[Société] Edito – On achève bien les chômeurs

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On s’est permis de paraphraser le titre de l’excellent film de Sydney Pollack en y remplaçant juste le mot “chevaux” par “chômeurs”. Pourtant ce film, ode métaphorique au capitalisme avec un grand C, se déroulant pendant la grande dépression aux Etats-Unis soulève quelques similitudes avec la triste époque que nous vivons.

 

On ne va pas refaire un cours d’histoire, mais ce qui se trame aujourd’hui en France, et qui va bien évidemment concerner La Réunion, est particulièrement catastrophique. Ça se passe du côté de la réforme de l’assurance chômage. La dernière étude réalisée par l’Unedic, pour le compte de la CGT, est tout simplement explosive.

 

Alors que notre pays est touché de plein fouet par la crise sanitaire, l’économie vacille et l’emploi n’est maintenu que par l’artifice des mesures de soutien mises en place par l’Etat, le gouvernement n’a rien trouvé de mieux que de passer à marche forcée sa réforme – si décriée – de l’assurance chômage. On ne va pas se mentir, si les chiffres sont encore “encourageants” selon les dernières statistiques de Pôle emploi, les prévisions sont plutôt pessimistes dans les prochains mois. Un non-sens en cette période trouble. Et cette réforme aura des effets catastrophiques sur bon nombre de demandeurs d’emploi.

 

Des allocations divisées par 50

 

Plusieurs journaux (Médiapart et Les Echos) ont publié les conclusions édifiantes de cette étude pour les futurs chômeurs. La réforme va s’attaquer au SJR ou salaire journalier de référence qui permet de fixer montant des allocations des demandeurs d’emplois. Là où ça change, c’est sur son calcul. Et le nouveau mode appliqué dès le 1er juillet a de quoi faire peur.

 

Il suffira pour un futur demandeur d’emploi d’avoir “malheureusement” travaillé en enchaînant des CDD et autres contrats d’intérim, cumulant période d’activité et de chômage, pour voir ses allocations être divisées par 50 dans certains cas ! Vous lisez bien. Selon les calculs de l’Unedic, qui s’appuie sur des exemples précis, à salaire égal l’indemnisation pourra être différente en fonction des périodes travaillées et chômées. Pas une nouveauté, puisque la réforme laissait entrevoir cet état de fait, mais l’indemnisation pourra être tellement basse qu’elle a de quoi laisser pantois n’importe qui.

 

Deux exemples : Florent et Elodie qui ont touché tous les deux 2 800 euros. Le premier a travaillé non-stop pendant 10 mois. Il a droit à 1492 euros par mois. La seconde a touché le même salaire mais ses périodes de travail ont été fractionnées de cette manière : 5 mois d’emploi, 10 mois de chômage et 5 mois d’emploi. Sauf qu’avec la réforme, elle touchera 31,63 euros… contre 1080 euros auparavant ! Une réforme qui devrait pénaliser plus de 2 millions de demandeurs d’emploi qui ouvriront un droit entre juillet 2021 et juin 2022 selon les projections de l’Unedic. 

 

Ici ce ne sont pas les chevaux que l’on achève, mais bien les chômeurs, doubles victimes de la crise sanitaire et d’une vision purement budgétaire à l’heure où le gouvernement et Macron s’obligent à “réformer” pour faire des économies à tous les étages… 

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clicanoo

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