« Nous sommes confrontés à l’EI 2.0 d’après la perte de son territoire »

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Chercheur en sciences politiques à Singapour, Bilveer Singh analyse le déploiement de l’organisation Etat islamique en Asie.

Par Brice Pedroletti Publié aujourd’hui à 16h42

Temps de Lecture 3 min.

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Bannières funéraires après l’attentat ayant touché l’église Saint-Antoine, à Colombo, au Sri Lanka. Le 26 avril 2019.
Bannières funéraires après l’attentat ayant touché l’église Saint-Antoine, à Colombo, au Sri Lanka. Le 26 avril 2019. THOMAS PETER / REUTERS

Bilveer Singh est chercheur au Centre of Excellence for National Security (CENS) de la S. Rajaratnam School of International Studies (RSIS) de Singapour, et professeur associé du département de sciences politiques de la National University of Singapore.

Les attentats à la bombe au Sri Lanka et, avant cela, les attaques sur l’île de Jolo, aux Philippines, en janvier, et à Surabaya, en Indonésie, l’an dernier, indiquent-elles que l’Asie du Sud et du Sud-Est est devenue un point chaud pour les opérations et la propagande de l’organisation Etat islamique (EI) ?

Honnêtement, l’EI s’est toujours concentré sur l’Asie du Sud et du Sud-Est, dès le premier jour, en partie parce que ce groupe est né d’une scission d’Al-Qaida, qui disposait jadis de relais étendus dans la région. Je ne pense pas que l’EI s’intéresse particulièrement à l’Asie du Sud et du Sud-Est en tant qu’alternative à ses opérations dans le monde entier, mais plutôt en complément de celles-ci : quand des opportunités se font jour, Daech en profite.

« On peut s’attendre à voir émerger beaucoup plus de théâtres d’opérations. »

Comme Al-Qaida avant lui, « l’université de la guerre » qui s’est déroulée en Irak et en Syrie lui fournit un réseau d’anciens élèves, et ceux-ci vont être appelés à participer à des attentats « de type Etat islamique ». Mais l’EI ayant été soutenu dans sa guerre au Moyen-Orient par davantage d’individus d’un plus grand nombre de pays qu’Al-Qaida, l’on peut s’attendre à voir émerger beaucoup plus de théâtres d’opérations. Actuellement, l’EI se concentre sur l’Afrique, l’Asie et, dans une certaine mesure, l’Europe. Tant qu’il y a des groupes rapidement disponibles, des griefs et des occasions d’agir, vous trouverez l’EI en action. Nous sommes confrontés à l’EI 2.0 d’après la perte de son califat.

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Y-a-t il des caractéristiques communes dans les opérations se réclamant de l’EI en Asie ?

L’EI a maîtrisé l’art de pousser les gens à attaquer et en mourir. Tant que des groupes et des individus sur le terrain sont prêts à agir, que le succès de son idéologie ne se dément pas, qu’il existe des griefs sur lesquels s’appuyer et que le moment est opportun, l’EI est susceptible d’agir, comme on a pu le voir dans le cas du Sri Lanka, des Philippines et de l’Indonésie.

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La propagation de l’idéologie salafiste – par le biais des investissements des pays du Golfe ou des envois de fonds effectués par les travailleurs migrants dans certains pays comme le Sri Lanka ou le Bangladesh – est-elle responsable des dérives jihadistes dans ces pays ?

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