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Depuis 2006, le photographe néerlandais Otto Snoek arpente les rues des villes européennes les jours de fête. Les scènes de « Nation » racontent un peuple d’Europe aux nombreux traits communs. Un message d’ouverture à l’heure du Brexit et de la montée des souverainismes.
Qu’est-ce qu’être européen ? La question n’a pas fini de tarauder les 500 millions d’habitants de l’Union européenne (UE) qui s’apprêtent à voter, du 23 au 26 mai, pour renouveler leur Parlement. Otto Snoek est l’un d’entre eux et les images de son projet « Nation » illustrent parfaitement la devise que l’UE s’est choisie afin de contourner la question de son identité : « Unis dans la diversité ».
« Je suis convaincu qu’on peut ressentir l’idée de communauté face aux visages de ces foules, et les célébrations sont le meilleur moment pour capter ce phénomène. »
Le photographe néerlandais parcourt depuis des années les villes d’Europe – il en est à 45, dont 26 capitales de l’Union européenne – pour saisir les visages d’Européens lors de célébrations de rue. Souvent des fêtes nationales, comme le Jour de l’unité allemande, le 3 octobre, ou le 14-Juillet français, mais aussi des funérailles nationales, des victoires sportives ou des célébrations religieuses. « Aussi longtemps que la fierté des peuples pour leur propre nation affichée durant ces célébrations reste mesurée, cela profite à l’Union », affirme le photographe né en 1966. Ce qui peut sembler d’abord contradictoire ne l’est finalement pas tant que ça lorsqu’on observe ces Européens fêtant leur nation d’une façon assez similaire : avec des défilés, des badauds qui s’agglutinent, des costumes aux couleurs criardes… « Si vous voulez construire une identité européenne, il faut le faire avec les personnes qu’on voit dans ces images, estime le photographe. Tous ont leurs jours fériés spécifiques, mais cette variété typiquement européenne est aussi unique d’une certaine façon. » La fête de l’Europe, organisée chaque 9 mai, n’a jamais vraiment réussi à prendre sur le continent, aussi ne figure-t-elle pas dans ses clichés.
Otto Snoek a commencé à parcourir l’Union en 2006. En tant que photographe de rue, sa motivation était de profiter de ces rassemblements qui permettent « de réunir beaucoup de monde » dans l’espace public afin de raconter cette « Babylone » qu’est l’Europe. « Je suis convaincu qu’on peut ressentir l’idée de communauté face aux visages de ces foules, et les célébrations sont le meilleur moment pour capter ce phénomène », raconte celui qui a standardisé son travail en utilisant systématiquement le même appareil photo, au plus près de la foule, sans se cacher, et ne restant qu’un ou deux jours sur place.
Défense de l’identité européenne
Ces gens, pas toujours à leur avantage, prenant des photos depuis les trottoirs, dansant dans des fontaines avec des drapeaux, grimaçant sous l’effet de l’alcool, du vent ou des chants, sont finalement si proches les uns des autres qu’il n’est pas toujours facile de reconnaître spontanément le pays où ils résident. Il faut chercher quelques indices dans l’image pour savoir si l’on est à Malte, en Grèce ou en Finlande. Un jeu de pistes qui démontre que les différences sont loin d’être aussi visibles.
Son projet prend tout son sens à l’heure du Brexit et de la montée des mouvements souverainistes dans le monde. Le photographe n’a ainsi pas hésité à se rendre aussi dans les pays à la frontière de l’UE, comme la Russie, la Turquie ou l’Islande, pour constater que l’identité européenne délivre surtout un message d’ouverture. Une définition à rappeler à l’heure où les partis d’extrême droite du continent ont renoncé à demander la destruction de l’Union pour se présenter désormais comme les meilleurs défenseurs d’une identité européenne qui consisterait à ériger des barrières face au reste du monde.
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