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Le directeur général de l’ONG Ensemble contre la peine de mort, Raphaël Chenuil-Hazan, explique que l’Arabie saoudite, qui multiplie les exécutions de personnes issues des minorités chiites ou de milieux les plus vulnérables, présente le visage de la barbarie.
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Tribune. Après l’affaire Jamal Khashoggi [l’assassinat du journaliste saoudien à Istanbul en 2018], le royaume saoudien s’est retrouvé au pied du mur. Etre au ban des nations, ne plus regarder vers l’avenir et ne voir qu’impies, ennemis, opposants, dissidents, terroristes à abattre ou à éliminer, quel qu’en soit le prix. Une autre possibilité eut été le choix d’une certaine ouverture (peut-être progressive au début) mais réelle, sincère et visible.
Malheureusement ce ne fut pas le chemin choisi. Les spadassins du royaume ont beau porter partout la voix de Riyad, le temps du pouvoir pétrolier et monétaire prend fin. Hier, le secteur privé international se battait pour commercer avec l’Arabie saoudite quel qu’en soit le prix, aujourd’hui, il se bouche le nez, demain, il aura honte.
L’Arabie saoudite est devenue l’alliée objective de Daech. Ils partagent la même vision du monde fondée sur le rejet de l’altérité et de la liberté d’expression
J’ai, pour ma part, été (comme d’autres dirigeants d’ONG internationales) approché à plusieurs reprises par la diplomatie saoudienne. J’ai eu l’occasion de les rencontrer, notamment au sein de leur ambassade à Bruxelles en novembre 2018 pour aborder avec eux l’avenir, le dialogue et l’engagement de la politique du prince héritier Mohammed Ben Salman (MBS) en ce qui concerne l’application de la peine de mort. Ils me disaient que les choses avançaient, bougeaient dans un environnement tribal et ultra-conservateur qu’il fallait prendre en compte.
Je leur ai moult fois répondu qu’au-delà des incantations, il fallait des actes, des preuves, des symboles ; que cette bonne volonté affichée ne soit pas juste un élément d’un plan de communication bien huilé. Ma position a toujours été claire : la porte est toujours ouverte, tant est que vous vouliez l’entrouvrir !
Décapitations et crucifixion
Les exécutions massives de ces derniers jours (trente-six décapitations et une crucifixion le 23 avril et plus d’une centaine d’exécutions depuis le début de l’année 2019) ont fini de refermer cette porte à double tour. Le monde doit en prendre acte, mais la paralysie (ou l’hypocrisie) continue de régner au sein des nations et particulièrement à l’ONU à Genève ou à New York. L’Europe politique n’est pas assez forte pour porter cette disgrâce. Il en revient donc aux citoyens du monde de le faire savoir, de Paris à Casablanca, de Washington à Jakarta.
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