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Le Parti républicain est « à [Donald Trump ] et à personne d’autre », a assuré le 5 février une nouvelle égérie trumpiste, Marjorie Taylor Greene, élue en Géorgie en novembre 2020 en dépit d’un compagnonnage avec les complotistes de la mouvance QAnon. Le vote du Sénat au terme du procès en destitution de l’ancien président, le 13 février, le confirme.
Malgré des charges accablantes, l’écrasante majorité des élus républicains est restée au côté de l’ex-locataire de la Maison Balnche, comme en 2020 lors de son premier impeachment. Les acquittements se suivent pour Donald Trump. Pourtant, ils ne se ressemblent guère. En 2020, seul un sénateur républicain, Mitt Romney (Utah), avait voté en faveur de sa culpabilité dans le scandale ukrainien. Et encore, pour un seul des deux articles de la mise en accusation.
Un an plus tard, sept élus conservateurs ont jugé Donald Trump coupable « d’incitation à l’insurrection », le plus grand nombre jamais enregistré de membres du même parti que le président incriminé. Dix républicains avaient déjà fait défection lors de la mise en accusation préalable de la Chambre, le 13 janvier, alors qu’aucun n’avait osé franchir cette ligne rouge en décembre 2019.
Une fracture ancienne
Au lieu de consacrer un Grand Old Party (GOP) rassemblé autour de son chef, l’acquittement du 13 février a au contraire mis en évidence sa fracture. Et il fait peu de doute que la division aurait été bien plus profonde encore si les sénateurs républicains avaient pu s’exprimer à bulletins secrets.
Un tel vote au sein du groupe conservateur à la Chambre des représentants l’a montré le 3 février. Alors que l’aile la plus trumpiste demandait la tête de la numéro trois de ce groupe, Liz Cheney (Wyoming), une républicaine « classique », pour avoir voté la mise en accusation de Donald Trump, elle leur a été refusée sèchement par 145 voix contre seulement 61.
Cette fracture est ancienne puisqu’elle remonte à l’« OPA » hostile lancé par l’ancien président sur le GOP en 2015, lors de la primaire d’investiture présidentielle. Une fois aux commandes, Donald Trump a révisé en profondeur les dogmes républicains sur le commerce ou le déficit fédéral. Mais il a pris soin d’accompagner cette révolution de mesures de facture conservatrice comme une réduction de la fiscalité et la nomination de centaines de juges voués à défendre la liberté religieuse et les armes à feu, et à combattre l’avortement.
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