La fille de l’écrivain israélien Amos Oz affirme avoir été battue par son père

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La fille de l’écrivain israélien Amos Oz affirme avoir été battue par son père et « soumise à une routine d’abus sadiques » durant son enfance, dans un livre, « Quelque chose déguisé en amour », paru le 20 février en hébreu. Les Mémoires de Galia Oz, autrice de livres pour enfants, portent un coup à l’image d’un géant de la littérature et d’un référent moral de la gauche israélienne, mort en 2018 à 79 ans. Pour l’heure, elles ont été accueillies dans un grand silence par les lettres israéliennes.

« Dans mon enfance, mon père m’a battue, insultée et humiliée, écrit-elle. La violence était créative : il me traînait hors de la maison et me jetait dehors. Il me traitait de tous les noms. Ce n’était pas une perte de contrôle passagère ni une gifle ici ou là (…). Mon crime c’était moi, la punition était donc sans fin. Il avait besoin de faire en sorte que je me brise. »

Lire la nécrologie : L’écrivain israélien et militant pour la paix Amos Oz est mort

Dans ce livre, Galia Oz revient sur l’impunité accordée à un père célèbre et estimé, et sur sa propre difficulté à faire accepter son récit à sa famille : « Ce livre parle de moi. Mais je ne suis pas la seule. Les maisons comme celle dans laquelle j’ai grandi flottent en quelque sorte dans l’espace, hors d’atteinte des travailleurs sociaux, hors de l’influence de révolutions comme celle de #metoo, sans laisser de trace sur les médias sociaux. Terrifiées et isolées, elles cryptent savamment leurs secrets, comme des familles criminelles. »

Dans son premier compte rendu du livre, très factuel, le quotidien israélien Haaretz souligne qu’un « large point d’interrogation est demeuré suspendu durant des années sur la relation entre le père et la fille, apparent même durant ses funérailles et la cérémonie qui les ont suivies ». Interviewée dimanche à la radio publique Kan Bet, Nili, la veuve d’Amos Oz, a regretté que Galia ait rendu ses accusations publiques et a nié que son époux ait pu maltraiter physiquement ses enfants.

« Nous avons connu toute notre vie un autre Amos, avait rappelé sur Twitter auparavant sa fille aînée, l’historienne Fania Oz-Salzberger, plus connue du public israélien. Un homme chaleureux et affectueux, qui aimait sa famille profondément et avec tendresse. Il s’est dévoué à nous corps et âme. La vaste majorité des accusations de Galia contre Amos contredisent nettement la mémoire aimante imprimée en nous durant toute notre vie. »

Précisant que sa sœur avait coupé les liens avec sa famille il y a sept ans, elle assure que son père « a espéré jusqu’à son lit de mort parler encore avec Galia, écouter, comprendre, saisir même les accusations qui contredisaient la réalité telle que lui et nous la voyions. La douleur de Galia est réelle et déchirante. Mais nous nous souvenons différemment. Complètement différemment. »

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