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Lorsque les Russes ont « conseillé » à l’ambassadeur des Etats-Unis à Moscou, John Sullivan, de rentrer à Washington, les Américains ont commencé par faire savoir qu’il n’en était pas question. « Scoop : l’ambassadeur américain résiste à la pression du Kremlin pour qu’il quitte la Russie », annonçait, mardi 20 avril, le site Axios. Quelques heures plus tard, le même site publie un nouvel article : « L’ambassadeur américain en Russie rentrera brièvement chez lui (source : département d’Etat) ».
Dans un communiqué, John Sullivan, nommé sous Donald Trump, explique qu’il est « important pour [lui] de parler avec directement avec [ses] collègues de l’administration Biden, à Washington, de l’état des relations bilatérales entre la Russie et les Etats-Unis ». « Je reviendrai à Moscou avant toute rencontre entre les présidents Biden et Poutine », précise-t-il encore. Pour ne pas risquer l’escalade et/ou l’humiliation – la dernière fois que leur ambassadeur avait été déclaré persona non grata, c’était en 1952, sous Staline –, les Etats-Unis ont choisi de rappeler eux-mêmes leur représentant.
De fait, les deux puissances de la guerre froide n’ont plus d’ambassadeurs en poste. Moscou a rappelé le sien, Anatoli Antonov, « pour consultation », le 17 mars, après que le président Joe Biden eut traité, à la télévision, le président Vladimir Poutine de « tueur » et assuré que ce dernier « paierait le prix » de la tentative alléguée d’interférence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2020.
Le « prix » est vite tombé : jeudi 15 avril, les Américains ont annoncé l’expulsion de dix diplomates, événement compris dans un paquet de sanctions contre la Russie, qui a riposté en faisant de même. Une escalade qui a lieu alors que Moscou masse des troupes à la frontière ukrainienne et que la santé de l’opposant Alexeï Navalny suscite les plus vives inquiétudes. « Nous avons fait savoir [aux Russes] qu’il y aura des conséquences si M. Navalny décède », a notamment mis en garde sur CNN le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan.
Désescalade américaine
Mais si, du côté du Kremlin, on parle de « situation extrêmement tendue », l’administration américaine semble, en réalité, jouer la désescalade. M. Biden a certes pris des sanctions, mais il en avait prévenu deux jours plus tôt Vladimir Poutine lors d’une conversation téléphonique et lui avait proposé une rencontre dans un pays tiers. M. Biden avait qualifié la discussion de « sincère et respectueuse » : « J’ai été clair avec le président Poutine sur le fait que nous aurions pu aller plus loin, mais que j’ai choisi de ne pas le faire. J’ai choisi d’être proportionné. Les Etats-Unis ne cherchent pas à lancer un nouveau cycle d’escalade et de conflits avec la Russie. Nous voulons une relation stable et prévisible. »
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