L’ex-ministre des Sports d’Alassane Ouattara, Alain Lobognon, qui avait été condamné à un an de prison ferme pour « divulgation de fausses nouvelles et incitation à la haine » en première instance, a écopé en appel d’une peine de six mois de prison avec sursis. Il a été libéré dans la foulée.
Le député Alain Lobognon s’est présenté devant la cour d’appel manifestement amaigri, après des jours de grève de la faim, et ceint de l’écharpe de parlementaire qui lui avait été interdite lors de son procès en première instance, le 15 janvier dernier.
Dès l’ouverture des débats, peu après 9 heures, ses avocats ont introduit au moins trois exceptions, notamment l’incompétence du tribunal de première instance à juger un ancien ministre, conformément aux textes. Des exceptions rejetées par le président de la cour d’appel, le magistrat Ali Yéo, qui a jugé les arguments développés par le procureur général pertinents.
Réquisitions inattendues
Le procureur, à la surprise générale, a requis la peine de six mois avec sursis et la relaxe immédiate du prisonnier qui a passé près d’un mois à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Des réquisitions suivies par la cour d’appel du tribunal du Plateau, qui met ainsi fin à un « procès politique », selon la défense, qui a tenu en haleine la classe politique ivoirienne.
Le procureur de la République près le tribunal de première instance du Plateau, Richard Christophe Adou, reprochait à Alain Lobognon, ex-cadre de la rébellion des Forces nouvelles (FN) et proche de Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale d’avoir annoncé le 9 janvier, sur son compte Tweeter, que le parquet avait émis un mandat d’arrêt contre le député Jacques Ehouo, maire élu du Plateau (Abidjan) sous la bannière du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, parti d’Henri Konan Bédié) inculpé pour « détournement de deniers publics).
Tensions autour d’un troisième mandat d’Alassane Ouattara
Le bureau de l’assemblée nationale présidée par Guillaume Soro, qui a démissionné depuis de son poste, avait ordonné l’abandon des poursuites contre Ehouo et la relaxe de Lobognon. Il n’avait pas été suivi par le parquet. Cette situation avait envenimé des relations déjà orageuses entre Guillaume Soro et le président Alassane Ouattara.
« C’est un procès politique tout simplement parce que monsieur Alain Lobognon est un proche de Guillaume Soro et parce qu’Alain Lobognon s’est prononcé contre la tentative de vouloir faire un troisième mandat du président de la République », avait dénoncé l’ex-ministre Affoussiata Bamba-Lamine, ex-cadre des FN et avocate de formation, avant de rappeler que « la Constitution de la République de Côte d’Ivoire ne lui donne pas de droit à un troisième mandat ».
« Les autorités ivoiriennes doivent mettre fin aux arrestations arbitraires et aux actes de harcèlement ciblant des citoyens en raison de leurs opinions jugées critiques et dissidentes, et libérer immédiatement et sans condition ceux qui ont été placés en détention », a préconisé l’organisation internationale.
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Published: 12:57 EST, 13 February 2019 | Updated: 14:02 EST, 13 February 2019
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Ousmane Sonko s’adresse à ses sympathisants depuis le toit de sa voiture, lors du premier jour de la campagne électorale, dimanche 3 février 2019, dans le quartier de Ngor, à Dakar. Matteo Maillard
« Ceux qui ont dirigé le Sénégal depuis le début mériteraient d’être fusillés ». Incendiaire, la phrase n’avait pas vocation à devenir publique. Tout juste à galvaniser des militants déjà acquis à leur leader, Ousmane Sonko*. Jeune et charismatique étoile montante de la politique sénégalaise, le candidat à l’élection présidentielle du 24 février a l’habitude des phrases-chocs, des piques provocatrices et des critiques acerbes contre une classe politique qu’il juge « corrompue », « vendue aux intérêts étrangers ».
