Le 17 mars 2011, quand le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit pour prévoir la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne en Libye, la Russie laisse faire en ne mettant pas son veto. Pour voir. Et elle a vu : la coalition de forces occidentales et arabes guide la rébellion jusqu’à la mort du dictateur, en octobre 2011, à Syrte. Le pays sombre dans le chaos.
« La Libye, peut-être plus encore que d’autres crises, incarne l’échec occidental aux yeux de Moscou », résume Jalal Harchaoui, enseignant en géopolitique à l’université de Versailles. La doctrine pour le monde arabe est fixée : pour assurer sa stabilité, il faut s’appuyer sur des hommes forts capables de « tenir » les populations.
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Nicolas Agathe, 40 ans, ne donne plus signe de vie depuis lundi dernier.
Son épouse se fait un sang d’encre. Nicolas Agathe, un soudeur de 40 ans, ne donne plus signe de vie depuis le lundi 28 janvier. Une plainte a été déposée à cet effet au poste de police de Bambous, mercredi dernier. Cet habitant de Bambous serait le propriétaire de la JCB utilisée par Hansley Neptune lors d’une course-poursuite pour semer les officiers de l’ICAC à cité Mangalkhan, Floréal, le 19 novembre 2018.
L’engin, enregistré au nom d’un habitant de Rose-Hill et qui avait été laissé à l’abandon près des gorges de la Rivière-Noire, avait été retrouvé le lundi 28 janvier par des policiers de la Western Division. Questionné par les enquêteurs, l’habitant de Rose-Hill a expliqué qu’il avait vendu la pelleteuse à Nicolas Agathe. Ce dernier intéresse l’ICAC, étant soupçonné de blanchir de l’argent pour un important réseau opérant à Résidence Kennedy.
«Mo misié péna okenn JCB. Li pa fer blansiman larzan. Li péna okenn mové frékantasion ou ennmi. Ou kav al démann dimounn dan landrwa, zot tou konn li», soutient, de son côté, l’épouse de Nicolas Agathe, âgée de 45 ans. Elle raconte qu’aux alentours de 16 heures lundi dernier, son mari avait quitté la maison après l’avoir informé qu’il se rendait à Beaux- Songes pour s’acheter des pièces pour sa fourgonnette. Mais depuis, les proches de ce père de deux enfants de 8 et 14 ans sont sans nouvelles. Ils ont essayé de le contacter sur son portable, mais celui-ci est éteint.
«Arrivé 20 heures, il n’était toujours pas rentré. Je me suis dit que peut-être il rentrera plus tard. Mais le lendemain, il n’était toujours pas rentré. Je ne sais pas qu’est-ce qui a bien pu lui arriver. Est-il toujours en vie ?», lâche la quadragénaire, désespérée. À l’heure où nous mettions sous presse, hier, Nicolas Agathe était toujours porté manquant.
Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques (CRIET) a requis la reconnaissance de culpabilité pour la plupart des personnes impliquées, et requis des peines allant jusqu’à 12 ans de prison. Le jugement dans le procès sur ce scandale politico-financier est attendu jeudi.
Après 28 jours d’audience, le procès de « l’affaire Madoff béninoise » touche à son terme. Lundi, le procureur Gilbert Togbonon a livré un réquisitoire sévère à l’encontre des principaux dirigeants de ICC-Services (Investment Consultancy and Computering Services), une structure de placement illégal de capitaux opérant à la manière des systèmes Ponzi qui a réussi à appâter et ruiner des milliers de Béninois. Au centre du dossier, 150 000 victimes, au bas mot, et plus de 150 milliards de francs CFA spoliés (près de 230 millions d’euros).
De 5 à 12 ans de prison requis pour les dirigeants
Le procureur Gilbert Togbonon a requis 12 ans de prison et 150 millions de francs CFA d’amende à l’encontre de Guy Akplogan , PDG de ICC-Services, qu’il accuse d’avoir chapeauté un « système de fonctionnement de la structure » de 2006 à 2010.
