le Xinjiang proteste contre un confinement trop sévère

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A l’entrée d’un complexe résidentiel le 28 juillet à Urumqi, dans la région autonome du Xinjiang.

Ces derniers jours, il était possible, malgré la censure, de lire sur les réseaux sociaux chinois des commentaires étonnamment critiques, comme « Pourquoi le formalisme est-il si fort ? Pourquoi certains comités de quartiers sont-ils à la fois si arrogants et fainéants ? », ou « L’épidémie est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Il était également possible de voir des photos montrant des portes d’appartement condamnées par du ruban adhésif. Sur une vidéo qui a largement circulé, on entend des occupants d’appartements crier de désespoir à leur fenêtre. Tous ces messages proviennent du Xinjiang.

Située dans le nord-ouest de la Chine aux frontières avec l’Asie centrale, cette immense province, qui a le statut de région autonome, où vivent 25 millions de personnes, fait depuis quelques années l’actualité en raison de la très sévère répression dont sont victimes les Ouïgours, qui sont turcophones et musulmans et constituent environ 50 % de la population. Mais, depuis juillet, c’est la gestion du Covid-19 par les autorités de la région autonome qui y est remise en question.

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Excessif et mortifère

Mi-juillet, plusieurs dizaines de personnes sont contaminées, notamment dans la capitale régionale, Urumqi. Les autorités s’y déclarent « en temps de guerre » et annoncent vouloir pratiquer 3,5 millions de tests dans la ville. Mais, un mois plus tard, la population chinoise han (c’est-à-dire l’ethnie majoritaire en Chine) – qui n’est pas dans le collimateur des autorités comme le sont les Ouïgours – n’en peut plus d’un confinement qui, au fil des semaines, est perçu comme excessif sur le plan sanitaire – il n’y a plus de nouveaux cas depuis une dizaine de jours – et mortifère sur le plan économique.

« Je suis allé voir mon père, malade, à Urumqi. J’ai été confiné vingt-cinq jours et, entre-temps, mon père est mort. Je vais être méchant, mais j’espère que les gens du comité de quartier vont connaître le même malheur », dénonce un internaute. « La nourriture qu’on nous livre est chère et pourrie », se plaint un autre. Les visites nocturnes des comités de quartier pour obliger la population à prendre des médicaments conformes à la médecine traditionnelle chinoise passent particulièrement mal. « Ouvre la porte, c’est le comité de quartier, prends ton traitement » est en passe de devenir un cri de ralliement des plaignants sur les réseaux sociaux chinois.

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Contrairement à Pékin, où, en juin, face à de nouveaux cas de coronavirus, la municipalité a mis en place une gestion de l’épidémie différente selon les quartiers, il semble qu’au Xinjiang les autorités aient choisi de soumettre la quasi-totalité de la région à un confinement global « à la Wuhanaise ». « Cela fait plus de trente jours qu’on est confinés, qu’il n’y a plus ni marchés, ni supermarchés, ni pharmacie, même dans des villes où il n’y a plus de cas confirmés et dans des zones à faible risque », témoigne un internaute. « Ma mère est partie de Urumqi à Yili. Cela fait quarante jours qu’elle ne peut pas sortir de chez elle. Or il n’y a pas de cas à Yili. Je suis déçu de notre gouvernement », renchérit un autre.

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