[ad_1]
Sous les cris et les protestations de milliers de manifestants réunis devant les fenêtres du Parlement, le premier ministre bulgare, Boïko Borissov, est parvenu à lancer, mercredi 2 septembre, sa très contestée procédure de changement de la Constitution. Après des heures de négociation avec différentes formations nationalistes et d’extrême droite qui soutiennent sa coalition, le Gerb (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie), le parti conservateur au pouvoir, a annoncé avoir obtenu 127 signatures de députés, soit sept de plus que la majorité absolue requise pour lancer l’examen du projet de texte. En cas d’échec, M. Borissov avait annoncé qu’il pourrait démissionner.
Il avait lancé l’idée de changer de Constitution vendredi 14 août, après des semaines de contestation contre la corruption dans les grandes villes. Réunissant de jeunes urbains pro-européens, proches du parti de centre droit Bulgarie démocratique, et des partisans du Parti socialiste, principale formation d’opposition, ces protestations demandent la démission de M. Borissov et du procureur général Ivan Geshev, accusés de ne pas lutter suffisamment contre les différents oligarques qui dominent, en coulisses, ce pays de sept millions d’habitants, toujours rongé par la corruption treize ans après son adhésion à l’Union européenne.
« Démission ! »
« Cette alliance est une première en trente ans, souligne le politiste Ognian Mintchev. D’habitude, les ex-communistes et les héritiers de la coalition démocratique sont très divisés. Mais là, ils se sont alliés pour faire tomber un pouvoir qu’ils estiment corrompus. » A la tête du pays de façon quasi continue depuis 2009, M. Borissov, un ancien karatéka, soigne sur la scène internationale son image de dirigeant conservateur responsable et pro-européen, ce qui lui garantit jusqu’ici le soutien des principales capitales européennes. Mais dans le même temps, ses opposants l’accusent de n’avoir rien fait en interne pour lutter contre le fléau de la corruption, notamment par comparaison avec le voisin roumain, qui a fait des progrès considérables pendant la même période.
En criant « démission ! » ou « mafia ! », les manifestants se sont violemment confrontés aux forces de l’ordre, mercredi, ce qui est rare dans le pays. Quarante-cinq personnes, dont vingt-sept policiers, ont été blessées et une trentaine de manifestants ont été arrêtés. Les protestataires occupent depuis mi-juillet plusieurs grands carrefours de Sofia donnant à cette mobilisation un petit air de « Nuit debout ».
Il vous reste 49.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
