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Une explosion devant une école pour filles à Kaboul a fait moins 30 morts et 52 blessés, dont plusieurs élèves, ainsi que l’a annoncé le ministère de l’intérieur afghan, samedi 8 mai. Une attaque qui intervient au moment où le ramadan touche à sa fin, et que les forces étrangères accélèrent leur retrait, laissant derrière elles un pays déchiré par 20 ans de conflit.
L’explosion s’est produite dans le quartier de Dasht-e-Barchi, dans l’ouest de la capitale afghane, au moment où les habitants faisaient leurs courses de l’Aïd-el-Fitr, une fête du calendrier islamique qui la semaine prochaine marquera la fin du mois de jeûne du ramadan.
« J’ai vu des corps ensanglantés dans une nuée de fumée et de poussière, alors que certains des blessés criaient et souffraient », a déclaré à l’AFP Reza, qui a échappé à l’explosion. « J’ai vu une femme chercher entre les corps en appelant sa fille », a-t-elle ajouté. « A ce moment-là, elle a trouvé un sac de sa fille ensanglanté et elle s’est effondrée ». Reza a ajouté que la plupart des victimes étaient des adolescentes qui venaient de quitter leur école.
Les talibans nient leur implication
La mission de l’Union Européenne en Afghanistan a fustigé cet « attentat ». « S’en prendre à des élèves d’une école primaire dans une école pour filles, fait de cet attentat une attaque contre l’avenir de l’Afghanistan », a déclaré la mission de l’UE sur Twitter. « Contre des jeunes gens déterminés à améliorer le sort de leur pays ». La mission d’assistance des Etats-Unis en Afghanistan (UNAMA) a exprimé son « profond dégoût » après l’explosion.
Une enquête pour « attaque terroriste » a été ouverte, a déclaré le porte-parole adjoint du ministère de l’intérieur, Hamid Roshan. « Les gens sur place sont furieux ; ils s’en sont pris aux ambulanciers », a déploré de son côté le porte-parole du ministère de la santé, Ghulam Dastagir Nazari.
L’attentat n’a pas été revendiqué à ce stade et les talibans ont nié y être impliqués. Il a eu lieu dans un quartier peuplé majoritairement par des chiites hazaras, souvent pris pour cible par des militants islamistes sunnites.
Retrait américain
En mai 2020, un groupe d’hommes armés avaient attaqué en plein jour une maternité soutenue par Médécins Sans Frontières, tuant 25 personnes, dont 16 mères et des nouveaux-nés. MSF avait décidé par la suite de quitter ce projet. Cet attentat n’a jamais été revendiqué, mais le président afghan Ashraf Ghani avait accusé les talibans et le groupe Etat islamique.
Le 24 octobre, un homme s’était fait sauter dans un centre de cours particuliers dans le même quartier, tuant 18 personnes dont des étudiants. Cet attentat n’a pas davantage été revendiqué.
Cette explosion intervient alors que les Etats-Unis et l’Europe ont appelé, vendredi, à une reprise « immédiate » et « sans condition préalable » des négociations en Afghanistan, accusant les talibans de faire régner la violence durant le retrait des forces étrangères et de bloquer le processus de paix.
Les talibans, chassés du pouvoir fin 2001 par une intervention américaine, ont récemment intensifié leurs attaques à travers le pays, selon les autorités afghanes. Vingt ans après leur déploiement, à la suite des attentats du 11 septembre 2001, survenus sur leur sol, les Etats-Unis ont entrepris de retirer leurs forces d’Afghanistan.
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