Il y a 7 ans déjà naissait Mars One, une société privée qui revendiquait souhaiter envoyer des hommes et des femmes sur Mars d’ici 2025 dans le but de créer la première colonie humaine autonome sur la planète rouge.
Finalement, le 15 janvier dernier, le tribunal de justice suisse a déclaré la banqueroute de la société qui a automatiquement été dissoute.
Il faut dire que le concept de Mars One était original. Il s’agissait de rassembler des fonds auprès d’investisseurs privés pour lancer la machine, puis de faire appel à la téléréalité sur plusieurs années pour suivre le processus de sélection puis de formation des futurs colons. Le programme aurait ainsi permis de générer les fonds nécessaires au développement des diverses technologies de survie des colons…
Mais rapidement, certaines sociétés de production emblématiques, notamment Endemol, se sont retirées du projet jugé loufoque. Finalement, Mars One s’est tournée vers les futurs colons qui ont été mis à contribution pour financer le projet et leur formation…
Incapable de financer les 7 milliards de dollars nécessaires à son projet, Mars One a donc été placée en faillite… Mais tout n’est pas perdu puisque la faillite ne concerne que Mars One Ventures et pas la fondation à but non lucratif Mars One Foundation qui a annoncé reprendre le flambeau.
L’homme aurait tenté d’étouffer la vieille dame à l’aide d’un sac en plastique.
Il est activement recherché par la gendarmerie. Un homme est soupçonné d’avoir violemment agressé ce mardi matin une dame de 90 ans à Montagnieu, une petite commune située à une vingtaine de kilomètres à l’est de Bourgoin-Jallieu (Isère). L’agresseur a pris la fuite après la violente agression.
Selon une source proche du dossier, cette personne âgée a été attaquée vers 10 heures dans sa maison par un homme qui aurait tenté de l’étouffer avec un sac en plastique, avant de la jeter à terre, détaille France Bleu. « Cela reste encore à démontrer. Des constatations sont toujours en cours. La victime est encore très choquée. Elle vivait dans une maison isolée, sans voisins », précise une source proche du dossier.
Elle active son système de téléalarme
Selon le Dauphiné Libéré, qui a révélé l’information, la nonagénaire aurait prévenu les secours en actionnant un système de téléalarme, que les personnes âgées portent souvent autour du cou. Blessée au visage et aux bras, la vieille dame a été transportée à l’hôpital Édouard Herriot de Lyon.
Une enquête pour « tentative d’homicide », confiée à la compagnie de gendarmerie de La Tour-du-Pin, a été ouverte par le parquet de Bourgoin-Jallieu.
D’importants moyens, comprenant des équipes cynophiles, ont été engagés pour tenter de retrouver l’agresseur.
Kan chan kin fabrique des instruments issue du recyclage de divers déchets en PVC, verres, cartons, et pratiquement tout est réutilisable
Chacun à sa manière pour faire du recyclage et de la valorisation d’objets. Pour Kan Chan Kin, c’est le recyclage d’objets en instruments de musique.
A Beau-Bassin, Kan Chan Kin donne à des objets abandonnés ou jetés à la poubelle une nouvelle vie, celle d’un instrument. Depuis deux ans maintenant, ce Mauricien de 33 ans, graphiste et designer de vêtements de profession mais aussi musicien de passion, transforme des objets anodins et considérés comme déchets en instruments de tout type. Cela va des instruments à vent aux percussions en passant par le didgeridoo et la ravanne.
Chez Kan Chan Kin, pratiquement tous les instruments qu’il présente sont reconstruits à partir de divers objets qui n’auraient eu d’autre utilité que de finir à la poubelle. Ici les tuyaux en PVC, les tubes en carton, les morceaux de carrelage et même les roues de vélo retrouvent une utilité.
«Ça fait deux ans que j’ai commencé à faire de la récupération d’objets et que j’ai compris que je pouvais faire quelque chose avec», nous raconte-t-il. «On peut faire pratiquement tout type d’instrumens avec ce que l’on jette. J’ai façonné des instruments à vent, des percussions et même un xylophone.»
