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Ancien directeur du département économique du ministère des affaires étrangères, l’ambassadeur de Birmanie à l’ONU, Kyaw Moe Tun, a rompu avec le pouvoir militaire et appelle la communauté internationale à couper « tous les flux financiers vers les forces militaires ».
Comment évolue la situation de la répression imposée par la junte aux Birmans ?
Nous sommes très inquiets du nombre de victimes. La brutalité est incroyable : parfois, des gens sont en train de marcher dans la rue, un sniper les vise et leur tire dans la tête ! Pourtant, nous ne sommes pas dans une zone de guerre. Les manifestants sont pacifiques. Comment les autorités peuvent-elles utiliser ces armes létales contre des civils ? En tout cas, le temps est essentiel pour les Birmans : nous n’avons pas les moyens que le processus soit lent.
Entendez-vous des témoignages à propos de tortures ?
Il est très clair que la torture est utilisée : il suffit de demander aux familles qui sont appelées par les forces de sécurité pour venir chercher les dépouilles de leurs proches au commissariat. Lorsqu’ils récupèrent les corps, il y a de nombreuses marques et traces de coups. Oui, il y a de la torture en détention.
Les Birmans parviennent-ils à rassembler des preuves de ces exactions ?
Ils sont conscients que cela va être nécessaire. Nous les encourageons à fournir les preuves, et de les envoyer soit au « Dr Sasa » [nommé « envoyé auprès de l’ONU » par le CRPH, le Comité représentatif du Parlement birman, formé de parlementaires élus entrés en résistance], soit au « Double IM Birmanie », le mécanisme d’investigation indépendant chargé de récolter des preuves de violations des droits de l’homme par les militaires birmans chapeauté par l’ONU. Toutes ces données nous permettront de désigner les responsables plus tard. Nous aimerions en tout cas voir de fortes mesures prises par la communauté internationale pour protéger le peuple birman.
Comme des sanctions imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU ?
Bien sûr, nous aimerions la mise en place des mesures les plus fortes, mais nous devons tenir compte de la réalité : certains pays du Conseil de sécurité maintiennent la position de principe de ne pas imposer de sanctions. Des sanctions coordonnées de plusieurs pays « amis » contre les militaires et les membres de leur famille peuvent être efficaces également. Enfin, tout flux financier parvenant au régime militaire doit être coupé. En particulier, les contrats des grandes entreprises de l’industrie du gaz et du pétrole. Le ministre du plan, des finances et de l’industrie du CRPH, va demander au groupe Total de faire jouer la clause de force majeure dans son contrat.
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