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SAINT-DENIS. Les violences urbaines sont plutôt monnaie courante au Chaudron. Samedi dernier, entre feux de poubelle et jets de projectiles, ça a dégénéré.
Parmi la centaine de jeunes sur place, un individu a été filmé par un autre en train de pointer son fusil sur les policiers. Ils étaient jugés en comparution immédiate hier soir. Ils sont tous deux partis direction Domenjod.
Les soirées sont souvent mouvementées dans le quartier du Chaudron, comme ce fut le cas samedi dernier. Alors que l’ensemble de La Réunion est en couvre-feu à 22 heures, une centaine d’individus violent ce dernier et cherchent les affrontements avec les forces de l’ordre. Un effectif important de policiers a alors dû intervenir dans la zone pour ces violences urbaines.
Les policiers ont été directement touchés par des jets de projectiles. Une enquête est ouverte pour déterminer le ou les auteurs des faits. Mais au-delà de ça, deux autres jeunes hommes sont accusés d’avoir contribué et participé à leur manière à ces émeutes.
Mathias, 21 ans, avait notamment diffusé la veille sur le réseau social Snapchat une photo incitant aux violences. Un texte “peut-être émeutes demain” était inscrit sur une image en noir et blanc d’un homme les poings en l’air.
Bien qu’il s’en dédouane, il aurait également, le soir des faits, diffusé et relayé plusieurs vidéos. On l’aperçoit également sur l’une aux abords d’une trottinette. Sur les autres, on voit un certain Anchibou, âgé de tout juste 28 ans, fusil à la main, en position de tir contre une voiture, visant les forces de l’ordre situés à l’entrée de la cité. Sur ces vidéos, on pouvait notamment lire “demain dans les infos : les forces de l’ordre ont été victimes de 2 coups au Chaudron” ou encore “laissez-vous faire les keufs vous aimez ça.” Visualisées en audience, on a pu entendre les cris et hurlements de ces jeunes. Mathias a semble-t-il pris conscience que de tels propos “c’est grave”, mais sans savoir réellement pourquoi.
“Il voulait être filmé”
Anchibou déclare qu’il voulait simplement protéger son véhicule des délinquants et n’avait pas vu qu’il était filmé. Il confie également qu’il aurait lui-même appelé la police un soir à cause du vacarme des affrontements des bandes rivales. Or un témoin a expliqué “le gars avait conscience de ce qu’il faisait, il voulait être filmé.” Pour la représentante du parquet, c’est également une explication totalement incohérente, “je sais que l’on a le droit de dire n’importe quoi à une audience mais là tout de même.” Les vidéos le montrent en effet bel et bien le doigt sur la gâchette. Il a confié à la barre “j’ai vu que ça brillait “police” au loin dans le viseur mais eux ne m’ont pas vu et après je suis rentré et c’est le lendemain que j’ai appris que j’étais recherché.” Il ajoute qu’il avait même l’intention de se rendre au commissariat. Il fallait seulement que quelqu’un le conduise car il savait qu’il allait être placé en garde à vue. Résultats des courses : des membres du Raid sont venus le cueillir le lundi à 6 heures du matin directement chez sa maman.
Anchibou, bien qu’il soit porteur de l’arme, n’a qu’une seule condamnation à son casier, effectuée en travail d’intérêt général. Il écope donc de 6 mois d’emprisonnement. Quant à Mathias, avec déjà plusieurs condamnations et une fin de mesure d’aménagement de peine en novembre dernier cela semble faire beaucoup pour le parquet. Le tribunal a suivi ses réquisitions et l’a condamné à 1 an de prison. Leurs peines pourront être aménageables.
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