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Dans le contentieux qui oppose Washington et Pékin, les hausses mutuelles de tarifs douaniers ne suffisent plus. Désormais, les flux touristiques et d’étudiants pourraient aussi être touchés. Des restrictions de circulation qui rappellent l’ère de la guerre froide, note le journaliste du « Monde » Jean-Michel Bezat dans sa chronique.
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Pertes & profits. Les touristes sont une arme. Les étudiants aussi. Et les personnes en général, dès qu’on limite leur libre circulation. Dans la guerre commerciale et technologique que les Etats-Unis et la Chine se livrent depuis des mois, les restrictions aux échanges de produits manufacturés à coups de hausses des tarifs douaniers ne suffisent plus. Pour protester contre le protectionnisme américain et l’exclusion de Huawei du marché américain des télécoms, Pékin a menacé, mardi 4 juin, de restreindre les flux touristiques. Rien de coercitif, en apparence, juste de sages conseils de prudence des autorités.
Tout est parti d’un communiqué du ministère de la culture et du tourisme relayé par les médias : « Récemment, des fusillades, des vols et des cambriolages se sont fréquemment produits aux Etats-Unis. » Juste au moment de la fusillade en Virginie, qui a fait 12 morts, le 31 mai. Pour sa part, le ministère des affaires étrangères a dénoncé « le harcèlement » dont certains Chinois auraient été victimes de la part des agences de sécurité. Le ton des autorités chinoises se veut alarmiste, et pourrait être le prélude à une limitation des visas.
Elles n’ont pas hésité à le faire ces dernières années : pour Hongkong, en 2014, lors du « mouvement des parapluies » en faveur de la démocratie ; pour la Corée du Sud, en 2017, après l’installation par Séoul d’un système américain de détection de missiles ; pour le Canada, fin 2018, après l’arrestation d’une dirigeante de Huawei (et fille de son fondateur) à Vancouver. L’objectif est clair, même si Pékin réagit par orgueil nationaliste plus que par volonté d’accroître la tension : priver les Etats-Unis d’une partie des 36 milliards de dollars (32 milliards d’euros) dépensés par ses trois millions de touristes.
Vers un nouveau rideau de fer ?
Les tensions politico-commerciales risquent de ralentir aussi le flux des étudiants vers les Etats-Unis. Le ministère chinois de l’éducation s’est plaint, lundi, d’importantes tracasseries sur les visas, et de contrôles très intrusifs, tout en reconnaissant que la situation des jeunes étudiants outre-Pacifique était pour l’instant encore « stable ». Jusqu’à quand ? Donald Trump dit vouloir réduire leur nombre. Et des élus républicains viennent de présenter au Congrès un projet de loi prévoyant de priver de visa chercheurs et étudiants liés à l’armée chinoise.
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