Dix ans de prison et 125 millions de francs CFA d’amende ont été requis à l’encontre d’Emile Tégbénou et de Pamphile Dohou, notamment poursuivis pour « association de malfaiteurs », « exercice illégal d’activité bancaire » et « escroquerie avec appel au public ».
Des réquisitions jugées « plutôt clémentes », sur les bancs des parties civiles, au regard des peines prévues par la loi
Contre l’ancien coordonnateur de la Cellule de surveillance des structures financières décentralisées au ministère des finances, Kokou Grégoire Ahizimè, le procureur a réclamé une peine de 5 ans de prison, dont 30 mois ferme, plus une amende de 5 millions de francs CFA.
Le procureur a par ailleurs requis la relaxe pure et simple pour « insuffisance de preuve » pour le pasteur Justin Dimon, ancien conseiller spirituel de l’ex-président Boni Yayi.
Des réquisitions pour la plupart jugées « plutôt clémentes », sur les bancs des parties civiles, au regard des peines prévues par la loi de 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes. Selon ce texte, l’escroquerie avec appel au public est en effet punie d’une peine maximale de 20 ans de prison.
Surtout, c’est le montant des amendes requises qui a surpris, au regard du nombre de victimes – entre 150 000 et 300 000 déposants, selon les estimations – pour un montant de plus de 155 milliards de francs CFA (près de 230 millions d’euros), selon un rapport du Fonds monétaire international en 2010.
Boni Yayi sera appelé à la barre
Démarré le 17 décembre 2018, le procès des dirigeants de ICC-Services devant la CRIET verra encore les plaidoiries des avocats – de la partie civile, de l’État et de la défense – avant de se clore. De sources proches de la Cour, le verdict pourrait intervenir ce jeudi, mais l’on sait d’ores et déjà que l’affaire ne sera pas terminée pour autant.
Thomas Boni Yayi « reste serein » et a renouvelé sa « confiance en la justice »
Au Bénin, le président de la République et les ministres bénéficient en effet d’un privilège de juridiction. Aux termes de l’article 136 de la Constitution, ces personnalités sont justiciables devant la Haute Cour de Justice « à raison d’infractions commises dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions ».
Depuis le début du procès, l’ancien président de la République a déclaré qu’il « reste serein » et a renouvelé sa « confiance en la justice ». Ses partisans ne cessent de dénoncer un procès destiné à « l’intimider » et à « l’empêcher de revenir au devant de la scène publique ».
Plus de 150 000 personnes spoliées, dont des dizaines avaient fait le déplacement jusqu’à Porto-Novo, siège de la CRIET, attendent impatiemment la fin du procès pénal et la concrétisation de l’action civile en réparation du préjudice subi, notamment un remboursement intégral des sommes spoliées ou, à défaut, un dédommagement partiel.
(Photo d’illustration) L’habitant de Morcellement St-André ne peut se remettre de l’agression qu’il a subie durant la semaine.
Une vidéo et des photos de lui, ligoté à une chaise, circulent dans le village de Morcellement St-André depuis quelques jours. Si cet adolescent de 16 ans clame être victime de séquestration et d’agression, les auteurs de ces actes plaident pour une plaisanterie de mauvais goût.
Nilesh (prénom modifié), 16 ans, est traumatisé. Cet habitant de Morcellement St-André ne peut se remettre de l’agression qu’il a subie durant la semaine, tant il se sent humilié. Ses parents ont porté plainte au poste de police de Triolet, hier.
«Dézord»
Le garçon était dans un groupe de musique avec d’autres jeunes de la région. Toutefois, réalisant qu’il risquait d’avoir de gros ennuis, il a décidé, près d’un an après, de quitter le groupe. «Zot ti pe fer boukou désord dan landrwa. Bann dimounn pa kontan zot. Mo finn desid aret vir ek zot», raconte Nilesh. Il relate qu’il se faisait souvent violenter par ses camarades quand il ne pouvait pas jouer d’un instrument correctement.
Ses agresseurs présumés auraient mal digéré qu’il quitte ce cercle d’amis. Nilesh se rendait à la boutique, mardi, quand cinq jeunes du groupe s’en sont pris à lui. «Ils m’ont emmené chez l’un d’eux, m’ont ligoté à une chaise et ont commencé à me frapper», raconte l’élève de Form IV. Toute la scène a été filmée.
