de nouvelles manifestations réprimées en Birmanie

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L’armée organise tous les ans un gigantesque défilé militaire dans la capitale Naypyidaw.

Une démonstration de force. A l’occasion de la « journée des forces armées », l’armée birmane a fait défiler, samedi 27 mars, un impressionnant arsenal dans la capitale Naypyidaw, alors que dans plusieurs villes du pays, de nouvelles manifestations pro-démocratie étaient durement réprimées.

Aux premières heures du jour, des milliers de soldats, des chars, des missiles et des hélicoptères se sont succédé sur une immense esplanade où était réuni un parterre de généraux et leurs invités, parmi lesquels des délégations russe et chinoise.

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Les militants pro-démocratie avaient appelé à une nouvelle série de manifestations samedi, jour où l’armée organise tous les ans un gigantesque défilé militaire dans la capitale Naypyidaw. Ei Thinzar Maung, l’une des figures des manifestations anti-coup d’Etat, a exhorté la population à sortir dans la rue. « Je prie tout le monde d’être en sécurité demain », a-t-elle posté sur les réseaux sociaux. « Nous gagnerons ça ! » « Le moment est venu de lutter contre l’oppression militaire. »

Des troubles craints

Le général Min Aung Hlaing a de nouveau défendu l’organisation du coup d’Etat en raison de la fraude électorale présumée lors des élections de novembre, remportées par le parti d’Aung San Suu Kyi, et a juré qu’un « transfert de responsabilité de l’Etat » se produirait après des élections.

« Le Tatmadaw [l’armée birmane] recherche l’engagement de toute la nation », a-t-il déclaré dans un discours, ajoutant que les actes de « terrorisme qui peuvent nuire à la tranquillité et à la sécurité de l’Etat » sont inacceptables. « La démocratie que nous souhaitons serait une démocratie indisciplinée si la loi était violée et n’était pas respectée. »

Beaucoup craignent que la date, qui commémore le début de la résistance de l’armée birmane à l’occupation japonaise pendant la seconde guerre mondiale, s’accompagne de troubles.

Avant l’aube, les forces de sécurité avaient déjà réprimé les manifestants à Rangoun, la capitale économique du pays, tandis qu’un rassemblement d’étudiants à Lashio, dans l’Etat de Shan (nord-est), a vu la police et les soldats ouvrir le feu sur la foule.

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« Les gens n’avaient pas commencé à manifester, aucun slogan n’avait été prononcé. L’armée et la police sont arrivées et leur ont tiré dessus à balles réelles sans lancer aucun avertissement », a raconté à l’Agence France-Presse (AFP) Mai Kaung Saing, un journaliste local.

322 personnes détenues à la suite de manifestations

Les forces de sécurité ont réprimé avec une force de plus en plus meurtrière les manifestations contre le coup d’Etat ces dernières semaines, utilisant des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des balles réelles pour interrompre les rassemblements.

Vendredi soir, la télévision d’Etat a diffusé un message appelant les jeunes à cesser de participer à un « mouvement violent ». « Apprenez la leçon de ceux qui sont morts après avoir été touchés à la tête et dans le dos… Ne mourez pas en vain », disait le message.

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Selon un groupe de défense de prisonniers politiques, 320 personnes ont trouvé la mort dans les troubles depuis le coup d’Etat militaire le 1er février, et plus de 3 000 ont été arrêtées. Vendredi, la tristement célèbre prison d’Insein à Rangoun a libéré 322 personnes détenues à la suite de manifestations, ce qui s’ajoute aux plus de 600 libérées plus tôt dans la semaine.

Le Monde avec AFP

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