En Allemagne, Armin Laschet en bonne voie pour conduire la campagne à droite

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Armin Laschet, chef du gouvernement régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et président de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), s’entretient avec des journalistes après des réunions au siège de la CDU à Berlin, le 19 avril 2021.

Le résultat est tombé un peu après minuit, mardi 20 avril. Au terme d’une réunion de plus de six heures, le comité exécutif de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) a décidé de soutenir son président, Armin Laschet, comme candidat à la succession d’Angela Merkel à la chancellerie. Quelques heures plus tôt, le président de l’Union chrétienne-sociale (CSU) bavaroise, Markus Söder, lui aussi candidat à la candidature, avait déclaré qu’il se rangerait à la décision de la CDU.

A cinq mois des élections législatives du 26 septembre, les conservateurs allemands ont donc enfin un candidat. Mais dans ce rôle, Armin Laschet part avec un gros handicap. Dans son propre parti, plusieurs poids lourds souhaitaient en effet que Markus Söder, beaucoup plus populaire, soit leur chef de file pour la campagne à venir. Lors du vote organisé dans la nuit de lundi à mardi, neuf membres du comité exécutif de la CDU ont ainsi voté pour le dirigeant bavarois, tandis que six se sont abstenus. Avec 31 voix en faveur de sa candidature, Armin Laschet l’a certes emporté, mais sa victoire est tout sauf un plébiscite.

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Un élément explique pourquoi le président de la CDU a eu tant de mal à s’imposer : les enquêtes d’opinion. D’après le dernier baromètre ARD-Deutschlandtrend, publié le 15 avril, seuls 17 % des électeurs de la CDU-CSU le considèrent comme le bon candidat pour mener la bataille des législatives, alors qu’ils sont 72 % de cet avis à propos de Markus Söder. Un autre sondage, réalisé par l’institut INSA et paru dans le quotidien Bild, dimanche, a donné une idée des conséquences potentielles de leurs différences de popularité sur les intentions de vote : selon cette étude, la CDU-CSU obtiendrait 38 % avec Markus Söder comme tête d’affiche, mais seulement 27 % avec Armin Laschet. Aux législatives de 2017, les conservateurs avaient recueilli 32,9 % des voix.

Un défi considérable

Dans ce contexte, plusieurs dirigeants de la CDU ont pris leurs distances avec leur président. Y compris parmi ceux qui partagent son positionnement centriste et modéré et sont a priori moins proches du chef de la CSU bavaroise, issu d’une droite plus conservatrice et plus autoritaire. A l’instar du ministre de l’économie, Peter Altmaier. Ces derniers jours, ce fidèle d’entre les fidèles de Mme Merkel a déclaré à plusieurs reprises que la désignation du candidat à la chancellerie devait répondre aux préférences de la « base », ce qui a été compris par tout le monde comme un désaveu pour Armin Laschet et un soutien implicite à Markus Söder.

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