Depuis, Nilesh ne veut plus sortir de chez lui. Son père dit être au courant de cette affaire. «Le jour même, il est rentré à la maison en larmes et m’a raconté ce qu’avaient fait ces garçons.»
Le père n’a pas voulu porter plainte dans un premier temps, car la mère d’un des agresseurs l’avait supplié d’épargner son fils. Cependant, il a décidé de ne plus se taire en voyant la gravité de cet incident. «Sachant qu’il y a une vidéo et tout, je ne peux pas rester tranquille. Je dois protéger mon fils. Sa sécurité passe avant tout.»
L’express a parlé à deux des agresseurs présumés, âgés de 17 ans. Apeurés, ils plaident pour une plaisanterie qui a mal tourné. «Ou pe fer nou per. Sa pou fatig nou latet la. Nou ti pe zis fer enn badinaz. Nou pa ti pansé sa pou ariv kumsa. Nou deman pardon pou sa. Pa kapav teign sa lamem ?» Ils lâchent ne pas avoir digéré le fait que Nilesh ait intégré un autre groupe de musique. «Tou seki li finn apran isi, li pe al montré laba.»
Des travailleurs sociaux de la région déplorent également cet acte «barbare». Ils demandent à la Child Development Unit de se saisir de ce cas. «Ces garçons ne sont pas des anges. Se bann délinkan. Bizin dress zot avant tro tar.»
http://bit.ly/subscribeMT This video is based on the last day of my #Mauritius trip. Starting the day from Hotel Telfair, I visited Macondé View Point. After that, I …
Le Mouvement de l’unicité et de la réforme (Mur), aile idéologique du PJD, s’est attaqué au ministère de l’Éducation nationale au sujet de l’enseignement des langues étrangères, ressuscitant un vieux désaccord au sein de la majorité gouvernementale de Saadeddine El Othmani.
Lors de la dernière réunion de son bureau politique, le mouvement islamiste a accusé le ministre de l’Éducation nationale de vouloir imposer le français comme langue d’enseignement des matières scientifiques dans les programmes scolaires. « Une politique de fait accompli » qui « impose un choix qui n’est pas conforme à la Constitution », selon le communiqué du Mur, qui appelle « à donner aux deux langues officielles, l’arabe et l’amazigh, la place qui leur revient dans le domaine de l’enseignement ».
La majorité un peu plus fissurée
« Ce choix de langue d’enseignement a toujours été un point de discorde entre le PJD et ses alliés », rappelle à Jeune Afrique un membre de la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication à la Chambre des députés. En 2016 déjà, l’ancien chef de gouvernement Abdelilah Benkirane reprochait publiquement à son ministre de l’Éducation « un manque de coordination sur la question de l’apprentissage des langues étrangères ».
Le Mur a remis un mémorandum dans lequel il présente sa vision par rapport à la question de la réforme de l’enseignement
Visiblement, les islamistes n’en démordent pas : « Le Mur a mené une véritable campagne de lobbying auprès des groupes parlementaires, en marge des débats du projet de loi-cadre 51-17, et a remis un mémorandum dans lequel il présente sa vision par rapport à la question de la réforme de l’enseignement », confie notre député.
Sauf que cette attaque frontale contre un ministre du gouvernement El Othmani vient cristalliser le désaccord entre le PJD et ses alliés sur des questions de fond. Dans l’entourage du ministre haraki Said Amzazi, on évoque même une violation de la charte de la majorité. Faudrait-il alors s’attendre à une nouvelle crise entre le parti islamiste et le Mouvement populaire (MP), qui viendrait s’ajouter aux tensions permanentes avec le RNI et le PPS ?
Réclamer un nouveau modèle économique n’est pas l’apanage des écologistes. La MCB, qui vient de lancer «Lokal is beautiful», s’inquiète des conséquences sociales et environnementales si l’économie actuelle est maintenue telle quelle.
