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Passé inaperçu, un arrêté municipal pris en parallèle à l’instauration du couvre-feu interdit l’accès aux sites les plus célèbres de la commune. Une mesure jugée excessive en semaine par les badauds interrogés mais comprise sur le fond.
Un beau soleil, peu de monde et surtout beaucoup d’eau qui s’écoule de la célèbre cascade Niagara ce lundi matin, revigorée par les fortes pluies de ces derniers jours. Une invitation à se promener à ses pieds pour certains. Une promenade de courte durée, jusqu’à l’intervention de la police municipale ce lundi pour rappeler une règle édictée depuis la semaine dernière par un arrêté municipal, placardé sur les sites mais passé plutôt inaperçu.
Promulgué le 17 février dernier, il interdit purement et simplement l’accès aux sites naturels ou patrimoniaux les plus fréquentés de la commune : cascade Niagara, parc du Bocage, cascade Délices, bassin Rond, bassin Bœuf, phare… Mis en place en parallèle à l’instauration d’un couvre-feu sur la ville à partir de 22h, depuis jeudi dernier pour une durée de 15 jours, l’arrêté municipal est valide jusqu’à dimanche prochain, sous réserve d’une éventuelle prolongation. Les contrevenants risquent une amende de 35 euros. De 135 euros s’il y a un pique-nique en prime.
Une mesure nécessaire pour le chef de la police municipale, Eric Sinimalé, venu prêcher la bonne parole à des badauds surpris ce lundi de devoir quitter le site de la cascade. Le responsable rappelle la détérioration générale de la situation sanitaire sur l’île et évoque une fréquentation parfois importante des sites alors que les pique-niques et rassemblements de plus de 6 personnes sont interdits de longue date.
Pour preuve, il présente une photo prise dimanche dernier sur le site de la cascade Niagara où on peut voir plusieurs dizaines de personnes présentes, créant des regroupements.
« Beaucoup de personnes ne respectent pas les consignes », regrette le responsable de la police municipale. Dans le même temps, le couvre-feu est respecté par la population juge-t-il, évoquant les résultats des patrouilles de nuit effectuées de concert avec les gendarmes.
Du côté des badauds interrogés aux abords de la cascade, c’est plutôt l’étonnement qui l’emportait : « Le week-end je comprends qu’il faut empêcher les trop grands rassemblements, mais en semaine il y a peu de monde », commente ce dionysien venu prendre l’air dans l’Est avec sa compagne. Pour un autre, l’interdiction sonne comme un « confinement avant l’heure ».
Reste que toutes les personnes interrogées disent comprendre sur le fond la mesure, craignant avant tout un emballement de la situation sanitaire dans l’île.
En préambule au conseil municipal, Maurice Gironcel a appelé hier à la mobilisation de tous pour mettre fin à l’épidémie, estimant que « la solidarité et la mobilisation » permettront de venir à bout de la crise. Il prend l’exemple de sa commune, déjà soumise à un couvre-feu depuis la semaine dernière et où le taux d’incidence a fortement reculé en une semaine, passant à 62/100 000 contre 162/100 000 la semaine dernière. Le résultat selon lui des mesures prises par la ville : réalisation de 3 dépistages de grande ampleur (près de 300 personnes depistées), de la distribution de 20 000 masques, l’interdiction des rassemblements et autres réceptions ou encore cette fermeture des parcs et cascades.
Philippe Madubost
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