La ressemblance des instruments fabriqués avec des objets de récupération n’est pas le moindrement du monde visuel simplement. Kan Chan Kin met le temps et le travail nécessaire afin que ses instruments soient aussi similaires aux originaux. Son didgeridoo en pvc sonne tout aussi authentique que les originaux qui sont eux confectionnés en bois.
La majeure partie de l’exercice de confection se fait en tâtonnement mais le résultat final et évident. À l’exemple de la ravanne construite à partir d’une roue de vélo abandonnée, la peau de cabri remplacée par un film de sérigraphie qui ne peut être réutilisé et des agrafes pour consolider le tout. Même procédé pour un tambour, des tuyaux en PVC de différentes tailles sont transformés en trombone, trompette et didgeredoo. Tout est réutilisable chez lui. «C’est ma façon à moi de faire de la récupération et du recyclage. C’est mon effort personnel et j’essaie de la transmettre à plus de personnes possible», ajoute-t-il.
Kan Chan Kin est aussi l’un des membres d’Enn Losean Vivab, une association qui a comme cheval de bataille la sensibilisation et la protection de la mer contre la pollution. L’association a pour habitude d’organiser des rendez-vous pour sensibiliser les jeunes et les enfants de façon ludique a l’importance de la protection de la plage et comment le faire. Parmi les activités qui sont proposées par Kan Chan Kin et les membres d’Enn Losean Vivab se trouve également la confection d’instruments à partir d’objets recyclés.
«Un instrument n’est pas forcement difficile à confectionner et c’est pour cela que nous avons avec Enn Losean Vivab des ateliers avec les enfants et les personnes intéressées par en confectionner», raconte Kan Chan Kin. «Il y a beaucoup d’objets qui peuvent être transformés en instruments quand on prend le temps d’y réfléchir et de commencer à le faire.»
L’idée de transformer des déchets et des objets abandonnés en instruments est une que Kan Chan Kin aimerait voir transmise à d’autres. Surtout vu le volume de déchets que certains abandonnent partout. La matière première, on s’en rend malheureusement compte, ne manquera pas de sitôt.
Le chef de file du PTr à l’Assemblée nationale, Shakeel Mohamed, n’a pas obtenu selon lui les réponses à ses questions posées lors du comité parlementaire de l’Independent Commission Against Corruption (Icac) et qui s’est tenu ce mercredi 13 février 2019 dans l’après-midi.
Navin Beekarry, à qui les questionnements étaient adressés, a ainsi mis en avant dans ses déclarations qu’il doit en premier lieu s’entretenir avec ses avocats pour savoir s’il doit répondre à ces questions.
« La raison de la réunion était pour communiquer au comité et au directeur général de l’Icac toutes les questions de la population sur certains agissements de l’Icac », a déclaré avec fermeté, Shakeel Mohamed, à l’issue de la réunion.
Les nombreuses questions programmées sont restées lettres mortes aujourd’hui
Malheureusement pour Shakeel Mohamed, les nombreuses questions programmées sont restées lettres mortes aujourd’hui.
Parmi ses interrogations, le député travailliste voulait connaître pourquoi l’Icac a changé diamétralement de positionnement dans l’affaire Medpoint.
Shakeel Mohamed souligne ainsi que l’Independent Commission Against Corruption était au départ du côté du Directeur des poursuites publiques (DPP) lorsque cette affaire avait été logée devant la Cour suprême. Mais l’Icac s’est positionnée totalement différemment ensuite lorsque l’affaire a été débattue dernièrement devant le Privy Council à Londres.
Délai de deux semaines accordé à Navin Beekarry
La liste de questions préparées en amont par Shakeel Mohamed était exhaustive et ce dernier ne compte pas lâcher si facilement le morceau.
