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La police russe a annoncé jeudi 27 août, une semaine après les faits, avoir lancé « des vérifications préliminaires » dans l’affaire Alexeï Navalny, victime probable d’un empoisonnement selon ses médecins allemands, piste écartée jusqu’ici en Russie.
La police des transports russe a lancé « des examens préliminaires liés à l’hospitalisation d’Alexeï Navalny le 20 août à Omsk », a annoncé dans un communiqué la branche sibérienne du ministère russe de l’intérieur, ajoutant que les lieux où il était passé ont été inspectés et « plus de cent objets qui peuvent avoir valeur de preuve » saisis. « La chambre d’hôtel dans laquelle il résidait » à Tomsk, ville où il aurait été empoisonné selon ses proches, a aussi été examinée et « les données des caméras de vidéosurveillance analysées », précise ce communiqué.
La représentante d’Alexeï Navalny dans la ville de Tomsk, d’où il a décollé le matin du 20 août, a confirmé avoir été interrogée par une enquêtrice de la police des transports le 25 août. « Pourquoi eux ? L’enquêtrice elle-même ne le savait pas, écrit Ksenia Fadeeva sur Facebook. Il n’y a aucune enquête criminelle, donc c’était une discussion plus qu’un interrogatoire. On m’a posé des questions sur la santé d’Alexeï, son mode de vie, ce qu’il a fait à Tomsk. (…) Tout donne le sentiment que les services de sécurité cherchent seulement à donner l’apparence d’un travail sur ce dossier. »
« Lancez donc une enquête criminelle »
Ces « vérifications préliminaires » ont un statut officiel, prévu par le code de procédure pénale, précise au Monde le juriste Kirill Koroteev. Elles sont menées pour savoir s’il y a lieu d’ouvrir une enquête. Le plus souvent, aucune enquête n’est ouverte, les policiers russes ouvrant généralement ce type de procédure quand ils savent qu’ils pourront la conclure. Selon le juriste, le fait que le qualificatif d’« hospitalisation » ait été retenu – outre l’enjeu politique de ne pas évoquer un « empoisonnement » – « permet de ne pas impliquer le comité d’enquête, qui doit se saisir en cas de tentative de meurtre ».
Réagissant à cette annonce, Ivan Jdanov, le directeur du Fonds de lutte contre la corruption d’Alexeï Navlany, a jugé « très étrange » que ces vérifications interviennent aussi tard. « Lancez donc une enquête criminelle », a-t-il écrit sur Twitter.
Alexeï Navalny, 44 ans, qui s’est fait un nom en dénonçant la corruption de l’élite russe et dans l’entourage de M. Poutine, a été admis en réanimation la semaine dernière dans un hôpital d’Omsk (Sibérie) après avoir fait un malaise dans un avion. Son entourage a immédiatement dénoncé un empoisonnement et bataillé pour un transfert médicalisé en Allemagne, soupçonnant les médecins russes de s’efforcer de camoufler le crime. Il a finalement été transféré à Berlin, où il est plongé dans un coma artificiel, dans un état grave, même si sa vie n’est pas en danger.
Les médecins allemands soignant l’opposant ont annoncé lundi qu’il avait été intoxiqué par « une substance du groupe des inhibiteurs de la cholinestérase », mais sans pouvoir préciser laquelle. Ces produits sont susceptibles d’être utilisés, à faible dose, contre la maladie d’Alzheimer. Mais en fonction du dosage, ils peuvent être très dangereux et produire aussi des agents neurotoxiques puissants, du type de l’agent innervant Novitchok.
Interview de Poutine
Le Kremlin s’est dit mercredi « en désaccord total » avec ces « formulations hâtives » : « Comment peut-on parler d’empoisonnement s’il n’y a pas de poison ? », a notamment déclaré le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov. M. Peskov, qui ne prononce jamais publiquement le nom de l’opposant, a toutefois affirmé que la Russie « avait clairement intérêt à ce que l’on comprenne ce qui a plongé dans le coma le patient soigné dans une clinique berlinoise ».
Berlin, Paris, Washington ou encore Londres ont tous demandé à Moscou d’enquêter sur cet empoisonnement supposé. Le président Vladimir Poutine doit s’exprimer jeudi à 14 heures locales (13 heures à Paris) dans une interview à la chaîne publique Rossiya-24. Annoncée de manière inhabituelle au dernier moment, cette interview devait concerner « les sujets les plus importants à l’ordre du jour », selon le porte-parole du Kremlin. L’empoisonnement du premier opposant russe n’y a pas été abordée.
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