En Bavière, la peur de la fin de l’industrie automobile

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L’équipementier automobile Mann+Hummel a apporté la prospérité à Marklkofen. Mais la robotisation et les attaques contre le diesel menacent l’emploi.

Publié aujourd’hui à 17h38, mis à jour à 17h44

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Une chaîne de fabrication de Volkswagen, à Wolfsburg, en Allemagne, en mars.
Une chaîne de fabrication de Volkswagen, à Wolfsburg, en Allemagne, en mars. JOHN MACDOUGALL / AFP

Pour comprendre pourquoi Michael Nussbaumer et beaucoup d’autres, à Marklkofen, sont à la fois tellement heureux et en proie à une certaine inquiétude, il suffit de quitter cette joyeuse localité au centre de laquelle se dressent bien entendu une église et un arbre de mai. Une ou deux minutes plus tard – Marklokofen n’est pas bien grand – on ne voit plus que des champs, des forêts, quelques fermes, la Vils qui coule au milieu.

Le premier colza est en pleine floraison, le jaune rayonne de partout. Ici, à une bonne centaine de kilomètres au nord-est de Munich, dans le sud-ouest de l’Allemagne, la Bavière a très longtemps été une terre exclusivement agricole. Les revenus étaient maigres, la capitale régionale éloignée et l’hiver, entre 30 et 40 % des habitants pointaient au chômage.

Jusqu’à ce que la voiture arrive, ou plus exactement l’équipementier automobile Mann + Hummel, et avec lui la prospérité. Le groupe souabe s’est installé ici au début des années 1960. Les gens de Marklkofen sont particulièrement travailleurs et ne demandaient pas de gros salaires. Une success story, en tout cas, pour les deux parties : 3 600 personnes vivent aujourd’hui dans la commune et Mann + Hummel fournit 3 000 emplois au salaire conventionné. Par exemple à l’électronicien Michael Nussbaumer, ainsi qu’à la moitié de ses amis, son père, sa mère et son frère.

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« C’est vrai, l’entreprise domine la région, et tout le monde apprécie cette situation », dit ce pompier volontaire de 28 ans, organisateur bénévole d’un festival de musique en plein air et vice-président du conseil d’entreprise. Une étude de la fondation Friedrich-Ebert, proche du Parti social-démocrate (SPD), qualifie le canton, Dingolfing-Landau, de « milieu solide de classes moyennes ».

Carnet de commandes rempli

Le maire, Peter Eisgruber-Rauscher (Union chrétienne-sociale, CSU, conservateur), parle quant à lui d’une « région en ascension » et exprime son « infinie gratitude » envers ce grand pourvoyeur d’emplois : le taux de chômage local est de 2 %. Mais le maire dit qu’il a aussi « un peu le ventre serré ». Car une question majeure préoccupe les esprits : cela peut-il continuer à une époque où le travail et les produits se transforment ? « Je sais très bien que les gens sont tous nerveux », confie M. Eisgruber-Rauscher.

Au portail de l’entreprise, les camions passent dans un bruit de tonnerre, apportent des matériaux et remportent des marchandises qui partent pour le monde entier. « Le carnet de commandes est bon, dit M. Nussbaumer en servant du café noir dans la salle de réunion, mais nous sentons le changement. » Sur deux fronts : « Celui des produits et celui de la numérisation. »

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