La vidéo, parue en octobre 2018 mais qui daterait de quelques mois, a vite fait le tour de la presse déclenchant un tollé. Seydou Guèye, ministre porte-parole du gouvernement, s’est indigné de propos « spécifiques aux logiques pro-islamique et djihadiste. Ça me semble inacceptable dans notre espace politique », a-t-il dénoncé au micro de la Radio Futurs Médias. L’écho a été bien différent sur les réseaux sociaux où Ousmane Sonko, à 44 ans, jouit d’une certaine popularité. Mieux que tous les autres politiciens, il en maîtrise les codes et s’est forgé, ces dernières années, une base de sympathisants étendue et réactive.
Figure iconoclaste
A en croire ses adversaires, il serait l’incarnation de toutes les dérives de la politique contemporaine : souverainiste antisystème, nationaliste au populisme décomplexé. On lui prête volontiers une proximité avec l’idéologie salafiste dans un pays qui pratique à plus de 90 % un islam soufi pacifique. L’intéressé s’en défend. Son programme « Jotna » (« C’est le moment » en wolof) efface un peu cette figure iconoclaste. Il met l’accent sur l’agriculture, « fer de lance », « le développement durable de la pêche », « la promotion de la femme » et « l’égalité des chances par l’éducation ». Pour convaincre un électorat aux intérêts multiples, Ousmane Sonko sait qu’il faut sacrifier à la consensualité, comme le laisse penser son portrait de campagne, costume ajusté et lunettes rondes.
Né à Thiès (ouest) en 1974, il a grandi en Casamance. La région est alors en proie à un conflit ouvert entre l’armée sénégalaise et les rebelles indépendantistes du Mouvement démocratique des forces de Casamance (MFDC). Les bruits des balles marqueront ses souvenirs. C’est dans ce sud reculé, coincé par l’enclave gambienne, grand oublié des plans de développement, qu’il tire aujourd’hui ses plus nombreux soutiens. Il en a forgé un des axes de sa doctrine : lutter contre la centralisation du pays à Dakar. Suit une scolarité brillante. Maîtrise de droit, DEA à l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis, il sort major de sa promotion à l’ENA. Un parcours d’élite sénégalaise qu’il ne renie pas. A cette époque, il milite au sein de l’Association des étudiants musulmans du Sénégal (AMES), une structure proche des milieux salafistes.
Lanceur d’alerte
En 2002, il devient inspecteur principal des impôts et des domaines. Le travail, ingrat, et les pressions subies le conduisent à créer trois ans plus tard le syndicat de sa corporation. Il y fait ses premières armes politiques, mais préfère encore les auteurs grecs au conclave. Son éveil arrivera en 2008 lors des assises de l’opposition. Germe l’idée de fonder un parti avec une obsession : la souveraineté. Ce n’est que six ans plus tard que naissent les Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef).
Des supporteurs d’Ousmane Sonko lors du premier jour de la campagne électorale, dans le quartier de Ngor, à Dakar, dimanche 3 février 2019. SEYLLOU / AFP
Alors que la formation balbutie, Ousmane Sonko trouve un angle d’attaque qui va le propulser sur le devant de la scène. Il pointe des actes de fraude fiscale et de corruption dont il est témoin en tant qu’inspecteur. Ses dénonciations de lanceur d’alerte culmineront en 2016 : dans un livre intitulé Pétrole et gaz au Sénégal. Chronique d’une spoliation (éd. Fauves), il accuse directement le président Macky Sall et son frère Alioune Sall, à la tête d’une compagnie pétrolière, de « corruption », de « viol de la Constitution et du code pétrolier ». Il est radié la même année par décret présidentiel pour « manquement au devoir de réserve ».
Il se positionne en victime du système et devient, pour une partie de la classe moyenne, le chevalier blanc d’une politique usée par l’entre-soi et les magouilles. Il saisit le créneau. « Au Sénégal, nous avons eu deux alternances, des partis multiples, mais si vous regardez bien, ceux qui dirigeaient le pays hier sont aujourd’hui des leaders de l’opposition et candidats à l’élection. Face à cela, Ousmane Sonko s’est décrété résistant au système », avance Cheikh Mbaye, sociologue.
