l’Union européenne hausse le ton contre AstraZeneca et Londres

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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Bruxelles (Belgique), le 10 mars 2021.

Ursula von der Leyen est passée aux menaces. Alors qu’une troisième vague de la pandémie de Covid-19 s’annonce et que les variants continuent à se propager, la présidente de la Commission s’est dite prête, mercredi 17 mars, à utiliser « tous les instruments » à sa disposition pour faire en sorte que les vaccins commandés par l’Union européenne (UE) soient livrés.

L’ancienne ministre allemande n’a pas précisé de quels instruments elle disposait, mais elle compte évoquer le sujet avec les chefs d’Etat et de gouvernement européens qui doivent se réunir à Bruxelles les 25 et 26 mars. « Des vies humaines, les libertés civiles ainsi que nos économies en dépendent », a-t-elle justifié.

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Ses menaces visent d’abord AstraZeneca, dont les retards à répétition ont contraint les Vingt-Sept à ralentir drastiquement le rythme de leur campagne de vaccination. Elles ont trouvé une première expression, mercredi, dans une lettre de mise en demeure que la Commission a envoyée au groupe anglo-suédois et qui enclenche le mécanisme de règlement des différends prévu dans le contrat entre la Commission et l’industriel. Pour rappel, le groupe n’aura livré au premier trimestre que 30 millions de doses aux Européens, soit un tiers de ce qui était initialement prévu, et il devrait leur en fournir 70 millions au deuxième trimestre quand ils en attendaient 180 millions.

« Réciprocité » nécessaire

Après avoir tenté – en vain – de trouver avec AstraZeneca une solution afin que le groupe augmente ses livraisons, les Européens sont donc passés à une phase plus offensive. Le 26 février, Rome et la Commission avaient bloqué le départ de l’usine italienne d’AstraZeneca de 250 000 doses qui étaient attendues en Australie – où réside par ailleurs Pascal Soriot, le PDG du groupe. Et Bruxelles s’était dit prêt à recommencer, s’il le fallait. « Il est temps que le conseil d’administration d’AstraZeneca exerce sa responsabilité fiduciaire et fasse en sorte qu’AstraZeneca tienne ses engagements », avait tweeté, le 11 mars, Thierry Breton, le commissaire chargé du volet industriel de la stratégie vaccinale européenne.

Mercredi, Ursula von der Leyen a également haussé le ton contre le Royaume-Uni, où les usines du laboratoire anglo-suédois travaillent exclusivement pour servir le marché national, alors qu’elles devraient – estime la Commission – aussi produire pour les Vingt-Sept, comme le stipule le contrat entre le groupe et Bruxelles.

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