[ad_1]
Ce dispositif légal de plus en plus répandu protège les entreprises de poursuites judiciaires par leurs salariés ou leurs clients.
Article réservé aux abonnés
Après avoir fait plier leur direction, des employés de Google tentent désormais de convaincre le Congrès américain. Jeudi 28 février, six d’entre eux étaient présents à Washington pour appuyer une proposition de loi visant à interdire le recours obligatoire à l’arbitrage. De plus en plus répandu aux Etats-Unis, ce dispositif légal protège les entreprises de poursuites judiciaires lancées par leurs salariés ou leurs clients.
« Plus personne ne devrait encore être privé de ses droits et faire face à l’injustice de ce système pipé, fait valoir le sénateur Richard Blumenthal, l’un des élus démocrates à l’origine du texte. Nous ne pouvons plus attendre que les entreprises se décident à faire ce qui est juste. » De son côté, la Chambre de commerce des Etats-Unis dénonce une loi qui va créer « une vague de “class actions” [actions en nom collectif] », qui « profitera principalement aux avocats ». Selon cette organisation représentant plus de trois millions d’entreprises, « l’arbitrage est plus simple, plus juste et plus rapide qu’un procès ».
L’arbitrage forcé n’est pas nouveau. « Depuis le début des années 2000, le pourcentage de salariés concernés a plus que doublé », observait Alexander Colvin, professeur au sein de l’université Cornell, dans une étude publiée en 2018. Selon ses estimations, 56 % des travailleurs ne peuvent pas poursuivre leur employeur. Et la proportion dépasse les 65 % dans les entreprises de plus de 1 000 salariés. De nombreuses banques incluent une telle clause pour accorder une carte de crédit ou un prêt. Les opérateurs télécoms ou encore Uber y ont également recours avec leurs clients.
« Le combat est encore loin d’être fini »
Pour les sociétés, l’arbitrage est très favorable. D’après M. Colvin, les employés ne remportent que 21 % des procédures, contre un pourcentage de victoires de 36 % lorsque l’affaire est portée devant un tribunal. En outre, le montant des dommages et intérêts est en moyenne quatre fois inférieur. Les arbitrages forcés sont aussi mauvais pour les consommateurs : seulement 9 % de leurs procédures sont gagnantes, note Heidi Shierholz, de l’Economic Policy Institute. Et les sommes en jeu sont bien moins élevées que lors d’une « class action ». Autre avantage pour les entreprises : ces médiations sont le plus souvent assorties d’une clause de confidentialité, ce qui évite un impact négatif sur leur image.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