Le Fonds monétaire international (FMI), qui avait initialement prédit une croissance à 4 % pour Maurice en 2019, révise à la baisse ses projections. Les experts, dont la chef de délégation Mahvesh Qureshi, tablent à présent sur une croissance de 3,9 % pour cette année. Chiffre légèrement meilleur qu’en 2018 où le taux était de 3,8 %. C’est une déception pour le gouvernement qui, avec les grands chantiers infrastructurels dont l’ambitieux Metro Express, espérait enfin dépasser la barre de 4 %. Cette révision à la baisse des prévisions a été prise, selon le FMI, en raison d’une baisse attendue de la croissance mondiale. Celle-ci, qui devrait être de 3,5 %, a atteint son point culminant avec de possibles chocs à l’horizon. Dans ce contexte, plusieurs experts et institutions à Maurice plaident pour un changement de cap, une rupture avec le modèle économique existant, voire une forme de décroissance.
La décroissance, plus qu’un projet écologique, est une politique qui consiste d’abord à démontrer que l’obsession de croissance pour la croissance n’est pas «sustainable » (tenable) sur le long terme. Augmenter constamment la production de biens et services (Produit intérieur brut – PIB) ne réduit pas les inégalités. De ce fait, cela ne garantit pas forcément une meilleure qualité de vie pour les populations. Mais ce qui est en revanche certain, c’est que cette course effrénée vers la croissance conduit inexorablement à un épuisement des ressources naturelles. Terres agricoles, pétrole, gaz, bois, poissons…
Changement des habitudes de consommation
La décroissance prône ainsi un changement de nos habitudes de consommation en termes d’énergies, de matières premières et de déchets. Si l’idée fait son bonhomme de chemin dans certains pays nordiques, comme la Norvège, Maurice, qui est déjà limité en ressources et frappé par une baisse du taux de natalité, peine à mener cette réflexion. Pour Kugan Parapen, de Rezistans ek Alternativ, même si le miracle mauricien est toujours pris en exemple, le modèle est dépassé. «Il faut penser autrement qu’en termes de profits destinés à une poignée de conglomérats», estime l’économiste de gauche.
Tout le mal de la croissance repose sur l’endettement des États et des ménages. La théorie de la croissance continue, selon lui, est un leurre, surtout avec les enjeux liés au rythme de la démographie mondiale, qui devrait ralentir dans les années à venir. Le vieillissement de la population, couplé à la faible natalité, préoccupe déjà les autorités. Au même titre que les conséquences du dérèglement climatique.
Un sujet qui divise
Pour l’économiste Eric Ng, l’idée d’une décroissance est farfelue voire irrationnelle. «Le bien-être passe par la croissance, sinon comment va-t-on créer de l’emploi ou extraire des personnes de la pauvreté ?» Une utilisation contrôlée des ressources impliquera un contrôle étatique trop accru. Cette politique protectionniste constituerait un frein au développement. Eric Ng prône plutôt une croissance inclusive, qui donne des moyens à tous de s’en sortir. «Je ne parle pas de gratuité à tout-va ou d’assistanat mais de la création des emplois ou des moyens pour créer des entreprises.»
Il regrette qu’actuellement il soit difficile de réussir dans l’entrepreneuriat, en dépit du fait que les permis nécessaires sont obtenus dans un délai de cinq jours. La faute, dit-il, aux «business costs» qui demeurent exorbitants, aux interventions répétées du gouvernement mais aussi au favoritisme dans l’octroi de marchés publics.
Même les banques s’y mettent
Réclamer un nouveau modèle économique mauricien ou se soucier du développement durable n’est pas l’apanage des mouvements écologistes/gauchistes. La Mauritius Commercial Bank, qui vient de lancer «Lokal is beautiful», s’inquiète des conséquences sociales et environnementales si l’économie actuelle est maintenue telle quelle, avec une croissance annuelle du PIB de 3-4 % ; le revenu/habitant ne serait doublé qu’à l’horizon 2035, selon le rapport. Il soulève des interrogations pertinentes : «Maurice a-t-il les capacités de multiplier par deux d’ici quelques années les exportations industrielles, les arrivées touristiques et les activités financières à l’étranger ?»
