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CONSOMMATION. En raison de la crise sanitaire, le prix du fret explose à La Réunion. Des augmentations qui varient de 50 à 200% en fonction des produits achetés. La CCIR pointe du doigt le rôle des grands groupes maritimes et demande à l’Etat d’intervenir pour éviter de voir les prix à la consommation s’envoler dans les prochains mois.
C’est une des conséquences de la crise sanitaire. Le prix du fret continue son ascension vers des sommets jamais atteints. Au grand désespoir des entreprises réunionnaises qui devront dans les prochaines semaines et mois répercuter ces hausses sur le prix des produits vendus dans notre département. Une épine de plus dans le portefeuille des consommateurs qui se seraient bien passer de cette situation. Et pour se faire une idée, il n’y a qu’à regarder la dernière enquête réalisée par la CCIR. La chambre consulaire a interrogé plus de 500 entreprises dans son fichier et toutes sont unanimes sur un point : le prix du fret explose.
+200% en Asie
“Il n’y a qu’à regarder les prix sur l’Asie, en hausse de 200%. Sur l’Europe, l’augmentation atteint +50%”, explique Ibrahim Patel, président de la CCIR. “Les entreprises supportent tant bien que mal cette augmentation. Mais jusqu’à quand ?” s’interroge-t-il. L’aérien comme le maritime sont concernés par cette situation. Et la répercussion ne devrait pas tarder, selon la CCIR. Ibrahim Patel estime à quelques mois le répit avant une envolée des prix pour les consommateurs réunionnais.
Pourquoi une telle hausse ? “Ce sont les grands groupes maritimes qui profitent de cette situation en engrangeant des bénéfices supplémentaires.” Un non-sens en temps de crise sanitaire, alors que toutes les entreprises, petites et grandes, devraient jouer la carte de la solidarité.
Pénuries de containers
“Il y a un problème de disponibilité de containers, notamment en Asie”, souffle Aziz Amode du pôle économie à la CCIR. “On ne trouve plus de containers. Il y a une pénurie.” Résultat, les délais de livraison s’envolent, tout comme les prix. Une double peine pour La Réunion dont l’insularité ne facilite pas les choses.“Les navires qui viennent à La Réunion ne prennent pas de containers.” A écouter la CCIR, il y a une réelle réflexion à poser pour remettre dans le circuits ces containers vides qui s’accumulent sur notre territoire. Et cette situation de hausse du fret s’applique aussi à l’aérien.
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En raison de la diminution des rotations entre La Réunion et la métropole, la capacité fret des avions s’en trouve également réduite. Simple déduction mathématique. Le prix du fret aérien est passé dans certains cas de 2,50 euros le kilo à plus de 9 euros. “L’impact est immense pour les entreprises sur le coût pour faire venir la marchandise, sur leur trésorerie pour faire face. Inévitablement, la répercussion se fera auprès des consommateurs”, prévient Ibrahim Patel.
Intervention de l’Etat ?
Alors comment y remédier ? L’idée de la CCIR est de faire intervenir l’Etat dans ce dossier. “L’Etat a tout a fait la possibilité d’intervenir. Il y a une réflexion à mettre sur la table, celle de créer une taxe additionnelle pour compenser le coût du fret.” Une taxe qui viendrait ponctionner les bénéfices supplémentaires engrangés par les grands groupes maritimes depuis un an et le début de la pandémie. Pas sûr que l’Etat accède à cette demande.
En attendant, ce sont une nouvelle fois les consommateurs qui devraient faire les frais de cette hausse. De quoi raviver les discussions autour de la vie chère en outre-mer et plus précisément à La Réunion.
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