Le député travailliste souhaite notamment également être renseigné précisément sur les personnes qui ont accompagné le directeur général de l’Icac lors de son déplacement à Londres pour assister aux débats contradictoires du Privy Council.
Le chef de file du PTr à l’Assemblée nationale insiste sur le fait que des réponses claires et toute transparence doivent être communiquées à la population mauricienne. Il a donc accordé un délai de deux semaines à Navin Beekarry avant de revenir à la charge d’ici là.
Il sera construit sur un terrain de trois arpents et sera fin prêt au mois de novembre selon les contracteurs. La pose de la première pierre du conseil de district de Pamplemousses par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a eu lieu ce mercredi 13 février à Calebasses.
Placé à un endroit stratégique de la région, le nouveau conseil de district sera facilement accessible au public. Les services essentiels conformément aux attentes des villageois y seront dispensés. Le nouveau bâtiment comprendra un ascenseur et utilisera l’énergie photovoltaïque pour sa consommation électrique.
« Lopérasion koup riban inn recoumanse ». Ce sont les mots du Premier ministre qui a tenu à mettre l’emphase sur le nombre de projets qui ont été mis en chantier sous son gouvernement. Pointant du doigt ses adversaires, Pravind Jugnauth a déploré le fait que « ena bann dimoun ki get zis negatif alor ki nou pe fer bann avanse spektakiler ». Et de rajouter que « depuis que je suis Premier ministre, la population est témoin de la quantité de projets que nous avons réalisés ».
Le Premier ministre a également réitéré la construction d’un complexe sportif à Triolet. Un projet dont le cout sera à la hauteur de Rs 204M.
Le Premier ministre, Pravind Jugnauth a procédé à la pose de la première pierre d’un complexe administratif à Calebasse. C’était le mercredi 13 février. Le projet, au coût de Rs 72 millions, sera complété dans environ neuf mois. A cette occasion, le chef du gouvernement a annoncé la construction d’un complexe sportif à Triolet.
Le Premier ministre, procédant à la cérémonie de la pose de la première pierre.
Il a profité pour tacler l’ancien régime. C’était, rappelle-t-il, un des projets qui figurait parmi les mesures budgétaires sous le gouvernement de Navin…
Si officiellement Tel-Aviv et Doha n’entretiennent pas de relations diplomatiques, des échanges entre les deux pays se développent depuis les années 1990. Objectifs, pour l’un comme pour l’autre : diversifier les partenariats et augmenter son influence géopolitique au Moyen-Orient.
Une voiture transportant trois valises noires remplies de 15 millions de dollars (13,3 millions d’euros) en liquide. Depuis novembre 2018, l’image fait polémique sur les réseaux sociaux : cette grosse somme d’argent qui voyage tranquillement sur les routes israéliennes vient rien de moins que… du Qatar. Distribués dans les guichets postaux de Gaza, ces billets serviront à payer les salaires des 20 000 fonctionnaires du Hamas, bloqués par le président palestinien Mahmoud Abbas pour faire pression sur le mouvement islamiste qui gouverne la bande. Cet argent a également en partie financé la reconstruction d’infrastructures et les soins sanitaires des habitants palestiniens de cette enclave au bord d’une crise humanitaire majeure.
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West Ham player Declan Rice has pledged his international allegiance to England over the Republic of Ireland.
The 20-year-old midfielder said he had telephoned both Ireland manager Mick McCarthy and England boss Gareth Southgate to inform them of his decision and will submit a formal request to FIFA to transfer his international registration.
Rice has played three times for Ireland but because these matches against Turkey, France and the United States last year were all friendlies, the London-born player was still able to make the switch to England.
Declan Rice has decided to pledge his international allegiance to England over Ireland
The Football Association of Ireland wished Rice a happy 20th birthday on Twitter last month and accompanied the post with this picture
Under FIFA reagulations, a player is only committed to a nation once they have represented them in a competitive fixture.
Rice, who has Irish family heritage, had previously represented Ireland at U16, U17, U19 and U21 level before making his senior debut under then-manager Martin O’Neill in March 2018.
