du fait que 36 travailleurs bangladais s’étaient rendus au ministère du Travail pour se plaindre des conditions dans lesquelles ils vivent à Maurice depuis neuf mois. Conditions qu’ils dénoncent depuis des mois à la police et qui n’ont jamais été prises en considération. Ces travailleurs disent être « traités comme des chiens »,subissent « un traitement inhumain », qu’ils vivent sans eau courante depuis six mois et doivent aller s’approvisionner à la rivière du coin. Ces ouvriers disent habiter dans un « poulailler », c’est-à-dire une seule pièce sans toilettes et doivent aller faire leurs besoins dans les buissons des environs. Non seulement ces travailleurs étrangers sont maltraités, mais ils ne sont pas payés régulièrement selon les termes de leur contrat. Et quand ils vont réclamer leur salaire, qu’ils doivent envoyer au Bangladesh pour permettre à leurs familles de vivre, ils se font battre par les amis du village du patron. Un patron qui semble avoir le bras long, et les connexions nécessaires, puisqu’en dépit des plaintes, il continue à vaquer à ses occupations sans être inquiété par le ministère. Et ce, alors qu’un travailleur qui réclamait son salaire et son bonus a été tout simplement déporté du jour au lendemain. Ce que vous venez de lire ne s’est passé au siècle d’avant, mais la semaine dernière, à quelques jours avant la commémoration de l’abolition de l’esclavage, système dénoncé, mais qui, semble-t-il, continue à exister pour certains à l’île Maurice.

Jean-Claude Antoine

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Mahen Jhugroo en mission à Rodrigues

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Le ministre sera de retour au pays jeudi 7 février.

Le ministre sera de retour au pays jeudi 7 février.

Il y est à partir d’aujourd’hui, lundi 4 février et ce jusqu’au 7 février. Le ministre des Terres et du logement est actuellement en déplacement à Rodrigues. Mahen Jhugroo est accompagné d’une délégation comprenant le responsable de l’Hydrographic Unit, le Commandant Rahul Bhatt et du Chief Executive Officer (CEO) de la National Housing Development Company LTD (NHDC), Gilles l’Entêté.

Le ministre sera l’invité d’honneur lors d’une cérémonie prévue au port. Lors de celle-ci, le capitaine Peush du Indian Naval ship (INS) Sarvekshak remettra une copie du «Navigational Chart» réalisé pour Rodrigues au ministre Mahen Jhugroo et au Chef Commissaire de Rodrigues, Serge Clair.

Lors de son passage dans l’île, Mahen Jhugroo s’entretiendra avec Serge Clair pour évoquer plusieurs sujets. Les discussions  concerneront principalement une éventuelle assistance technique pour les besoins du Cadastre (land administration) de Rodrigues et une collaboration entre la NHDC et Rodrigues pour la construction de maisons, entre autres.


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Air Mauritius – renouvellement de la flotte : Livraison prévue du premier A330neo le 24 février

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Sauf nouveau retard, ce nouvel avion, livré à Toulouse, assurera le même jour son premier vol commercial Londres-Maurice. Annoncée à plusieurs reprises, la livraison du tout nouvel avion A330neo est maintenant prévue chez Air Mauritius le 24 février prochain à Toulouse. Sauf nouveau retard, l’avion s’envolerait alors pour Londres, précisément à Heathrow, d’où il assurera…

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[VIDÉO] Supreme Court of Mauritius : un quartier général intelligent et ultramoderne d’ici un an

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La construction du nouveau bâtiment de la Cour Suprême bien en avance sur le calendrier. Le gros œuvre déjà complété et les tâches de finition enclenchées. D’ici un an, c’est un quartier général intelligent et ultramoderne qui prendra place à la rue Edith Cavell à Port-Louis pour abriter toutes les opérations de la Supreme Court of Mauritius. C’est un projet d’un milliard de roupies qui se concrétise selon le plan gouvernemental de modernisation des institutions du pays. Abdel Baulacky était sur les lieux cette semaine et il nous fait le point sur le ‘New Supreme Court Building’ dans le reportage qui suit.

Reportage : Abdel Baulacky

 

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