Comparé à un Trump africain
Parmi les cinq candidats à la présidentielle, figurent ainsi Madické Niang qui, de 2002 à 2012, fut ministre de l’habitat, des affaires étrangères, de la justice, de l’énergie, de l’industrie et des mines, mais aussi Idrissa Seck, premier ministre de 2002 à 2004. « Quand on ne fait pas partie de ce sérail, il est difficile de percer en politique, ajoute-t-il. Il y a un désir de renouveau. Sonko l’a compris et s’inscrit contre cette politique politicienne qui vise à conserver le pouvoir et s’enrichir. »
A l’été2017, il remporte une première victoire en demi-teinte : il est élu député à l’Assemblée nationale, mais son parti obtient moins de 1 % des voix aux législatives. Son succès aurait pu en rester là si les deux principaux adversaires politiques de Macky Sall – Karim Wade, fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, et Khalifa Sall, ancien maire de Dakar – n’avaient été écartés de l’élection présidentielle en raison d’ennuis judiciaires.
Ousmane Sonko en profite pour se tailler une place de choix dans le camp de l’opposition. Il déploie ses éléments de programme : sortir du franc CFA, réduire la dette et le train de vie de l’Etat, privilégier les entreprises et les emplois nationaux. On le compare à un Trump africain, la jeunesse en plus. Un atout dans un pays où plus de 50 % de la population a moins de 20 ans.
Son discours fait mouche dans une classe moyenne diplômée et chômeuse en augmentation, qui voit les ponts d’or faits aux entreprises étrangères et l’industrie locale en déshérence. « Un électorat qui rejette le monde occidental et ses valeurs, de la défense des droits de l’homme à la protection des minorités sexuelles, et que Sonko arrive à capter », explique un diplomate européen. Son discours résonne aussi parmi la diaspora : il arrive ainsi en tête des législatives chez les Sénégalais du Canada.
« Un homme des marges »
Mais s’il veut avoir une chance le 24 février, le candidat Sonko doit encore faire ses preuves auprès d’un électorat rural qui, sans électricité ni Internet, ne peut suivre ses punchlines contre le pouvoir sur les réseaux sociaux. En meeting, il avait pour habitude de s’entourer de dizaines de vigiles vêtus en treillis de surplus militaires siglés « US Navy ». Il essaie désormais de lisser son image de rebelle antisystème, en se rapprochant des caciques de la politique qu’il a tant critiqués.
Ainsi, le 9 février, Ousmane Sonko interrompt son programme de campagne pour accueillir d’urgence à Dakar l’ancien président Abdoulaye Wade, revenu de sa retraite versaillaise. Il aimerait être adoubé par ce faiseur de rois. Il n’obtiendra rien. « Il n’y a plus d’antisystème chez lui, tance un politologue. L’un de ses plus proches collaborateurs est l’architecte Pierre Goudiaby Atepa, qui a construit pour les classes dirigeantes africaines et lui a prêté son siège. »
Le sociologue Cheikh Mbaye abonde : « A ce niveau, on est obligé de se mélanger avec des gens de pouvoir. Mais c’est contradictoire, ça dessert son image et étonne sa base électorale. » Le jeune challenger peut-il quand même convaincre les électeurs ? « C’est un homme des marges, Casamançais, Saint-Louisiens, un étranger pour beaucoup de Sénégalais, analyse le diplomate européen. Il a voulu s’affranchir des puissantes confréries soufies, puis a fait volte-face. Il n’a pas beaucoup de chance dans un pays qui a toujours voté dans le triangle confrérique. »
Du côté de la présidence, on se montre confiant : « Sonko est dans l’agitation, la provocation, les phrases à l’emporte-pièce. Nous sommes dans la cohésion et le rassemblement. Aux législatives, nous avons obtenu 1,5 million de voix, lui 33 000. Ce n’est pas un danger. » Une assurance douchée par Cheikh Mbaye : « S’il gagne des voix, ça traduira le taux de déception de notre jeunesse et l’échec de nos hommes politiques. »
*Contacté à plusieurs reprises, Ousmane Sonko n’a pas souhaité donner suite à nos demandes d’entretien.