In a statement, Rice said: ‘This afternoon I telephoned both Mick McCarthy and Gareth Southgate to inform them of my decision to submit a written request to FIFA for the transfer of my international registration from the Republic of Ireland to England.
‘This has been an extremely difficult decision and, in all honesty, not one I ever expected to be making at this stage of my career.
‘So much has happened, so quickly, in the past couple of years, from progressing through the West Ham United Academy to making my Premier League debut at the age of 18 in May 2017 and then being named in a full international squad just two days later.
‘In recent weeks and months, I have discussed the situation with the people who mean the most to me. My parents, my family, my girlfriend and my closest friends.
‘I have also spoken to Martin O’Neill and Mick McCarthy, Gareth Southgate and to friends and colleagues within the game whose opinion I respect.
‘I am truly grateful for the support I have received in leading to this decision.
‘Like so many people around the world, I consider myself to be of mixed nationality. I am a proud Englishman, having been born and raised in London.
‘However, I am just as proud of my family’s Irish heritage and my affinity and connection with the country.
‘I have equal respect and love for both England and Ireland and therefore the national team I choose to represent is not a clear-cut, simple selection. Particularly not for a young lad who never dreamed of being in this position.
‘Ultimately, it is a personal decision that I have made with my heart and my head, based on what I believe is best for my future.
‘I fully accept that some Irish supporters will be disappointed by my decision, and that everyone has different opinions in regard to the rules around international representation.
‘However, I hope that people can understand that I have made this decision with honesty, integrity and the full support of my family.
‘I would like to thank Mick McCarthy, Martin O’Neill, all of the coaching staff and everyone associated with the FA of Ireland (with special thanks to Mark O’Toole), not only for their support and understanding throughout this period, but for the part they have played in my development as a young player.
‘My pride at wearing the Irish shirt was always 100% genuine. It was a great honour for myself and my family, and something I will always cherish.
‘I would also like to make it clear that, in requesting to transfer my national team representation, I am not taking for granted a call-up to the England squad or making any assumptions about my future international career.
‘However, out of respect for the Republic of Ireland, I felt it was right to announce this decision now and put an end to the speculation.
‘I am still only 20 years old and there is a long road ahead of me. For now, my focus remains entirely on establishing myself as a Premier League player with West Ham United and working as hard as possible to improve and be successful.
‘In football, and in life, I have always tried to be completely honest and true to myself and my family at all times, and that is what I will continue to do.’
In a response put out by the Football Association of Ireland, manager Mick McCarthy said: ‘Declan rang me today and said he has decided to give it a go with England. Good luck to him.’
It came after the official FAI Twitter account wished Rice a happy 20th birthday last month accompanied by a picture of him in a green Ireland jersey.
Joseph Kabila, alors président de la République démocratique du Congo, vote à Kinshasa lors des élections générales du 30 décembre 2018. Baz Ratner / REUTERS
Tribune. Des villages incendiés, des fosses communes, des crânes et des ossements. Des « milices », des « enfants-soldats », des « seigneurs de guerre ». Des mines et leurs « esclaves », des camps et leurs réfugiés. Voilà globalement l’image de la République démocratique du Congo (RDC), telle qu’elle est diffusée dans les médias généralistes occidentaux.
Cette image ne sort pas de nulle part. Depuis la fin des années 1990, une grande part de la population congolaise vit dans une situation de profonde instabilité politique et d’incertitude sociale qui cause la mort, la faim ou pousse à l’exil. Mais ces réalités sont, depuis la guerre et l’implantation de groupes armés dans l’est de la RDC, accompagnées de récits médiatiques dans lesquels – en particulier à l’approche d’échéances électorales – prédomine une attente ou une projection de la « crise », du « chaos », de « l’explosion de violence » ou de « l’étincelle », faisant passer ce pays, dont l’est et l’ouest sont distants de plus de 2 000 km, pour un gigantesque baril de poudre. De tels commentaires s’adossent le plus souvent à des approches approximatives insistant sur un pseudo « effondrement de l’Etat » et sur une mortalité (« 5 millions de morts ») difficilement quantifiable et vérifiable.