Pour l’institution bancaire, il est impératif de repenser notre modèle de développement et le rendre inclusif pour que la prospérité soit bénéfique à l’ensemble du pays. Une prospérité durable, pour reprendre les termes d’Alain Law Min, Chief Executive Officer de MCB Ltd. «Cette étude est d’une importance capitale pour le pays. Nous souhaitons une collaboration de tous les acteurs pour réaliser de nouveaux modèles de développement. Nous voulons donner envie de collaborer avec les différentes parties pour faire avancer l’économie mauricienne.»
Le Groupe MCB, qui a présenté les résultats de cette étude commandée auprès du cabinet français Utopies, entend engager une réflexion autour de nos habitudes de consommation. «L’économie mauricienne se “carbonise” de plus en plus : si l’on comptabilise les émissions de CO2 liées à la consommation des Mauriciens, on réalise qu’entre 1970 et 2015 l’empreinte carbone globale a augmenté de 900 % à Maurice», peut-on lire dans cette étude.
Pour répondre aux nombreux défis, trois pistes sont déclinées : promouvoir le concept de «Fab Island» en favorisant une économie locale qui soit forte et dynamique. Une île plus «fabricante» avec des micro-usines, incubateurs, partenariats, start-up, entreprises.
Deuxièmement, la «Circular island», en produisant avec les ressources matérielles du territoire. Réparer, redonner de la valeur, recycler et réutiliser les déchets.
Enfin, créer de la valeur plutôt que des produits avec «Smart Island». Il s’agit d’un Business model basé sur la numérisation (Peer to peer, plateformes collaboratives, applications décentralisées basées sur la blockchain ou l’intelligence artificielle).
Le gouvernement n’a pas de philosophie
Si le secteur privé se dit prêt à engager le dialogue sur cette nouvelle vision économique et l’avenir de l’économie mauricienne, qu’en est-il du gouvernement ? Ils sont nombreux à regretter que le gouvernement n’ait pas sa propre philosophie de développement, se cantonnant à n’être qu’un «trend follower». Le modèle privilégié des gouvernements successifs ayant été Singapour.
«Maurice, étant une île tropicale, a sa propre spécificité», insiste Yan Hookoomsing, de la plateforme Aret kokin nou laplaz. Il trouve inadmissible que l’île ne cesse de se bétonner, avec la bénédiction de l’Economic Development Board. Pour lui, les chiffres concernant le Foreign Direct Investment (FDI – investissements directs étrangers) sont consternants. Les investissements dans le Real Estate Scheme (RES) représentent plus de 50 % du montant total des FDI. «C’est vendu aux retraités étrangers aisés. Il s’agit d’un one off. Comment cela est censé aider le pays ?»
Selon Yan Hookoomsing, face à la multiplication des projets immobiliers IRS, RES, PDS, IHS ou des smart cities, tout est sacrifié sans que le gouvernement ne prenne conscience des dégâts ; terres agricoles, plages, zones humides. «Il faut mettre fin à cette braderie et repenser toute la stratégie de développement», avance-til, pour que les générations futures ne se retrouvent pas pénalisées.
Le long terme, c’est de cela que le gouvernement devrait s’inquiéter. Pas des échéances électorales ni de polémiquer sur un taux, alors qu’il devrait avoir pour mission de repenser un modèle. Mais cela demande de think out of the (political) box…
L’ouverture du tronçon affaissé de l’autoroute M3 (Terre-Rouge/Verdun) prévue au mois de mars n’aura pas lieu. Les travaux ne sont pas encore terminés et trois mois seront nécessaires pour réhabiliter cette route endommagée. À ce jour, 168 pieux sur 180 sont déjà installés.