Le parquet vient de requiert à l’encontre de Dettinger une peine d’emprisonnement de 2 ans ferme et 1 an avec sursis.
L’atmosphère est électrique dans la salle bondée du tribunal correctionnel de Paris. Le « boxeur », cheveux ras et fine moustache, a les traits tirés. Sur les bancs de la défense, ses avocats ont reçu le renfort d’Henri Leclerc, doyen des pénalistes et inlassable défenseur des libertés.
L’ancien boxeur professionnel Christophe Dettinger, qui s’en est pris le 5 janvier à deux gendarmes en marge d’une manifestation des “Gilets jaunes” à Paris, s’est défendu mercredi d’être un “casseur de flic”, lors d’un procès tendu.
Jugé pour violences volontaires en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique ayant notamment entraîné une incapacité temporaire de travail supérieure à huit jours, il encourt une peine maximale de cinq à sept ans de prison.
“Je suis là pour payer pour une erreur. La seule chose que je ne veux pas c’est qu’on dise que je suis un casseur de flic, un lyncheur, un tueur”, a déclaré cet ancien champion de France lourd-léger (2007-2008).
Les larmes aux yeux, Christophe Dettinger s’est longuement expliqué lors de l’audience, au tribunal correctionnel de Paris. L’homme a reconnu les faits mais souhaite changer l’image qui a été dépeinte de lui jusqu’ici.
“Je suis là pour payer l’erreur que j’ai faite mais je ne veux pas qu’on dise que je suis un casseur, un tueur de flics. J’ai fait une grosse erreur que je regretterais toute ma vie”, a-t-il soutenu à la barre.
“J’ai juste un souhait ce soir, rentrer chez moi avec ma famille. Quand je me vois taper sur le gendarme au sol, j’ai honte de moi”, a ajouté le prévenu, la voix chargée d’émotion.
Le procureur a requis trois ans d’emprisonnement, soit deux ans ferme dont un avec sursis, assorti d’une mise à l’épreuve avec obligation et maintien en détention.
‘No, not this week – not in the last three weeks’: Maurizio Sarri reveals he has not spoken to Chelsea owner Roman Abramovich since the humiliating loss at Manchester City
Maurizio Sarri’s job potentially rests on Chelsea’s Europa League tie with Malmo
Blues owner Roman Abramovich wants to be back among Europe’s elite clubs
Sarri revealed the pair have not been in touch ahead of last-32 tie on Thursday
Head coach Maurizio Sarri says he has not spoken to Chelsea owner Roman Abramovich since the humiliating loss at Manchester City.
Sarri’s job potentially rests on Chelsea’s Europa League tie with Malmo as the competition is now seen as a realistic route into the Champions League.
Abramovich wants to be back among Europe’s elite clubs but the Blues fear missing out on a top-four finish in the Premier League.
Maurizio Sarri says he has not spoken to Roman Abramovich since 6-0 loss at Manchester City
Ahead of Thursday’s Europa League last-32 first leg at Malmo in Sweden, Sarri revealed the pair have not been in touch.
‘No, not this week – not in the last three weeks,’ he said. ‘It depends on the president, I think. I didn’t say never. The interview was Italian and in Italian I am better than you.
‘I’d like to speak to somebody in the club, not necessarily the owner. I usually speak with Marina (Granovskaia, the director) and for me it’s enough.’
Sarri’s job as Blues manager potentially rests on Chelsea’s Europa League tie with Malmo
Sarri says Chelsea have endured difficult days since Sunday’s 6-0 loss at City.
In his pre-match press conference, Sarri spoke of his desire for a reaction to the Blues’ worst loss in almost 28 years.
Sarri said: ‘Not too easy, of course. After a match like Manchester City it’s normal.
‘It’s not easy to play tomorrow after 6-0 but we have to play and we have to play well.
Ahead of Europa League last-32 first leg at Malmo, Sarri revealed pair have not been in touch
‘We want to win. We want to react immediately.’
