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Après six mois d’enquête, le rapport appelle notamment la communauté internationale à mettre le prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman sous sanctions.
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Mise en cause du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman, appel à l’imposition de sanctions contre lui, demande d’ouverture d’une enquête internationale, révélation de détails macabres sur le déroulement des faits : le rapport de l’experte onusienne Agnès Callamard sur l’assassinat du journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi, éliminé le 2 octobre par des agents du royaume à Istanbul, est particulièrement embarrassant pour les autorités de Riyad.
Ce gros document, d’une centaine de pages, est l’aboutissement de six mois d’enquête et d’une centaine d’interviews, menées en Turquie, bien sûr, le lieu du crime, mais aussi à Washington, Paris, Londres, Bruxelles, Berlin et Ottawa. Ce travail a été conduit par Mme Callamard, ancienne experte d’Amnesty International, en sa qualité de rapporteure du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, et par son équipe, composée de trois autres personnes : Duarte Nuno Vieira, un expert légiste, Paul Johnston, un enquêteur criminel, et Helena Kennedy, spécialiste des droits de l’homme.
Le rapport conclut à la responsabilité de l’Arabie saoudite, en tant qu’Etat, dans l’assassinat de Jamal Khashoggi. Concernant le rôle exact de Mohamed Ben Salman, surnommé « MBS », l’homme fort de la couronne, considéré par la CIA comme le commanditaire du meurtre, le rapport n’apporte pas d’éléments nouveaux mais il conforte ces soupçons.
« Il existe des éléments de preuves crédibles justifiant une enquête supplémentaire sur la responsabilité individuelle des hauts responsables saoudiens, y compris celle du prince héritier. »
Injection létale
Célèbre signature de la presse saoudienne, en exil aux Etats-Unis, Jamal Khashoggi chroniquait la dérive autoritaire du dauphin saoudien dans les pages du Washington Post. Il a été tué dans le consulat saoudien d’Istanbul – où il était venu remplir des formalités administratives en vue d’un remariage – par un commando de quinze agents du royaume. Arrivés par avion de Riyad, ils lui ont administré une injection létale avant de démembrer son corps, qui n’a jamais été retrouvé.
Selon Riyad, l’opération a été conçue par des éléments incontrôlés, à l’insu de « MBS ». Une version qui a toujours laissé les observateurs étrangers sceptiques. Selon des fuites publiées l’automne dernier dans le New York Times, la centrale de renseignement américaine estime que l’opération n’a pas pu être menée sans l’aval du prince héritier, qui a la haute main sur les affaires de sécurité.
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