« La pandémie de Covid-19 ne doit pas être un prétexte au protectionnisme »

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Pour soutenir son économie, la République d’Irlande vient de lancer une campagne visant à promouvoir ses entreprises spécialisées dans l’innovation écologique et le développement durable à l’international. Leo Varadkar, vice-premier ministre et ministre du commerce irlandais, détaille comment l’île affronte la pandémie et le Brexit.

Le produit intérieur brut (PIB) irlandais a progressé de 3,4 % en 2020, mais si l’on ôte la contribution des multinationales, il a reculé de plus de 5 %. Comment l’économie domestique se relèvera-t-elle de la crise ?

Il est vrai que nous sommes en partie sauvés par nos grandes entreprises exportatrices et par les multinationales du numérique, des équipements médicaux ou de la pharmacie, qui s’en sortent bien. Grâce à elles, nous aurons une croissance positive cette année, comme l’an passé. Mais certains secteurs de l’économie domestique sont en difficulté, et la reprise n’est pas encore là.

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Notre pays est toujours sous confinement, et une large partie de l’économie, comme l’hôtellerie et beaucoup de commerces, est fermée. Nous nous inquiétons des séquelles que laisseront ces fermetures prolongées, en dépit des mesures de soutien instaurées par le gouvernement. C’est seulement lorsque les restrictions seront levées que nous verrons vraiment quelles entreprises pourront survivre.

Redoutez-vous une envolée des faillites et du chômage ?

Oui. Aujourd’hui, près de 500 000 personnes sont sous le système spécifique d’allocation-chômage lié à la pandémie de Covid-19 (« Pandemic Unemployment Payment »). Cet été, quand les restrictions ont été levées, plus de la moitié ont retrouvé rapidement un emploi, mais beaucoup l’ont reperdu quand les restrictions ont été rétablies. Une partie de ces personnes ne retrouveront pas de travail : nous nous efforçons de leur offrir toutes les options possibles en matière de formations et qualifications.

L’Irlande est l’un des pays les plus affectés par le Brexit. Plus de deux mois après son entrée en vigueur, en mesurez-vous déjà les effets ?

L’accord commercial [signé entre Londres et l’Union européenne (UE)] signifie essentiellement l’absence de tarifs ou de quotas commerciaux, ce que nous redoutions le plus, ainsi qu’un protocole irlandais assurant qu’il n’y aura pas de frontière dure entre le nord et le sud de l’île. Pour le moment, l’impact du Brexit sur l’économie reste limité par rapport celui du Covid-19. Nos chaînes d’approvisionnement, qui passaient jusqu’ici par l’Angleterre, la contournent de plus en plus pour rejoindre directement la France ou les Pays-Bas.

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