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Santé. Six mois après le lancement de l’expérimentation du cannabis médical, les recherches avancent. La fin de l’expérimentation est prévue pour 2022. Pour le moment 3 000 patients sont concernés en métropole et à La Réunion.
Ce mardi était célébrée la journée internationale du cannabis. À la fois un jour, le 20 avril, et une heure 16h20, cette célébration rassemble chaque année de nombreuses personnes dans plusieurs grandes villes du monde entier, invitées à fumer en public, afin de lutter contre sa prohibition.
L’usage du cannabis peut aussi être thérapeutique dans le but de “soulager la souffrance de certains patients sur l’insuffisance de traitement classique”, affirme Sébastien Bénard, fondateur et président de la start-up CBR, qui participe à la mise en place du projet sur le cannabis médical. L’objectif premier est alors d’évaluer le dispositif d’accès à cette nouvelle forme de traitement.
Cette expérimentation, lancée depuis six mois maintenant reste extrêmement encadrée par les professionnels de santé. Elle regroupe pour une période de deux ans 3 000 patients sur l’ensemble du territoire français, en métropole comme en Outre-mer. Pas question d’espérer une ordonnance dans un but récréatif donc, il sera prescrit seulement sous forme de gélule, d’huile ou de fleurs séchées à inhaler par vaporisation.
Les tests s’effectuent aux côtés d’organismes de santé reconnus, dont les CHU Nord et Sud de La Réunion. Le centre anti-douleur du CHU de Saint-Pierre est aussi engagé dans ce dispositif. Cinq pathologies graves sont concernées : les patients souffrants de certaines formes d’épilepsies réfractaires aux formes de traitements médicamenteuses, de douleurs neuro-pathologiques, de schizophrénie, d’effets secondaires de la chimiothérapie, de certaines douleurs liées à la sclérose en plaques ou pour les personnes placées en soins palliatifs.
“C’est à destination de personnes pour qui les traitements classiques ne font pas ou plus effet”, note le président de la start-up. En fonction des pathologies, le traitement peut différer. “Si un patient est atteint de très grandes douleurs, il faudra lui prescrire des molécules de THC majoritairement. En revanche, face à des maladies neurologiques ou de schizophrénie, le traitement le plus adapté sera le CBD.”
Il est également possible que les vertus thérapeutiques de cette plante puissent être utilisées contre les formes graves de la Covid-19 sur le long terme. “Il y a plusieurs études qui voient le jour, mais on n’a pas assez de recul pour affirmer que le cannabis médical pourrait soigner les formes graves de l’épidémie actuelle”, tempère toutefois Sébastien Bénard
Faire évoluer le regard de la société
À l’heure actuelle, il est encore trop tôt pour faire un premier bilan de l’étude. “C’est surtout un travail de logistique qui a été effectué par les hôpitaux, passant par la formation des médecins. Quelle plante pour quel type de pathologie…”, explique Sébastien Bénard, ajoutant que “les chercheurs ont aussi recruté les patients et effectué les ordonnances pour qu’ils puissent bénéficier d’un traitement adapté”. Pour le président de CBR, il est temps de faire évoluer le regard sur le cannabis, dont l’usage thérapeutique “ne peut être fait que sous prescription médicale”.
Selon l’agence nationale de sécurité du médicament la composition des produits est maitrisée. La prescription de ces médicaments sera réservée à des spécialistes hospitaliers seulement. C’est aux praticiens que revient la responsabilité de sélectionner les patients et de les initier.
Julia Blachon
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