Les rebelles karen se préparent à de nouvelles offensives de l’armée birmane

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Padaw Latun, numéro cinq de l’Union nationale karen (KNU) au QG de l’organisation, à Lay Wah, dans l’Etat de Karen (Birmanie), à la frontière avec la frontière thaïlandaise, le 11 avril.

Au premier coup d’œil, le quartier général des guérilleros de l’Union nationale karen (KNU) a des allures de no man’s land parsemé de baraques de bois éparpillées sur un territoire étriqué que longe la frontière avec la Thaïlande. Routes de poussière, terrain d’entraînement, maisons en dur pour les cadres : impression d’un milieu de nulle part qui ne ressemble en rien à l’idée que l’on se fait de la « capitale » politique et militaire de la plus ancienne des guérillas de Birmanie – l’une des plus puissantes, aussi.

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Deux mois et demi après le coup d’Etat du 1er février en Birmanie, la KNU est un groupe armé sous pression : faisant suite aux jours de bombardements aériens qu’ont essuyés, fin mars, les populations d’un district contrôlé par la « brigade 5 » de la branche militaire de l’organisation (l’Armée karen de libération nationale, ou KNLA), la direction insurgée adopte un profil bas. Elle s’inquiète de la puissance de frappe de l’aviation birmane : une vingtaine de personnes sont mortes sous les bombes. C’est la première fois en vingt ans que l’armée birmane utilise ses forces aériennes dans sa lutte contre la KNU.

Pas question, donc, pour les chefs karen de laisser des journalistes croiser des combattants en goguette – et en uniforme – se promenant dans le QG ; pas question d’accorder l’autorisation d’assister à des entraînements militaires : l’heure est au verrouillage. A tout prix, il faut éviter les provocations alors que le cessez-le-feu signé en 2015 avec le gouvernement birman de l’époque est définitivement rompu.

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La plus vieille guérilla du monde

Tandis que se dessine l’émergence d’un dialogue entre la demi-douzaine de guérillas d’importance – au sein d’un paysage insurrectionnel qui a été jusqu’à en compter une vingtaine dans tout le pays –, il est temps, comme l’affirme le « brigadier » Tamla Thaw, responsable des opérations militaires de la KNLA (5 000 combattants), « de définir une nouvelle stratégie » face à l’armée des putschistes. Ce haut gradé est venu répondre aux questions du Monde en tenue décontractée : chemise manches courtes vert pâle et short kaki multipoche.

La lutte de la KNU contre le gouvernement central de Birmanie est presque aussi ancienne que la Birmanie indépendante : celle-ci fut proclamée le 4 janvier 1948 et, un an plus tard, mois pour mois, les rebelles karen étaient aux portes de Rangoun, alors capitale de l’« Union de Birmanie ». Les responsables politiques de cette ethnie de l’est du pays n’avaient pu conclure un accord à propos du degré d’autonomie que le nouveau pouvoir serait prêt à leur accorder. Les pourparlers avec un gouvernement cependant démocratique – l’un des rares dans l’histoire du pays – ayant échoué, ce fut le début d’un long conflit : la KNU est auréolée du titre de plus vieille guérilla du monde.

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