[clicazot] Patrick Lebreton : “nous payons aujourd’hui, l’arrivée massive de voyageurs”

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Dans ma tribune du 17 Mai de l’année dernière intitulée “Déconfinés … et après”, j’avais proposé de sanctuariser les 2 portes de la Réunion : le port et l’aéroport.

Près de 9 mois après la fin du confinement, nous sommes entrés dans une ère de couvre-feu à l’échelle départementale, voire d’un second confinement si la situation se dégrade encore un peu plus.

9 mois après :

-Qu’avons nous retenu ?
-Qu’avons nous fait par anticipation ?

    1. Nous payons aujourd’hui, l’arrivée massive de voyageurs (de touristes voyant en la Réunion une soupape dans l’enfer de leur quotidien) en provenance notamment de zones à risque (Mayotte, Hexagone). Dont seulement un tiers se serait fait dépister à j+7.

    2. Nous avons tout misé sur un vaccin [miracle], pour lequel :

– la France a pris un retard considérable dans son plan de vaccination comparée à ses voisins, notamment par manque de doses

– son efficacité resterait encore à prouver sur le variant sud-africain.

    3. Nous avions 9 mois pour

– équiper Mayotte
et
– accroître à la Réunion notre capacité d’accueil en réanimation.

Ce qui aurait diminué les évacuations sanitaires (EVASAN) en provenance de « l’île aux parfums », permettant ainsi aux hôpitaux réunionnais d’être moins « sous tension » et au « bord de la saturation ».

Ce manque d’anticipation, pour ne pas dire de clairvoyance, contraint aujourd’hui les autorités à envisager des EVASAN de Réunionnais vers l’hexagone sous conditions :

– principalement les cas graves
– nécessité d’attendre  a minima 10 patients avant décollage pour 10h d’avion avec les risques de complication en vol.

Malgré le comportement exemplaire, solidaire des Réunionnais, le dévouement sans faille du personnel soignant, l’effort des acteurs économiques pour adapter leurs locaux aux règles imposées… 9 mois après, la situation a dérapé.

Nous n’avons jamais été aussi proche d’une crise sanitaire sans précédent.

Nous risquons de payer au  prix fort ce manque d’anticipation.

Contrairement à l’année dernière (masques artisanaux, centres covid), la solution n’est plus uniquement locale pour parer à l’urgence.

Avec le virus variant, beaucoup plus transmissible et désormais installé, les Réunionnais devront plus que jamais respecter encore plus les gestes barrières.

Dans ce contexte, c’est surtout au pouvoir sanitaire central, aujourd’hui, de prendre, en urgence, ses responsabilités envers les Réunionnais et envers nos voisins Mahorais. 

 

Force est de constater que le modèle centralisé montre encore une fois ses limites.

 

L’EVASAN vers l’hexagone doit-elle être la solution prioritaire ?

 

Ne doit-on pas au contraire trouver des solutions ici et maintenant ?

 

J’ai écrit ce jour à la directrice de l’ARS pour lui demander la création de micro-salles de réanimation à l’échelle des bassins de vie où nous disposons de locaux, d’hôpital et/ou de clinique privée, susceptibles d’accueillir ce genre de structure. C’est notamment le cas à Saint-Joseph.

 

Nous devons alors renforcer le partenariat actuel entre les établissements de santé du secteur public et du secteur privé pour augmenter la disponibilité des lits de réanimation.

 

Certes, la création d’une unité de réanimation nécessite selon des spécialistes des moyens techniques (60 à 70m², traitement de l’air, matériels, etc) mais surtout humains (une infirmière/infirmier pour deux patients en H24, médecins anesthésistes en réanimation.

 

Doit-on cependant se poser des limites quand il en va de la Santé des Réunionnais ?

 

Doit-on accepter qu’une évacuation sanitaire dépende de 9 autres cas potentiels pour que l’avion puisse décoller ? Et retarder par effet domino l’admission d’autres patients en salle de réanimation ?

 

Doit-on être fataliste et acquiescer qu’un réunionnais puisse ne pas survivre à une évacuation sanitaire au cours d’un vol à risque ?

 

À l’évidence NON !

Nous nous devons d’agir et envisager toutes les possibilités.

 

Il y a 9 mois, les Réunionnais ont su faire preuve de solidarité.

Encore une fois, je suis convaincu que nous devons aussi trouver les solutions par nous-mêmes et pour nous-mêmes.

 

Aujourd’hui nous manquons de lits de réanimation comme nous manquions de masques l’année dernière.

 

La Réunion a su faire jouer pleinement la solidarité régionale. Le temps n’est-il pas venu pour l’État d’assumer ses responsabilités régaliennes : combien de lits de réanimation et pour quand ?

 

Car dans le moment critique que nous vivons, la question est surtout de savoir si l’État Français doit être solidaire avec les Réunionnais ?

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clicanoo

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