« Le plan de relance du président des Etats-Unis aura des effets positifs sur la croissance mondiale »

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Tribune. Le plan économique de Joe Biden marque un changement d’époque aux Etats-Unis. Ce plan conduit à un soutien total de 13 % du PIB. Et il sera probablement complété par un plan d’investissement public de grande ampleur, notamment pour la transition énergétique. Ces montants sans précédent suscitent des interrogations quant aux effets sur la dette publique et l’inflation. Je pense qu’il aura surtout un effet sur la croissance et la réduction des inégalités, et qu’il inaugure un bouleversement des idées sur la dette et l’investissement public.

Ce plan soulève une première question. La politique de soutien au revenu doit-elle cibler les plus pauvres ou les classes moyennes ? En effet, un cinquième du plan Biden sera un transfert de 1 400 dollars vers les individus gagnant moins de 75 000 dollars par an et les ménages gagnant moins du double. Ce seuil de 75 000 dollars correspond à un peu plus de la moitié des travailleurs gagnant le moins. C’est un effort de réduction des inégalités de revenus qui va bien au-delà de la lutte contre la pauvreté.

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De premières estimations indiquent que le plan Biden pourrait faire décroître le taux de chômage à moins de 3 %, voire 2 % : des niveaux rarement atteints depuis l’après-guerre. Un tel niveau de chômage va générer des hausses de salaire, qui seraient renforcées par une augmentation du salaire minimal fédéral. Si la volonté initiale de Biden de doubler ce dernier pour atteindre 15 dollars semble moins d’actualité, une hausse est à prévoir.

Politique pour les moins riches

L’effet inflationniste du plan actuel est cependant faible. Les premières estimations conduisent à une hausse transitoire de l’inflation à 2 % ou 3 % au plus, dont il est difficile de s’alarmer. L’inflation aux Etats-Unis était au-dessus de 3 % en 2005 et 2006, proche de 4 % en 2008, sans que cela ne pose de problème macroéconomique.

L’enjeu me semble autre : quelle sera la réaction de la politique monétaire à ce plan et à la hausse de l’inflation ? Une politique monétaire accommodante conduirait à une hausse modérée des taux d’intérêt à court terme. Les évaluations récentes montrent que l’effet d’une telle politique monétaire serait une réduction des inégalités de revenus en soutenant l’activité. Les premières indications de la Réserve fédérale américaine vont dans ce sens. Les autorités monétaires semblent accepter une hausse transitoire de l’inflation au-dessus de 2 %. Un enjeu des prochaines années sera donc de savoir quel niveau d’inflation sera accepté, et pendant combien de temps.

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