des « amazones » de Kadhafi aux « protocol girls » de l’ex-président gambien – JeuneAfrique.com

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Trois femmes accusent l’ex-président gambien de les avoir sexuellement agressées et dénoncent un véritable système de prédation sexuelle mis en place à la State House gambienne. Une affaire qui n’est pas sans rappeler le scandale des « amazones » de Mouammar Kadhafi, accusé d’avoir abusé de ces jeunes femmes présentées comme ses « gardes du corps ».


Huit ans après le scandale des « amazones » de Mouammar Kadhafi, qui avait éclaté à la chute de l’ancien homme fort de Tripoli, l’histoire semble bégayer, mais en Gambie, cette fois. Exilé en Guinée équatoriale depuis janvier 2017, l’ancien président de la Gambie Yahya Jammeh est rattrapé par des accusations de viol qu’il aurait commis pendant qu’il était au pouvoir, entre 1996 et 2017. Trois jeunes femmes gambiennes, dont une seule a accepté de témoigner à visage découvert, l’accusent aujourd’hui de les avoir abusé sexuellement, dans une enquête publiée par l’ONG Human Rights Watch le 26 juin.

Elles décrivent un système bien rodé dans lequel des cadres de l’ancien régime – et en particulier Jimbee Jammeh, la cousine de l’ancien président gambien, qui, selon l’ONG avait un rôle central dans ce système – étaient chargés de repérer des femmes pour qu’elle « rendent visite au chef d’État ou travaillent pour lui ». Selon les témoignages de ces fonctionnaires, l’ancien président abusait régulièrement de ces « protocol girls » dont il s’entourait et qu’il choisissait lors de ses sorties en public.

Briser l’omerta

« Yahya Jammeh a piégé de nombreuses femmes gambiennes, les traitant comme des choses. […] Mais le viol et l’agression sexuelle sont des crimes, et Jammeh n’est pas au dessus des lois », martèle Reed Brody, conseiller juridique à Human Rights Watch et directeur de l’enquête.

Pourtant, parmi les 700 dossiers accumulés par le récent Centre gambien pour les victimes de violations des droits de l’homme créée en 2017, le nom de Yahya Jammeh n’apparaît jamais. « Un silence qui duré trop longtemps », selon Toufah Jallow, qui, cinq ans après les faits, veut « faire tomber » l’ancien homme fort de Banjul.



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JeuneAfrique

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