A long dressing room debrief followed the 4-0 loss at Bournemouth and another followed at Chelsea’s training ground earlier this week.
Sarri added: ‘We talked altogether for one hour the day after the match. It’s better to work, to react on the pitch.’
Sarri has rested left back Marcos Alonso, whose form has dipped of late, while midfielder Ruben Loftus-Cheek is out with a recurrence of his back problem.
Le premier ministre des Pays-Bas dément toute candidature aux postes pour lesquels il est pressenti au sein de l’UE. Tout en présentant une méthode et un embryon de programme.
Par Jean-Pierre StroobantsPublié aujourd’hui à 19h00, mis à jour à 19h00
Temps de Lecture 4 min.
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Mark Rutte à La Haye, le 16 janvier. BART MAAT / AFP
Bruxelles bruisse de rumeurs qui font déjà de lui le futur président du Conseil européen, voire de la Commission, et donc le successeur du Polonais Donald Tusk ou du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Premier ministre depuis huit ans, bien en cour à Paris et à Berlin, à la tête d’un pays performant : Mark Rutte, le libéral néerlandais, a aux yeux de beaucoup le profil idéal pour piloter, après les élections de mai, une Europe qui aura sans doute été bousculée par les forces populistes. Celles qu’il a domptées dans son pays en battant sèchement Geert Wilders en 2017.
Le fait qu’il ne cache pas son hostilité au système des « Spitzenkandidaten » – censé désigner le futur chef de la Commission – ainsi que la leçon sur l’Europe qu’il devait donner, mercredi 13 février, à Zürich, pouvaient confirmer les pronostics. Il avait donné à son intervention dans la ville suisse un titre aux allures de programme – « Du pouvoir des principes aux principes du pouvoir » –, et il n’est pas fréquent que cet habile gestionnaire se lance dans des considérations stratégiques.
Une Europe à la fois « grande et petite »
Réunissant, la veille, quelques journalistes étrangers à La Haye – autre pratique inhabituelle pour lui –, l’intéressé a toutefois opposé un démenti à toutes les supputations : « Je n’ai aucune ambition pour un poste européen de premier plan. On court certes le risque d’être cité quand on commence, comme moi, à être connu, mais j’entends mener ma coalition à son terme en 2021 et décider, six mois avant les élections, si j’emmènerai de nouveau la liste de mon parti [le Parti populaire libéral et démocrate, VVD] en vue de celles-ci. »
Chapitre clos ? Peut-être, car rien n’empêche que, compte tenu des événements futurs et de la possible insistance d’autres dirigeants, le Néerlandais finisse par réviser son jugement. « Je serai sans doute plus efficace comme membre du Conseil », précise-t-il toutefois. En tout cas, lors de son intervention à l’université de Zürich, sur les lieux mêmes où Winston Churchill – l’un de ses héros – évoqua en 1946 sa vision d’une Europe unie, M. Rutte est sorti des sentiers battus. Il a manifesté son évidente volonté d’être l’une des voix de l’Union de demain, privée des Britanniques et souvent décrite comme en panne de leadership, d’autant qu’en quelques mois les étoiles d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel ont singulièrement pâli.
Les premiers éléments tirés de l’autopsie d’Emiliano Sala, révèlent que le footballeur est décédé des suites «de blessures à la tête et au tronc», indique le Daily Mail. Le média précise que la dépouille ressortie de la carcasse de l’avion immergé dans la Manche a été identifiée par ses empreintes digitales.
L’enquête sur les circonstances qui ont conduit à la tragédie pourrait durer entre six mois et une année.
Les employés suspendus à une deuxième crise dans le secteur.
Faut-il voir dans la mise sous administration judiciaire de Palmar Ltd et accessoirement de la délocalisation d’une partie des opérations de la Compagnie Mauricienne de Textile (CMT) au Mozambique des signes annonciateurs d’une filière textile financièrement malade ? Visiblement oui, expliquent les opérateurs économiques et les spécialistes du secteur qui n’écartent pas la possibilité que d’autres entreprises lui emboîtent le pas et déposent leur bilan sous peu.
