À Mossoul, la reconstruction de la mosquée Al-Nouri fait débat

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Les images de ce joyau du XIIe siècle détruit à l’explosif avaient fait le tour du monde. La mosquée Al-Nouri, avec son célèbre minaret baptisé Al-Hadba (« la Bossue »), réduite en cendres en juin 2017 par les djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI), dans la ville de Mossoul, dans le nord de l’Irak, a désormais son plan de reconstruction, dévoilé jeudi 15 avril par l’Unesco. Les travaux doivent commencer en décembre 2021 et durer au moins jusqu’à 2030.

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L’organisation onusienne, qui chapeaute la reconstruction de ce symbole de la vieille ville de Mossoul, reprise des mains des djihadistes en juillet 2017, avait annoncé un grand concours international d’architecture en novembre 2020. « Un signal fort de résilience et d’espoir, avait alors déclaré la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay. Comme un premier pas vers la cohésion sociale et la réconciliation de l’Irak post-conflit. » Un vœu pieu. Le projet retenu, celui d’une équipe d’architectes égyptiens, a déjà ses détracteurs, qui le jugent « trop moderne ».

Al-Hadba gardera bien la forme penchée qui a fait sa renommée à travers les siècles, conformément au choix des Mossouliotes interrogés lors d’une consultation, menée par l’université de Mossoul, sur le style du futur minaret. La salle de prière de la mosquée sera, elle aussi, reconstruite « quasiment à l’identique », promet Salah El Din Samir Hareedy, à la tête de l’équipe d’architectes sélectionnée par le jury. « Seuls des aménagements mineurs seront pratiqués sur la mosquée pour l’agrandir, confirme cet architecte d’Alexandrie. C’était la condition sine qua non pour participer au concours. Il ne devrait pas y avoir d’impact visuel majeur. »

« Centre de civilisation »

Ce n’est pas le cas des espaces qui entourent la mosquée, au centre des critiques. Un alignement de bâtiments en cubes et de jardins dessinés à la règle, d’après les premières images rendues publiques par l’Unesco, dans un style contemporain, éloigné des canons architecturaux d’une vieille ville islamique. « Toute la philosophie de notre projet repose sur l’idée qu’Al-Nouri ne doit plus seulement être un bâtiment religieux. Nous en ferons un centre de civilisation pour Mossoul et pour toute l’Irak, décrit M. Hareedy, joint par téléphone. Un endroit pour réunir la société irakienne, avec une école d’art et des évènements culturels. »

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« C’est une opportunité que nous n’avons d’autre choix que de saisir », juge, enthousiaste, Omar Mohammed, connu pour avoir tenu le blog Mosul Eye durant l’occupation de Mossoul par l’EI. « Avec ce projet, les prix de l’immobilier autour de la mosquée vaudront deux fois plus chers, ça va relancer toute la ville, espère l’historien, par ailleurs consultant de l’Unesco pour la reconstruction en cours. Bientôt la grandeur de Mossoul sera restaurée, ce ne sera plus seulement une petite ville, mais un centre qui compte pour l’avenir. »

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