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David Cameron est déjà l’homme par qui le Brexit est arrivé. Il risque de laisser aussi la mémoire d’un premier ministre (2010-2016) peu regardant sur les questions d’éthique. La polémique ne cesse d’enfler au Royaume-Uni, après les révélations du Financial Times et du Sunday Times sur les relations très intéressées qu’a entretenues l’ex-dirigeant avec le financier Lex Greensill, dont la société, Greensill Capital, vient de se déclarer en faillite – mettant en péril des milliers d’emplois dans l’acier européen.
Il est apparu que M. Cameron a donné, à partir de 2011, en toute opacité, un accès sans réserve à Downing Street à M. Greensill, qui venait de créer un business aussi prometteur que risqué, proposant des financements anticipés aux entreprises en attente d’être payées pour leurs contrats. Au plus près de l’exécutif britannique, M. Greensill a planché sur un montage que voulait mettre en place l’Etat britannique pour accélérer les remboursements du système de santé (NHS) aux pharmacies du pays. Quand ce schéma a été prêt, c’est Greensill Capital qui en a récupéré la gestion.
Soupçons de « copinage » autour des conservateurs
En 2018, deux ans après avoir quitté Downing Street dans la foulée du référendum sur l’appartenance à l’Union européenne, M. Cameron a rejoint Greenfill Capital comme conseiller spécial. A ces fonctions, le conservateur, qui avait laissé un pays historiquement divisé à cause du Brexit, a mené diverses missions de lobbying, dont une auprès du prince Mohammed Ben Salman, après le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. En 2020, M. Cameron a bombardé de textos la direction du Trésor britannique, dont Rishi Sunak, l’actuel chancelier de l’Echiquier, sollicitant des prêts d’urgence pour Greensill Capital – en vain.
A en croire le Financial Times, M. Cameron détenait des options sur le capital de Greensill, qui auraient pu lui rapporter jusqu’à 70 millions de dollars (environ 60 millions d’euros) si la société financière avait échappé à la faillite… Les travaillistes réclament une enquête, et la polémique alimente dangereusement les soupçons de « copinage » qui s’accumulent autour du parti conservateur de Boris Johnson. Depuis le début de la pandémie, des marchés publics important sont allés en toute discrétion à des proches des ministres – notamment de Matt Hancock, ministre de la santé, leur faisant gagner des millions au passage.
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