Certes, il n’y a pas mille raisons pour justifier l’écroulement de l’usine Palmar, vieille de 30 ans, et entraînant dans le sillage sur le pavé 1 400 em- ployés, dont 300 étrangers, si l’administrateur judiciaire ne parvient à trouver aucun repreneur. Azad Jeetun, économiste et ex-directeur de la Mauritius Employers Federation, trouve que le cas de Palmar est symptomatique du sort de nombreuses entreprises textiles confrontées à un déficit de trésorerie et croulant sous un endettement massif. La Banque de Maurice estime celui-ci à Rs 8 milliards actuellement, soit 35 % des dettes contractées par le secteur manufacturier auprès des banques commerciales.
«Il ne fait pas de doute, alors que les coûts de production de ce secteur sont déjà élevés, rendant les entreprises moins compétitives sur le marché international, que l’avènement du salaire minimum en janvier 2018 est venu corser davantage la situation», explique l’économiste. Pire, il n’y a pas eu en contrepartie une hausse de la productivité chez la maind’œuvre avec pour résultat que les salaires ont continué d’augmenter, basés de surcroît sur un taux d’inflation généralement en hausse.
Une analyse à laquelle Ahmed Parkar, CEO de Star Knitwear, ne souscrit pas totalement. S’il reconnaît que le textile est confronté à d’énormes défis, il ne pense pas qu’il faut déjà mettre une croix sur ce secteur qui a encore un avenir, dit-il. «L’absence du cash-flow (marge d’autofinancement) qui perdure au niveau de ces entreprises textiles reste certes un défi car les institutions financières ne leur font toujours pas confiance.» Mais il se réjouit qu’il y a des lueurs d’espoir à l’horizon, avec notamment la décision que des clients internationaux, qui ont quitté la Chine, viennent s’installer à Maurice, à l’instar d’Armani et de Lacoste.
«Notre planche de salut reste la valeur ajoutée de nos produits qui se transforment lentement aujourd’hui en brand avec de meilleurs prix de vente mais en volume nettement réduit.» Et d’ajouter qu’il n’est pas contre le principe d’un salaire minimal, même s’il reste une charge additionnelle pour les entreprises. Cependant, il est important également d’analyser la capacité financière des différents secteurs économiques pour s’assurer qu’ils peuvent l’absorber financièrement.
Salaire minimum vs productivité
Si certains défendent l’avènement du salaire mini- mum comme une opportunité pour des travailleurs de grimper l’échelle sociale et un outil pour donner plus de dignité à la main-d’œuvre locale, il n’en demeure pas moins vrai que dans les entreprises exportatrices, dont le textile, il n’y a pas eu de gain de productivité. Pire, il a contribué dans une certaine mesure à la baisse des exportations.
En fait, des spécialistes sont convaincus : il y a une corrélation directe entre l’introduction du salaire minimum et la baisse des exportations. «Il est évident que les charges salariales des entreprises ont été alourdies considérablement avec la décision gouvernementale d’accorder cette année un salaire minimum de Rs 8 140 à ceux touchant moins. Ce qui est venu du coup augmenter le coût de production de ces entreprises, celles opérant particulièrement dans le créneau de l’exportation. Du coup, les exportations sont devenues moins compétitives», analyse Azad Jeetun.
Une opinion que ne par- tage pas l’EDB. Son Chair- man, Charles Cartier, a une différente lecture de cette problématique. «Dans un contexte économique mondial incertain, nos industries traditionnelles ont été impactées. La hausse du prix des carburants, la possibilité de guerres commerciales avec les États-Unis et les problèmes découlant du Brexit ont provoqué une baisse de nos exportations traditionnelles», a-t-il confié récemment à l’express.
