[Faits Divers] Un braconnier de tangues derrière les barreaux

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SAINT-BENOÎT. Pour avoir chassé hors-saison une trentaine de tangues et fait obstacle aux agents du Parc national qui voulaient l’appréhender, un Bénédictin de 31 ans a été condamné hier à deux mois de prison ferme.

Ce 31 janvier 2019, c’est une scène désolante que découvrent des agents du Parc national en patrouille dans la ravine des Orangers. Près de ce qui ressemble visiblement à un camp marron de braconniers et des détritus qui vont avec, des viscères d’animaux sont jetés à même le sol.

Non loin de là, ils interpellent quatre hommes accompagnés de chiens et dont l’équipement ne laisse guère de doutes sur leur activité du moment, bien qu’ils prétendent participer à une randonnée dominicale : des sabres et des sacs contenant pas moins de trente tangues éventrés, alors que la saison de chasse n’est pas encore ouverte…

Et alors que les agents tentent de relever leurs identités, les quatre hommes vont en plus tenter de fuir leur responsabilités en donnant de faux noms. Mais comme tous les quatre ont choisi de s’appeler “Maillot” et que les fonctionnaires voient bien qu’ils se ressemblent moins que les frères Dalton, une enquête est ouverte à leur encontre. L’un fera l’objet d’un rappel à la loi, deux autres à des condamnations à deux mois de prison avec sursis et quatre amendes de 70 euros.

 

 

“DOMMAGES À L’ENVIRONNEMENT”

 

Le dernier, Yoan C., 30 ans, était jugé hier devant le tribunal correctionnel pour obstacle aux fonctions d’un agent habilité à constater le infractions contre l’environnement, chasse sur le terrain d’autrui sans consentement du propriétaire, chasse en temps prohibé, chasse sans permis et déversement de déchets au cœur d’un parc national.

Condamné entretemps à trois ans de prison pour trafic de stupéfiants, le Bénédictin comparaît détenu à l’audience. Et conteste les faits. “Je croyais que la chasse était autorisée. J’ai accompagné mes amis, c’était la première fois que j’y allais.”

“Vu le matériel et le camp, on peut en déduire que c’était une activité régulière qui, en plus d’impacter une espèce animale, créée des dommages à l’environnement. Outre ces camps établis hors sentiers, les déchets laissés sur place vont attirer les rats qui sont une menace supplémentaire pour la faune”, souligne la substitut du procureur, Charlène Delmoitié. Qui déplore au passage “les obstacles de plus en plus fréquents fait aux agents du parc dans leur mission de protection de la nature”. Six mois de prison ferme et 300 euros d’amendes sont requis, ainsi que le maintien en détention.

“Je suis juste parti marcher pour le plaisir, je ne savais pas pour le camp ni pour la chasse”, maintient le prévenu. Après délibéré, le tribunal lui a tout de même infligé deux mois de prison ferme supplémentaires, et 400 euros d’amende.

 

 

Sébastien Gignoux

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