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A l’unanimité, le Conseil de sécurité a « fermement » condamné, mercredi 10 mars, la répression du mouvement de contestation en Birmanie – alors que, quelques heures plus tôt, plusieurs centaines de policiers et de soldats avaient lancé un raid à Rangoun contre des cheminots grévistes. Six manifestants ont été tués jeudi, tandis que se poursuit la grève générale lancée par l’opposition contre la junte.
Le Conseil de sécurité a aussi demandé à la Tatmadaw (les forces armées birmanes) de « faire preuve de la plus grande retenue », et a dénoncé les violences « contre les manifestants pacifiques, incluant des femmes, des jeunes et des enfants ». Il a réclamé en outre « la libération immédiate de toutes les personnes détenues arbitrairement » – alors que les représentants du Conseil n’avaient toujours pas été en contact mercredi avec Aung San Suu Kyi, la dirigeante renversée par les militaires.
« Vue de l’extérieur, cette déclaration ne semble en rien impressionnante, admet un diplomate occidental. Mais à New York, on se rend compte de l’exploit : il ne faut pas oublier qu’entre 2006 et 2017, la Chine, alliée traditionnelle de la Birmanie, a accepté de se joindre à uniquement trois déclarations concernant le pays. Et là, c’est la deuxième déclaration depuis le coup d’Etat du 1er février ! »
« Tout comme dans le dossier de la Corée du Nord, la Chine est celle qui tient le plus de leviers de pouvoir ici, analyse Richard Gowan de l’International Crisis Group.
Cette fois-ci, il a fallu cinq jours de négociations pour arriver à cette prise de position épurée : Chine, Russie, Inde et Vietnam ont refusé d’intégrer, par rapport au texte préparé par le Royaume-Uni, les notions de « coup d’Etat » et de « responsabilités », et de parler d’un Conseil ouvert à « prendre des mesures » de représailles. « Il est important que les membres du Conseil parlent d’une seule voix », a tweeté Zhang Jun, l’ambassadeur de la Chine à l’ONU.
« Même si les membres du Conseil se sont mis d’accord sur le plus petit dénominateur commun, ça maintient la pression, et montre que la Chine désapprouve ce coup d’Etat », avance un diplomate européen. A New York, on est unanime : il aurait été dommage de perdre le soutien de la Chine à cause d’éléments de langage sur lesquels elle bloquait. « Il faut absolument que la Chine soit dans le jeu, car ce n’est pas d’une intervention militaire occidentale que la junte pourrait avoir peur – notre impact est assez limité », continue ce diplomate.
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