[Economie] Elections TPE : “Tout le monde peut mener la campagne CGT”

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Entretien. Repoussées à deux reprises, les élections TPE auront finalement lieu du 22 mars au 6 avril 2021. Elles concernent près de 62 000 électeurs, salariés d’entreprises de moins de 11 salariés ou employés à domicile. Pour Jacques Bhugon mandataire régionale de la CGT, le contexte très particulier de la campagne ne doit pas empêcher d’aller à la rencontre des salariés.

Du fait de la situation sanitaire, les salariés des TPE font-ils part de besoins et de demandes particulières ?

 

A cause de l’isolement des salariés de TPE, il est parfois difficile d’avoir des informations qui remontent. En temps normal, ils appellent les structures syndicales, comme les fédérations et les unions régionales. C’est encore plus vrai dans la situation actuelle, pour connaître leurs droits et avoir des informations en matière de protection sanitaire, de chômage partiel, de télétravail, d’arrêt maladie, de droits sociaux plus classiques… Cela montre qu’il y a un réel besoin d’informations. On a d’ailleurs mis en place une permanence dans plusieurs régions de l’île, avec une présence les samedis dans le centre-ville de Saint Denis par exemple avec un vrai succès. Cela débouche parfois sur des contacts qui se prolongent et sur des adhésions.

 

 

 

La négociation des accords professionnels ou interprofessionnels est-elle particulièrement importante pour les salariés des TPE ?

 

Bien évidement car les salariés des TPE n’ont pas d’accords d’entreprise ni de représentation syndicale. Tout se passe au niveau de la branche par des accords interprofessionnels valables pour tous, quelle que soit la taille de l’entreprise, respectant la hiérarchie des normes, face la volonté patronale d’avoir des accords de gré à gré individuels.

 

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Comment un syndicat comme la CGTR peut agir sur le sort des salariés des TPE ?

 

Tout d’abord, il faut aller à leur rencontre et très concrètement apporter des informations. Mais parfois aussi à l’employeur qui, bien souvent n’a pas de DRH, ni de conseiller juridique et ne connaît pas non plus les droits de ses salariés, les règles en matière de conditions de travail, de salaires, heures supplémentaires… Ça ne marche pas à tous les coups, mais on peut dans certains cas réussir à faire appliquer le droit du travail afin d’éviter un contentieux devant les Prud’hommes. L’essentiel, c’est le contact, l’explication et l’organisation.

 

 

 

Comment la CGTR agit avec les salariés des TPE face aux conséquences de la crise sanitaire ?

 

Sous des formes différentes en fonction de son secteur d’activité en attendant la reprise effective du travail, des droits à chômage partiel… Notre démarche, c’est “informer, expliquer, faire des propositions et les mobiliser”.

 

“62 000 salariés doivent voter”

 

Quels sont les grands enjeux de l’élection TPE?

 

Il faut montrer aux salariés des TPE que cette élection leur permet au moins d’avoir des représentants qui prennent en compte leur situation spécifique, notamment à la Réunion où le droit du travail est peu respecté par les employeurs. De plus, nous avons un gouvernement, comme les précédents, qui continue de pratiquer la discrimination professionnelle et sociale vis-à-vis des salariés réunionnais. Aller à leur rencontre est de la responsabilité de la CGTR. Mais une élection d’une telle ampleur, avec près de 62 000 électeurs doit aussi donner lieu à une campagne de communication de la part du gouvernement, avec des spots dans les médias, comme une campagne électorale “politique” à enjeu national. Tous les gouvernements – celui-là particulièrement, vu la considération qu’il a pour les organisations syndicales – mettent tout en œuvre pour qu’il y ait le moins de participation possible. Cela vise à discréditer l’idée de l’utilité des syndicats. Mais plus encore, les salariés TPE devraient bénéficier de temps pour voter, avoir des informations pratiques en amont… On pourrait même organiser, au lieu du vote par correspondance, un vote physique dans les mairies.

 

 

 

Quelles informations concrètes faut-il apporter aux salariés des TPE lors de la campagne ?

 

Cette campagne, malgré un public particulier, doit être comme les autres. Selon le secteur d’activité, la convention collective n’est pas la même. Il faut donc s’adapter à leurs besoins, leur signaler aussi qu’ils élisent des représentants à l’échelle d’une région. Enfin, porter les propositions de la CGTR. Par exemple leur faire savoir que nous nous battons pour qu’ils aient droit aux activités sociales et culturelles, comme les salariés des entreprises disposant d’un CSE, pour la baisse du temps de travail à 32 heures, l’application des conventions collectives nationales, un SMIC à 1800 euros…

 

 

 

Quel peut être le rôle des militants de la CGTR dans cette élection ?

 

Il est simple : tout le monde connaît ou croise des salariés qui travaillent dans une TPE, quand on va faire ses courses, dans sa famille, dans ses relations… Si chaque militant sensibilise une ou deux personnes de voter et de voter CGT, cela fera un très beau score et une bonne participation et tout le monde a la possibilité de mener la campagne CGT.

 

 

 

 

 

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clicanoo

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