[ad_1]
RécitLe retour de l’embargo américain en 2018 a fait fuir les entreprises étrangères, compliqué les échanges, mais forcé l’économie iranienne à s’adapter. Si cette résilience ne suffit pas à répondre aux besoins de la population, elle devrait permettre au pays d’afficher une croissance de 3,2 % en 2021.
Quand l’Iranienne Sara (un pseudonyme) décide de lancer sa propre ligne de vêtements à Téhéran, au printemps 2018, c’est comme si les lignes de force de la géopolitique mondiale se conjuguaient pour faire échouer son « rêve de toujours ». Le moment ne pouvait pas être, a priori, plus mal choisi. A peine quitte-t-elle le poste de graphiste qu’elle occupe alors dans une agence de communication que le président américain de l’époque, Donald Trump, met ses menaces à exécution en claquant la porte, le 8 mai, de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien.
Le rétablissement par Washington des sanctions contre l’Iran – les plus strictes depuis la révolution islamique de 1979 –, dès le mois d’août, précipite l’économie du pays dans une spirale récessionniste. La monnaie nationale, le rial, entame une plongée vertigineuse face au dollar, déclenchant des troubles sociaux et la panique générale. A la fin de l’été 2018, le billet vert s’échange à 250 000 rials au marché noir, contre 37 500 au printemps – une dégringolade de 85 % de la valeur du rial.
« A l’époque, j’étais en vacances en Italie et je calculais le prix de toute chose en rial, même celui d’une bouteille d’eau, avec une angoisse terrible, se souvient Sara. A mon retour en Iran, j’ai malgré tout maintenu mon projet de prêt-à-porter. J’ai pensé que la pénurie des produits étrangers qui s’annonçait dans le pays créerait un marché, une clientèle avide de biens de consommation. Deux ans et demi plus tard, je peux dire que j’ai gagné mon pari ! »
Aujourd’hui, la jeune femme de 33 ans compte 40 000 abonnés sur sa page Instagram (l’espace favori des entrepreneurs iraniens), où elle met en scène de belles Iraniennes aux épaules et aux cheveux dénudés, arborant manteaux, décolletés, jupes et pantalons aux couleurs vives de sa création. Son entreprise a même engrangé des bénéfices. Désormais, dans son atelier à Téhéran, huit employés s’activent autour d’elle, alors qu’ils n’étaient que deux à l’origine. Pour réduire sa dépendance aux importations, la créatrice préfère les tissus filés en Iran, notamment en laine peignée produite dans la ville industrielle de Qazvin (centre). « Beaucoup de clients me disent que les marques étrangères qu’ils achetaient avant sont devenues inabordables aujourd’hui, tandis que la mienne reste accessible », explique-t-elle.
Quête d’autosuffisance
Des enseignes occidentales, telles que Zara, Mango ou L’Oréal, avaient envahi les vitrines des centres commerciaux dans la foulée de l’accord sur la réduction des activités nucléaires iraniennes (JCPoA) conclu, en juillet 2015, entre Téhéran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France) et l’Allemagne. Cette brève embellie économique, suscitée par la levée partielle de l’embargo international en janvier 2016, avait aussi marqué le retour en Iran de géants industriels comme Siemens, Volkswagen, Samsung, ou encore les français Total, PSA Peugeot-Citroën et Renault. Les exportations de brut iranien ont même atteint 2,5 millions de barils par jour en avril 2018 (contre un peu moins d’un million de barils par jour, fin 2015), permettant de faire rentrer les devises indispensables à l’achat de marchandises importées. Mais, avec le retour des sanctions, un mois plus tard, les produits étrangers furent les premiers à disparaître des rayons.
Il vous reste 77.63% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
