Contre le régime syrien, l’engagement tenace de Mazen Darwich et son équipe

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Mazen Darwish avant une conférence de presse à propos de la torture sous le régime syrien, à Berlin (Allemagne), en mars 2017.

Pilier de la révolte contre le pouvoir de Bachar Al-Assad, la fragile société civile syrienne d’avant 2011 a été laminée par la répression, happée par la violence de la guerre. En son sein, l’équipe de Mazen Darwich et ses complices – avocats, journalistes, etc. – ont payé un lourd tribut : prison, sévices, mort sous la torture, disparition, exil. Mais ils n’ont jamais renoncé.

Quand il fonde, au début des années 2000, le Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression (SCM), l’avocat Mazen Darwich sait qu’il marche sur un champ de mines. Le musellement du « printemps de Damas », mouvement réformateur qu’avait brièvement encouragé le pouvoir, lui a ôté l’illusion que la situation s’améliorerait sous la présidence du fils d’Hafez Al-Assad. Au gré des vicissitudes du régime syrien sur la scène internationale (paria des Occidentaux en 2005 ; courtisé à partir de 2008), le centre est toléré, ou fermé. Mazen Darwich est arrêté en 2008, puis interdit de sortie du territoire.

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« Dans les années 2000, les réformateurs travaillaient en petits cercles fermés par mesure de sécurité », se rappelle un Syrien, collaborateur du SCM depuis Beyrouth. Certains tentent d’intégrer ces cercles. C’est ainsi que Bassam Al-Ahmad, militants des droits de l’homme au sein du mouvement kurde, rencontre Mazen Darwich, ainsi que l’avocate Razan Zaitouneh, engagée dans la défense des détenus politiques, notamment islamistes, en Syrie.

Le pouvoir chapeaute bien quelques initiatives de développement : « Il s’agissait de canaliser l’aspiration des jeunes à être actifs dans la société et de bloquer l’expansion de courants à teneur politique », précise le même interlocuteur. « Mazen militait aussi pour [que le régime prononce ] des mots d’apaisement à l’attention des familles de victimes du massacre de Hama [qui a fait entre 15 000 et 30 000 morts, en 1982, à l’instigation du pouvoir de Hafez-Al-Assad]. Il était par ailleurs impliqué dans la révision de la loi audiovisuelle. Mais sur ces deux volets, dit-il, les durs du régime ont bloqué tout changement. »

Période d’exaltation

A la fin des années 2000, Mazen Darwich se sent las. « Les gens paraissaient accepter la situation. Puis est arrivé le “printemps arabe” : quand l’Egypte s’est soulevée, on a senti que la vague arrivait. La majorité des Syriens souffraient, seule la peur les paralysait jusqu’alors », se souvient-il depuis Paris, où il vit désormais.

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