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SEXUALITE. Depuis son ouverture, le premier Dorcelstore de La Réunion ne désemplit pas. Pour le plus grand bonheur des responsables…Et des clients !
“Depuis l’instauration du couvre-feu à 18h, des clients me disent que les soirées seront longues et qu’ils ont besoin de s’occuper”, raconte, dans un éclat de rire, Sandrine, responsable du Dorcelstore, à Saint-Paul. Le premier de La Réunion.
Derrière les murs sombres du sexshop, un univers ponctué de touches roses, s’offre aux clients. Sur une étagère du rez-de-chaussée, des jeux de société côtoient des huiles de massages. Sur une autre, chocolats, stylos et autres gadgets sont alignés les uns à côtés des autres. Au milieu de la pièce, un espace librairie propose aux clients des livres ludiques sur la bisexualité, le polyamour encore sur le kamasutra. En fond sonore, des notes de musique latino-américaine se fondent dans l’atmosphère. Quelques plantes vertes jonchent le sol. “Ici, vous ne verrez rien de choquant ou à caractère sexuel”, précise Sandrine.
Au fond, une discrète affiche collée au-dessus d’une alcôve indique “-18”. “Dans cet espace, nous avons tous les produits, qui visuellement, ressemblent à la réalité”, explique la jeune femme. C’est aussi ici que les clients peuvent acheter des produits SM tels que menottes, harnais ou pinces.
“L’article phare du moment est le womanizer”
L’étage est lui, réservé aux sextoys et à la la lingerie. Chaque rayon de sextoys est classé par catégorie : par stimulation clitoridienne, vaginale ou anale. “En ce moment, nous vendons beaucoup de jeux de société pour des soirées à deux ou plus, des oeufs vibrants…ça, c’est de la folie ! Et puis l’article phare du moment, pour les femmes, est bien-sûr le womanizer, avec lequel il n’y a pas d’autre issue que l’orgasme”, renseigne-t-elle.
“Les clients reviennent toujours”
C’est le 7 novembre 2020, en pleine crise sanitaire, que le sexshop a ouvert ses portes. “Au début, je craignais que les gens soient réticents, n’osent pas se garer devant et soient gênés en rentrant…Mais finalement, pas du tout”, témoigne Sandrine.
“La première fois, les clients viennent souvent pour acheter une huile de massage. Puis ils reviennent une deuxième fois pour acheter un jeu. La troisième fois, un sextoy. Ils prennent leur temps mais ils reviennent toujours”, relate la responsable.
Pour Ingrid, conseillère vendeuse, cette “explosion des ventes”, s’explique par la crise sanitaire. Mais aussi par la fin d’un tabou autour de la sexualité. “Je travaille depuis un moment dans cet univers, et au début, les clients s’adressaient à moi tout doucement, ils avaient honte…Maintenant, ça n’existe plus”, raconte-t-elle, tout de noir vêtue.
“Mon plaisir est devenu une priorité avec le temps”
Dans les allées du love shop, beaucoup de femmes circulent, seules ou accompagnées. Parmi elles, Alexandra, 27 ans. Son premier sextoy, elle l’a acheté cette année. Depuis, elle s’y rend plus ou moins régulièrement. Tantôt pour se procurer du poppers, tantôt pour du lubrifiant. Aujourd’hui, c’est avec son compagnon qu’elle est venue. A chaque passage, elle dépense environ 80 euros. “Mon plaisir est devenu une priorité avec le temps et aujourd’hui, je n’ai plus honte de venir, la vie est courte, il faut en profiter”. C’est notamment grâce à certains comptes Instagram féministes, comme Jemenbatsleclito que la jeune femme s’est libérée sur les sextoys.
Elena, elle, va offrir deux cartes cadeaux à des amies. “J’en profite aussi pour moi-même”, dit-elle, les yeux pétillants. Si la jeune femme se dit “très ouverte d’esprit”, elle a souvent entendu des remarques de personnes “choquées” par l’existence de sexshops.
Pour Philippine, “la société veut que les gens aient honte d’une sexualité libre, et notamment des femmes”. “Certains ont encore l’image d’une femme qui doit s’occuper de son mari, alors que les femmes ont plus qu’un corps à donner !”. Après sa visite au Dorcelstore, Philippine se procurera donc du plaisir seule, avec son nouveau jouet et sans son mari !
Jadine Labbé Pacheco
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