[Société] Pourquoi le couvre-feu est-il avancé à 18 heures ?

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À la veille des vacances scolaires, nouveau tour de vis du préfet et pas des moindres : le couvre-feu généralisé est avancé à 18 heures à partir de ce vendredi soir et ce, pour au moins deux semaines. Objectif : éviter une recrudescence de l’épidémie après les vacances scolaires comme en novembre dernier. En quatre semaines, un doublement du taux d’incidence avait été observé par les autorités sanitaires et à l’époque, les variants sud-africain et britannique plus contagieux que la souche originale et qui représentent aujourd’hui plus de 50% des nouveaux cas, ne circulaient pas dans notre département île.

Au fur et à mesure

 

Le préfet y est allé progressivement dans le durcissement du couvre-feu. Le 12 février dernier, quatre communes sont placées sous couvre-feu de 22 heures à 5 heures, six jours plus tard, ce couvre-feu est étendu à trois communes supplémentaires. Finalement, le 24 février, après la stratégie territorialisée, Jacques Billant opte pour un couvre-feu généralisé de 22 heures à 5 heures tout en laissant planer la menace d’un avancement à 20 heures dès le week-end. Finalement, le préfet zappe cette étape et passe directement de 22 heures à 18 heures, une mesure en vigueur dès ce soir.  

 

Le taux d’incidence dans le rouge

 

Et pour cause, à l’approche des vacances, l’inquiétude des autorités sanitaires est palpable. Au vu des précédentes vacances scolaires et de la situation actuelle, l’État mise sur la prévention, « il vaut prévenir que guérir », sans doute le nouveau mantra du préfet. Car la situation sanitaire s’est nettement dégradée ces dernières semaines. À l’heure actuelle, neuf communes ont un taux d’incidence supérieur à 100 cas pour 100 000 habitants, le seul d’alerte national est fixé à 50 cas pour 100 000 habitants.

 

Le Port : 170 cas pour 100 000 habitants
Salazie et l’Étang-Salé : 137 cas pour 100 000 habitants
Les Avirons : 123 cas pour 100 000 habitants
Saint-Pierre : 122 cas pour 100 000 habitants
Saint-Paul : 121 cas pour 100 000 habitants
Le Tampon : 118 cas pour 100 000 habitants
Saint-Benoît : 109 cas pour 100 000 habitants
Saint-Denis : 101 cas pour 100 000 habitants.

 

Six autres communes sont également dans le rouge, car le taux d’incidence sur leur territoire dépasse le seuil d’alerte national :

 

Saint-Leu : 89 cas pour 100 000 habitants
Saint-Louis : 88 cas pour 100 000 habitants
Sainte-Marie : 80 cas pour 100 000 habitants
Saint-André : 78 cas pour 100 000 habitants
La Possession : 73 cas pour 100 000 habitants
Sainte-Suzanne : 51 cas pour 100 000 habitants.

 

Le taux d’incidence global de l’île est stable, autour de 100 cas pour 100 000 habitants mais bien au-dessus du seuil d’alerte national, toujours fixé à 50 cas pour 100 000 habitants.

 

Clusters en augmentation et nouveaux cas hebdomadaires dans le rouge

 

Par ailleurs, une augmentation significative du nombre de clusters a été enregistrée. Au 1er mars, on en comptabilisait 36 sur notre île dont 8 de criticité élevée et 10 de criticité modérée. La semaine précédente, 24 clusters étaient dénombrés dans notre département.

 

Le nombre de nouveaux cas hebdomadaire est toujours alarmant. 884 nouveaux étaient enregistrés la semaine dernière, soit une moyenne journalière de 126 cas. C’est inédit et ce triste record est à mettre en corrélation avec la circulation des variants. Sur les 739 tests criblés en six jours, on comptabilisait 376 cas de variants (343 sud-africains ou brésiliens et 33 britanniques). Une proportion importante et préoccupante quand on sait que les variants sont plus contagieux que la souche originale du Covid-19.

 

De plus, depuis quelques jours, l’Agence régionale de santé constate un autre phénomène : plus d’un contaminé sur trois a été cas contact dans les jours qui ont précédé son dépistage. Cette tendance nouvelle préoccupe les autorités sanitaires car elle est également un signe supplémentaire de dégradation de la situation sanitaire.

 

Les capacités hospitalières dans le rouge

 

Pour terminer, un autre symptôme de cette détérioration : la tension sur notre système hospitalier. La directrice de l’ARS s’est refusée à parler de « saturation » des capacités hospitalières mais le taux d’occupation en réanimation oscille entre entre 85 et 90 % malgré les augmentations régulières du nombre de lits en réanimation.

 

C’est donc une opération sans précédent qui a été lancée, le transfert de quatre patients Covid+ actuellement hospitalisés en réanimation à La Réunion vers la métropole.

 

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C’est en prenant en compte tous ces éléments et une continuité dans la dégradation de la situation sanitaire sur l’île que le préfet a donc décidé d’avancer le couvre-feu à 18 heures. Les autorités sanitaires misent énormément sur cette mesure et l’accélération de la campagne de vaccination, derniers remparts pour éviter d’en arriver à un reconfinement.

 

FH

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clicanoo

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