La dernière phase d’installation des pieux a été constatée de visu par le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, samedi matin. La solution technique appliquée, trois mois seront encore nécessaires pour que les automobilistes puissent à nouveau utiliser la route réparée. Il y a eu un peu de retard, selon le ministre Nando Bodha, à cause de la manifestation des gilets jaunes. De ce fait, il a fallu attendre l’arrivée d’une substance spécifique qui est mélangée au béton. « Comprendre la partie affaissée nous a de- mandé un peu de temps », a concédé Nando Bodha. En effet, la partie qui s’est affais- sée s’étend sur 300 mètres et la fracture de 200 mètres. Le glissement de la pente en est la cause. D’où la nécessité, selon le ministre, de trouver « une solution verticale et une autre horizontale ».La phase des pieux est terminée. « Nous avons fait une excavation de 200 000 tonnes que nous devons remplacer », a-t-il dit. Il a fait ressortir « que 100 000 tonnes ont déjà rempli une bonne partie du terrain excavé » et que « 1 000 tonnes vont remplir la partie manquante », soit 50 camions qui devront faire le va-et-vient. « Il nous nécessitera encore 100 jours pour tout remplir », a-t-il dit. Ces 180 pieux sont de 25 mètres et leur diamètre est de 80 mm.
Comparant le cas de Maurice à celui de France, Dominique Batista, chef de service Mech et Sol à Cerema, a déclaré que « des cas identiques ont été identifiés en France » et que jusqu’en 2005, ces glissements étaient considérés comme non-sécurisables. « Ce n’est qu’à partir de 2010 que des travaux de confortement de ce type ont été envisagés en France et donnent entière satisfaction. » Selon l’ingénieur, le glissement de l’autoroute M3 est « hors norme ». D’où une solution qui s’adapte au contexte local. Selon lui, « la route a été affectée par un glissement très profond » alors que la courbe de rupture se situe à 25 mètres de profondeur dans une couche de brèche argilisée. « C’est un glissement très puissant, très profond et très complexe à stabiliser », a-t-il déclaré. Ainsi, 180 pieux fortement armés de 25 mètres de profondeur totalisant 5 km et 6 000 tonnes de béton devront renforcer cette partie affaissée.
Bertrand Hanauer, CEO de Transinvest, explique qu’une rangée de pieux dis- continus a été installée pour qu’il y ait un système de drainage en dessous. « L’un des facteurs le plus important de la déstabilisation est l’eau », dit-il. Les travaux, selon lui, touchent à leur fin et permettront de dégager la plateforme pour terminer le remblai. Des contrôles techniques seront aussi effectués.
La première partie du projet alloué à Transinvest s’élève à Rs 283 millions et la deuxième partie allouée à Sinohydro pour les pieux est de Rs 133 millions. Une fois la route opérationnelle, la Road Development Authority utilisera des inclinomètres pour détecter le moindre mouvement.
Des représentants du gouvernement yéménite et des rebelles Houthis se sont réunis à nouveau depuis mardi 4 février, à Amman, pour des discussions « techniques » sous l’égide de l’ONU concernant un échange de prisonniers, dont l’identification reste problématique.
L’échange, qui devait concerner à l’origine jusqu’à 15 000 détenus au total, faisait partie des mesures de confiance adoptées dans le cadre d’un accord conclu avant les pourparlers de paix tenus en décembre en Suède.
Le pouvoir et les rebelles yéménites s’étaient déjà réunis mi-janvier dans la capitale jordanienne pour deux jours de négociations, au cours desquelles ils avaient soumis aux médiateurs de l’ONU la liste des captifs dont ils souhaitaient la libération. Des représentants des Nations unies et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), chargé de superviser la mise en application de l’accord, avaient également participé aux discussions.
L’épineuse question des listes de prisonniers
Depuis mardi, les deux parties se sont réunis pour des « discussions techniques sur les avancées… (des deux côtés) pour finaliser leur liste de prisonniers », a indiqué l’ONU dans un communiqué.
Lors d’une rencontre lundi avec des journalistes à New York, le directeur des opérations du CICR, Dominik Stillhart, a indiqué que chacun avait présenté une liste de plus de 8 000 prisonniers à libérer. Mais de nombreux noms ne peuvent pas être pris en compte, car les deux camps affirment ne pas les détenir et qu’ils sont peut-être morts durant le conflit, a-t-il ajouté.