« Réserve zoologique »
Début janvier, ce traitement porté sur le spectaculaire a été une aubaine pour les autorités congolaises, qui accusent régulièrement les observateurs occidentaux de déformer les réalités de leur pays. Pendant la période séparant l’élection présidentielle du 30 décembre 2018 de l’annonce des résultats, le ministre des médias et de la communication, Lambert Mende, s’en est ainsi pris à la presse internationale réunie devant lui : « Nous ne sommes pas une sorte de réserve zoologique dans laquelle des touristes du monde entier en mal de curiosités et de sensations fortes peuvent quotidiennement être invités par des pyromanes à se régaler du spectacle des affrontements entre espèces sauvages sans foi ni lois. »
Force est de constater une sorte de déception parmi certains journalistes envoyés spéciaux, humanitaires, diplomates et autres observateurs qui attendaient de voir émerger un conflit direct ou une crise humanitaire du processus électoral qui vient de mener à l’inattendue cohabitation entre le camp du président sortant, Joseph Kabila – dont les partisans ont remporté la majorité des sièges à l’Assemblée nationale –, et celui du nouveau, l’ex-opposant Félix Tshisekedi. Cette alliance négociée, dernier acte surprenant d’un long processus politique, convient difficilement à une description fondée sur l’affrontement de deux camps.
On ne saurait mettre en question l’existence des massacres, des viols et violences sexuelles, des déplacements forcés de population et des arrestations arbitraires se déroulant en RDC. Ils sont documentés par les Nations unies et par des organisations humanitaires internationales. Mais étant donné les difficultés d’accès et les problèmes de sécurité, ces données deviennent la source principale des dépêches, reportages ou analyses diffusés à grande échelle.
Elles sont illustrées d’images captivantes, pareilles à des icônes, le plus souvent non publiées par les médias congolais, en pleine reconfiguration grâce au numérique, mais qui irriguent les réseaux sociaux pour appuyer des discours politiques. L’une des dernières en date, réalisée au cours de la longue période électorale qui vient de s’écouler, montre un manifestant agenouillé et bras en l’air à Kinshasa, devant le siège de la Commission électorale, après l’annonce du report des scrutins du 23 au 30 décembre. Il y avait ce jour-là, selon plusieurs témoins de la scène, plus de photographes étrangers que de manifestants.
Effroi, pitié, dégoût
Dans son livre Devant la douleur des autres (éd. Christian Bourgeois, 2004), l’intellectuelle américaine Susan Sontag réfléchissait aux changements induits par la diffusion de masse d’images prises dans des pays « lointains » semblables à la RDC. Elle distinguait deux bords du monde : l’un, vulnérable, dont la souffrance, la mort, les corps meurtris sont exposés ; l’autre, privilégié, qui met en images le premier, le regarde, et reste quant à lui non exposé, ou de manière différenciée. « Plus l’endroit est éloigné ou exotique, plus il nous est loisible de regarder les morts et les mourants en face », écrivait-elle.
On peut imaginer que le fossé entre « exhibés » et « exhibants » s’est creusé avec l’accroissement de la production et de la diffusion des images, notamment par les réseaux sociaux. Cette inégalité touche davantage certains continents que d’autres. De l’iconographie coloniale à aujourd’hui, l’Afrique accumule un type d’images convoquant des sentiments comme l’effroi, la pitié ou le dégoût, et dont les producteurs ne sont pas Africains. C’est ce que l’écrivain et ancien déporté Imre Kertész assimilait à un « kitsch » de l’horreur. L’inégalité du droit à l’image et au récit suggérée par Susan Sontag, non mesurée car difficilement mesurable, fonde une part essentielle de notre relation de spectateurs à la violence du monde.
