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Une chose est certaine, la défiance entre AstraZeneca, qui accumule les retards de livraisons de ses vaccins, et les Européens est à son comble. C’est parce qu’elle soupçonne le laboratoire anglo-suédois de vouloir exporter au Royaume-Uni une partie de ses doses produites sur le continent – au détriment des Vingt-Sept donc – que la Commission a suggéré à Rome de diligenter une inspection dans l’usine d’Anagni où l’industriel procède au flaconnage de ses doses. Mario Draghi, le nouveau premier ministre italien, n’a pas traîné et on a appris, mercredi 24 mars, par le quotidien La Stampa, que quelques jours plus tôt, des inspecteurs y avaient trouvé 29 millions de doses.
Le groupe affirme que ces vaccins sont destinés pour une part à l’Union européenne (UE), pour l’autre aux pays pauvres bénéficiaires du programme Covax, et en aucun cas à l’exportation. Mais les scénarios les plus rocambolesques ont circulé toute la journée, alimentant la méfiance à l’égard d’AstraZeneca. En stricts termes de communication, cette fuite dans la presse italienne tombait plutôt bien pour la Commission qui a annoncé, mercredi, le durcissement de son mécanisme de contrôle des exportations en dehors de l’UE, imaginé fin janvier déjà pour surveiller la production d’AstraZeneca. Et qui devait en discuter avec les chefs d’Etat et de gouvernement européens, lors d’un sommet (virtuel) prévu jeudi.
Depuis le 1er février, toute entreprise souhaitant exporter des vaccins ou des substances entrant dans leur composition doit s’y voir autorisée par l’Etat membre où les doses sont produites et par la Commission. Si l’exportation en question lèse les Vingt-Sept, dans la mesure où le laboratoire concerné n’honore pas ses engagements à leur égard, elle peut donc être interdite. Jusqu’ici, 380 demandes d’exportations, pour 43 millions de doses vers 33 pays, ont été approuvées par l’UE, un seul refus a été prononcé pour bloquer 250 000 doses d’AstraZeneca vers l’Australie depuis l’Italie.
Un fil de discussion avec le Royaume-Uni
Malgré « une très grave situation épidémiologique », l’UE « continue d’exporter des volumes importants vers des pays » produisant des vaccins ou ayant déjà largement vacciné leur population, a regretté, mercredi, Valdis Dombrovskis. Dans ce contexte, l’exécutif européen souhaite « résoudre ces déséquilibres », a poursuivi le vice-président de la Commission, et ajouter de nouveaux critères de « proportionnalité » et de « réciprocité » tenant compte de la situation du pays auquel ces exportations sont destinées.
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