À la Mauritius Export Association (MEXA), la situation dans le secteur textile est suivie de près. Un de ses membres, opérateur du textile, qui a voulu garder l’anonymat, estime qu’à la base de cette situation d’endettement il y a forcément la question de productivité. Car malgré cette hausse salariale conséquente (outre les Rs 8 140, il y a d’autres contributions de la part des employeurs pour atteindre le chiffre final de Rs 9 000), la productivité, dit-il n’a pas suivi. Et de noter qu’en un peu plus de dix ans, soit de 2007 à 2016, les employés du secteur manufacturier ont bénéficié d’une compensation salariale moyenne de 5,7 % annuellement. Or, les gains en productivité n’ont étonnamment pas suivi au niveau de la main-d’œuvre, progressant à seulement 3,5 % en moyenne durant la même période.
En fait, les opérateurs économiques insistent qu’avec le salaire minimum accordé aux travailleurs manuels dans le textile, il y a déjà une pres- sion venant d’autres catégories d’employés pour que les entreprises suivent également le pas. «C’est carrément l’effet domino avec une surenchère salariale à tous les niveaux de l’entreprise. C’est la nature humaine. Résultat des courses : l’opérateur n’aura d’autre choix que de fermer boutique s’il voit que le marché n’est plus particulièrement porteur financièrement, notamment le secteur habillement et prêt à porter, vu que les acheteurs vont s’approvisionner ailleurs où les coûts de production sont plus compétitifs», affirme un industriel mauricien.
Une étude a d’ailleurs été effectuée par le ministère du Travail et des relations industrielles pour évaluer justement l’impact du salaire minimum sur les entreprises, analysant les effets sur les différentes variables : profit, productivité et compétitivité.
Croissance assurée avec la main-d’œuvre étrangère
Aujourd’hui, le gros de la main-d’œuvre étrangère se retrouve dans le secteur textile, plus de 31 000 travailleurs y ont été recensés en septembre dernier. Le recours à ces travailleurs est jugé crucial aujourd’hui pour y assurer la croissance car, selon les dires des opérateurs, c’est leur apport qui permet aujourd’hui aux entreprises concernées d’honorer leurs commandes à temps.
«Il ne faut pas qu’on soit choqué par le fait que les Mauriciens ne sont plus attirés par certains types d’emplois. C’est une transformation normale de la société qui donne aujourd’hui des aspirations légitimes à des jeunes souhaitant grimper l’échelle sociale», estimait dans une récente interview, le Chief Operating Officer de Business Mauritius, Pradeep Dursun.
Éric Dorchies:«Une industrie cyclique»
L’industrie du textile est une industrie cyclique, explique Éric Dorchies, ajoutant que c’est un fait que le marché mondial actuel est difficile avec notamment une forte fluctuation de la demande en Europe et une concurrence accrue des principaux pays producteurs comme la Chine ou le Bangladesh mais aussi de concurrents relativement nouveaux comme la Turquie, qui bénéficie de sa proximité géographique avec les marchés traditionnels.
Il rappelle qu’au sein de CIEL Textile, il a fait le choix très tôt de diversifier les zones de produc- tion entre le cœur historique régional (Maurice et Madagascar) et l’Asie du Sud (Inde et Bangladesh). «Aujourd’hui, nous avons ainsi 19 usines réparties sur ces quatre pays. Cette stratégie ainsi que les investissements que nous avons réalisés au niveau de nos opérations, du design, de la qualité, de l’automatisation nous permettent d’être considérés par nos clients comme des partenaires de confiance et non comme de simples producteurs.»
Cela dit, les changements rapides qui s’opèrent dans le monde du «retail» comme la forte croissance du e-commerce, du «fast fashion» ou des produits responsables, ne laissent aucun répit et invitent à constamment évoluer pour suivre les tendances et rester dans le jeu, dit-il. «Notre santé économique dépend donc de notre capacité d’adaptation pour réagir très vite et rester compétitif. Pour cela, nous investissons dans la digitalisation, l’automatisation, le développement durable et, bien entendu, dans la for- mation de nos équipes.»
Éric Dorchies souligne par ailleurs qu’il faut composer avec les facteurs externes (coût du travail, tarifs douaniers, fret, taux de change, etc.) Aussi, le groupe doit poursuivre le dialogue constant avec les autorités et le gouvernement afin de préserver sa compétitivité face aux géants asiatiques.