Lorsqu’une partie indique ne pas avoir la personne correspondant au nom demandé, aussitôt l’autre lui demande si elle la cache
« Il y a beaucoup de déception des deux côtés », a précisé le responsable. Chaque partie affirme ne pas avoir tous les prisonniers réclamés par l’autre partie, et « beaucoup d’entre eux sont probablement morts dans la guerre », a précisé le responsable du CICR. « La question est maintenant de savoir qui sera sur les listes », a indiqué Dominik Stillhart, en anticipant un échange de détenus moins important que ce qui avait été imaginé fin 2018. Selon lui, la confiance reste « insuffisante ». Lorsqu’une partie indique ne pas avoir la personne correspondant au nom demandé, aussitôt l’autre lui demande si elle la cache.
Une fois que les belligérants se seront mis d’accord, l’échange de prisonniers pourra intervenir rapidement. « Nous avons mobilisé des moyens logistiques, des avions… nous sommes prêts à le faire », a assuré Dominik Stillhart.
Un premier soldat saoudien libéré fin janvier
Fin janvier, les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, ont libéré un premier prisonnier, un soldat saoudien, dans le cadre de l’accord conclu avec les forces pro-gouvernementales, qui sont elles appuyées par une coalition militaire sous commandement saoudien. La coalition a par la suite relâché sept prisonniers Houthis.
Le médiateur de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, et le président du CICR, Peter Maurer, seront également présents au premier jour des discussions, selon l’ONU, qui n’a pas précisé combien de jours dureront les pourparlers.
Le conflit au Yémen a fait quelque 10 000 morts, en majorité des civils, et plus de 60 000 blessés, depuis que les forces militaires menées par Ryad sont intervenues en mars 2015 pour soutenir le gouvernement, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Des groupes de défense des droits humains affirment que le nombre de morts est largement supérieur, certains citant un chiffre cinq fois plus élevé. La guerre a mis 14 millions de Yéménites au bord de la famine, dans ce que les Nations unies qualifient de pire crise humanitaire dans le monde.
Raouf Gulbul (à g.) avance que son neveu Riaaz Gulbul l’a escroqué à plusieurs reprises.
Me Raouf Gulbul, dont le nom a été cité devant la commission d’enquête sur la drogue, a fait une virulente sortie contre son neveu Riaaz Gulbul. Dans un contre-affidavit déposé en Cour suprême hier, lundi 4 février, il a allégué que son neveu l’a escroqué à plusieurs reprises alors qu’il était un employé de son étude. La demande de révision judiciaire a été appelée hier devant le chef juge Kheshoe Parsad Matadeen et a été renvoyée au 25 février.
Me Gulbul n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour attaquer de front son neveu, dans un document de 100 paragraphes. L’avocat a tenu à réfuter les allégations de ce dernier portées contre lui. Il a soutenu que Riaaz Gulbul est un «habitualcriminal» notoire et une personne d’un mauvais caractère. Il a ajouté que son neveu a été poursuivi pour escroquerie à plusieurs reprises devant le tribunal de Port-Louis et la cour intermédiaire.
Le candidat battu précise l’avoir licencié pour avoir admis par écrit qu’il avait volé de l’argent de son bureau et empoché de l’argent qui lui avait été remis par ses clients. Il indique que le président de la commission d’enquête et ses deux assesseurs auraient dû vérifier auprès de la police le vrai caractère de son neveu.
Me Raouf Gulbul reproche à la commission d’enquête de ne pas lui avoir donné l’occasion de contre-interroger les témoins qui ont fait de graves allégations contre lui. Il accuse la commission Lam Shang Leen de ne pas lui avoir remis des copies certifiées des transcriptions de travaux de cette commission.
L’avocat explique n’avoir jamais été interrogé par le président et les membres de la commission par rapport aux appels téléphoniques et aux messages de la Colombie, de Comores et de Mayotte. Il soutient qu’il n’y a aucune preuve pour soutenir ces allégations contre lui. Il accuse les membres de cette commission de n’avoir rien fait pour corriger les dommages causés à sa famille et à lui-même par ces fausses allégations faites contre eux.