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SAINT-PAUL. En vacances à La Réunion en janvier dernier, un Saint-Paulois de 33 ans a voulu retrouver les sensations de la pêche aux capucins dans le lagon un soir de lune. Problème, cet employé de Disneyland à Paris avait choisi un endroit interdit à Trou d’eau et à une date où la pêche n’était pas autorisée.
Repérés par une patrouille des agents de la réserve, lui et ses trois camarades ont pris la fuite en abandonnant à terre un filet avec 54 capucins et un poisson cocher.
Le braconnier a voulu récupérer son matériel et ses poissons. Mais le ton est vite monté avec les agents de la réserve. Face à un homme qu’ils ont jugé menaçant, les agents ont saisi leur matraque télescopique. Le braconnier a alors lancé une pierre sur l’un des agents et frappé un autre à un bras. Il a finalement été interpellé.
«Cette affaire aurait pu se terminer devant une autre juridiction», a souligné l’avocat de la réserve marine, Me Jean-Pierre Gauthier en rappelant que les agents ont été blessés. L’avocat a également observé que la «réserve est le fruit d’un compromis. Il existe des zones de protection où la pêche est possible. Encore faut-il respecter des règles simples édictées pour la gestion de la ressource».
La procureure a indiqué que les faits de violences et de braconnage étaient caractérisés et a requis six mois avec sursis plus 3 000 euros d’amende.
Pour la défense, Me Isabelle Lauret a estimé que les agents ont fait preuve d’un manque de mesure lors de leur intervention. «Mon client reconnaît les faits de pêche illicite mais ne peut assumer les violences».
Le Réunionnais en vacances a été jugé coupable pour l’ensemble des faits et condamné à six mois avec sursis plus 2 000 euros d’amende. Il devrait payer 800 et 300 euros de dommages et intérêts aux deux agents plus 6 00 euros de frais de procédure. Une partie de pêche nocturne qui coûte très cher.
Dans un autre dossier de braconnage dans le lagon, un Saint-Paulois a été condamné à deux amendes de 2 000 et 300 euros pour avoir pêché sans autorisation mais aussi pour avoir marché sur la barrière de corail. «Un organisme vivant qui nous protège de la houle, a rappelé la procureure. L’abîmer a des conséquences importantes. Il faut un temps infiniment long pour qu’elle se reconstruise». Cette infraction est définie comme «atteinte irrégulière à un animal non domestique d’une réserve naturelle».
J.T.
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