Il n’est pas anodin que des photos prises en RDC par des étrangers soient régulièrement sources de conflits : ce pays est peut-être le parangon d’un traitement spectaculaire créant de la sidération. Selon qu’on se trouve à Paris ou à Kinshasa, on aura relativement plus ou moins de chances de contrôler la diffusion d’une image, de nuancer une légende, voire de dénoncer une fausse information. Et, aujourd’hui peut-être plus encore qu’hier, une victime de l’attaque d’un village en RDC n’aura pas droit au même traitement médiatique qu’une victime d’attentat en France.
Récemment, les Nations unies ont annoncé que 890 personnes avaient été tuées en décembre dans la province du Maï-Ndombe (ouest), à 300 km au nord de Kinshasa. Si les causes concrètes de ces violences ne sont pas explicitées, les premiers éléments d’information constituent un récit identique à celui concernant la province du Kasaï en 2017, et à ceux relatifs aux provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri depuis la fin des années 1990 : une fois encore, l’événement est présenté comme un « conflit communautaire » indéfini, avec ses villages incendiés, ses populations déplacées et la menace d’une famine.
Autres images, autre média, autre finalité. Sur un réseau social, on a pu voir sur la page personnelle d’un journaliste revenant du Maï-Ndombe des photos de crânes et d’ossements jetés dans la nature. Compatissant pour les victimes, le discours qui les accompagnait insistait sur la dimension ethnique et organisée de la violence, c’est-à-dire sur sa dimension intentionnelle, « génocidaire », en dépit de l’absence d’éléments d’enquête. Susciter de tels affects, sous prétexte de témoigner, dissimule le besoin de compassion et d’admiration qui irait de droit à l’explorateur sacrifié. Or, le lecteur n’est pas amené à saisir l’inscription de ces formes de violence dans leur contexte historique et local, dont les dimensions politiques et économiques entrelacées sont particulièrement complexes en RDC.
Domination implicite
Ces remarques mènent moins à questionner la fidélité des images et des récits aux réalités congolaises – j’ai moi-même eu à les documenter, en tant que journaliste pour Le Monde – qu’à s’interroger sur les méthodes d’enquête et sur les écritures qui les construisent. Bien qu’il soit difficile d’établir de manière évidente et immédiate les causes des violences, mener des enquêtes de terrain suffisamment longues permet d’en décrire au moins le déroulement factuel. De telles recherches sont rares, pour de multiples raisons, qui tiennent autant à la rentabilité de plus en plus demandée par le système de production des récits et des images qu’à des questions de formation de ceux, chercheurs comme journalistes, dont l’activité est de raconter.
A moins de vouloir continuer à exposer la douleur des autres de manière foncièrement inégalitaire, il convient aussi de s’interroger sur le type d’éthique, de distance et de positionnement qui pourrait accompagner des enquêtes et des écritures produites à partir d’un terrain comme la RDC. A quelles formes de danger direct ou de domination plus implicite nos interlocuteurs peuvent-ils être soumis lorsqu’ils deviennent les figures de nos images ou les protagonistes de nos récits ? Quelle sorte de dégradation a lieu dans l’exhibition de la douleur des autres ? Si on peut difficilement éviter de regarder les morts et les mourants « en face », quel traitement doit-on leur appliquer pour respecter leur dignité et ne pas les montrer « de trop près » ? Comment appliquer le droit à l’image et au récit de ceux, en RDC et ailleurs, qui y ont rarement accès ?
Ce type de réflexivité fait partie du champ ordinaire de travail des sciences sociales, et en particulier de l’anthropologie depuis que certains de ses acteurs prennent en considération les conditions de sa naissance en tant que discipline dans la période coloniale. Le débat est aussi présent dans quantité de textes littéraires traitant de la violence et des enjeux que comporte sa mise en récit. Nul doute que les journalistes peuvent aussi y prendre part.
Pierre Benetti est doctorant en anthropologie à l’EHESS au sein du Centre d’étude des mouvements sociaux (CEMS) et ancien correspondant du Monde en RDC.