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Selon l’expression française, on dit « séparer le bon grain de l’ivraie ». Mais, ici dans la ténébreuse affaire des #BritamPapers, on peut se demander « Ki vre, ki fos », ou encore « Ki sanela kone ? », par rapport à deux versions différentes du procès-verbal de la réunion du 18 novembre 2015, tenue à Nairobi, Kenya, concernant la vente des actions de Britam.
Effectivement, compte tenu de l’épais mystère entourant la réunion pré-Nairobi à Maurice du 14 novembre 2015, tenue entre l’ex-ministre Roshi Bhadain et Peter Munga – https://bit.ly/3gcUsjI -, la Commission a eu à faire face à un autre mystère, notamment l’existence de deux versions du procès-verbal de la réunion du 18 novembre 2015 (voir illustrations). Comment déterminer le vrai du faux ?

Cela n’a pas vraiment été difficile même si les deux documents sont plus ou moins identiques. Sauf que sur un document (Version 2), aucune mention de l’offre de Rs 4,3 milliards n’y figure. Notamment celle faite par MMI Holdings et sur laquelle les Kenyans étaient d’accord de s’aligner.
Par contre, sur le deuxième document (version 1), une telle offre existe bel et bien. La copie du procès-verbal soumise par le Chef de cabinet du ministère des Finances, M. Lutchmeeparsad, mentionne en effet que les actionnaires de Britam Kenya étaient d’accord pour pacheter les actions « at the same valuation as MMI has offered, but they wanted a longer payment period ». Ce document, note-t-on, avait été déposé au tout début des travaux de la Commission par M. Lutchmeeparsad. Une copie identique avait été produite par feu Sir Anerood Jugnauth également.
En revanche, le document (version 2) utilisé par l’ex-ministre Bhadain et soumise par son équipe à la Commission d’enquête mentionne que les actionnaires de Britam Kenya étaient d’accord pour acheter les actions ‘at a mutually acceptable valuation’, but they wanted a longer payment period ».

Au terme de son enquête, la commission précise que c’est le conseiller politique de l’ancien ministre Roshi Bhadain, à savoir Akhilesh Deerpalsingh, qui a soumis le document « falsifié » ; lequel l’ex-ministre Bhadain a utilisé pour faire valoir qu’il n’y avait jamais eu d’offre de Rs 4,3 milliards par les Kenyans lors de la réunion de Nairobi.
Selon l’explication donnée par le conseiller Deerpalsing, il aurait reçu le document 2 d’Afsar Ebrahim de BDO. De ce fait, la Commission ne manque pas de mentionner également le « silence éloquent » que M. Ramtoola a gardé un sur la version 2 par rapport à sa participation à la réunion de Nairobi.
En conséquence, la question se pose : comment expliquer que l’ex-ministre Roshi Bhadain et son conseiller, Akhilesh Deerpalsing, peuvent-ils être en possession d’un tel document et soutenir qu’il n’y avait pas d’offre de Rs 4,3 milliards, alors qu’ils n’avaient pas participé à la réunion du 18 novembre 2015 à Nairobi ? Comment peuvent-ils remettre en question la version de M. Lutchmeeparsad, qui a soumis un document officiel à la commission, et avait de plus participé à la réunion du 18 novembre à Nairobi ?
#BritamPapers : Falsification confirmée
À la lumière des faits évoqués plus haut, la Commission estime que le procès-verbal produit et invoqué par l’ex-ministre Bhadain et son équipe a été falsifié sur le plan matériel.
La Commission mentionne que les éléments peuvent être corroborés et que les preuves orales et documentées démontrent que l’accord Rs 4,3 milliards avec les Kenyans a bel et bien eu lieu. « They agreed after a 15-minute exchange to match the price offered by MMI Holdings. The Notes of meeting were given to Mr Lutchmeeparsad to bring back home to the Ministry of Finance », souligne-t-elle.
Il est également indiqué que la version 1 a été produite au tout début de la séance de la Commission. La version 2 a été déposée plus tard, bien après que la Commission eut démarré ses travaux. Evidemment, l’auteur matériel de la falsification et ses complices avaient déjà vu où la chaussure pinçait ou pincerait.

« There is no perfect crime… »
Voici comment la Commission d’enquête a détecté des anomalies entre les deux documents : « There is no perfect crime. Version 1 is its own witness to the forgery. We have two copies of Version 1. Both contain a common typo just one tiny missing figure in the whole text of 364 words. On the other hand, Version 2 has that tiny missing figure in that one-page text corrected. The typo is the figure “1” in “18/11/205” corrected to “18/11/2015.” The corrected typo is patent in the version relied upon by ex-Minister Bhadain and his team and produced to us after the Commission started its hearing. That should settle the issue of which version is true and which is fake. Obviously, it must not have occurred to the forger/s that the one missing “1” will give him/them away », fait remarquer la Commission Domah.
Nous vous donnons rendez-vous demain matin à 8h30 pour prendre connaissance d’un autre chapitre de #BritamPapers.
À lire aussi :
• #BritamPapers : Rencontre entre Bhadain et le milliardaire, Peter Munga : Que s’est-il passé le 14 novembre 2015 ? >> https://tinyurl.com/48h5bk65
• #Britamgate – Et si Bhadain faisait partie du gouvernement… Qu’auraient-ils débité ? >> https://tinyurl.com/mcxdy2f5
• Integrity Reporting Board : Qui avait recommandé Bhooshan Domah en 2015 ? >> https://tinyurl.com/8npwjddk
#Britampapers – « Ki vre, ki fos ? » Qui a faussé le procès-verbal du 18 novembre 2015 ?
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